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FESPACO : La 25e édition se dévoile à Paris

Après Bruxelles deux jours auparavant, la délégation du FESPACO (Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou), conduite par le ministre burkinabé de la Culture, des Arts et du Tourisme, Tahirou Barry, s’est rendue à Paris où elle a animé, le 19 janvier dernier, une conférence de presse sur l’affiche de la 25e édition de la biennale du cinéma africain.

Dans la prestigieuse salle Henri Langlois de la Cinémathèque française,  organisateurs, partenaires au développement, réalisateurs, acteurs, hommes de culture et professionnels des médias ont longuement échangé autour du contenu du prochain rendez-vous cinématographique de Ouagadougou.

Ici, dans la « Ville lumière », comme dans la capitale européenne,  les temps forts du festival, le palmarès officiel, les jurys, les innovations majeures, la problématique du financement, l’industrie du cinéma et de l’audiovisuel et sa nécessaire professionnalisation ont été au cœur de cette rencontre d’explications qui a tenu toutes ses promesses.

A en juger par la ferveur suscitée  par cet avant-goût de la cuvée 2017 sur les bords de la Seine, la prochaine fête du cinéma africain (25 février au 4 mars 2017) s’annonce assurément comme une affiche de grand cru.

En témoignent ces regards croisés de quelques participants.   

 

 

  • Tahirou Barry, ministre de la Culture, des Arts et du Tourisme.

Nous sommes très satisfait du bilan des deux conférences européennes, la première tenue à Bruxelles et la seconde à Paris. L’engouement et l’adhésion que tout cela a suscités chez nos partenaires, les professionnels du cinéma et les  hommes de média préfigurent une belle fête du cinéma africain à Ouagadougou…

A travers la thématique [NDLR : « Formation et métiers du cinéma et de l’audiovisuel »], cette 25e édition du FESPACO sera un rendez-vous de réflexion et d’analyse pour l’ensemble des professionnels du cinéma et de l’audiovisuel. Il sera mis en place un cadre d’échanges de connaissances et d’expériences et c’est là que réside tout l’intérêt de cette initiative…

Les partenaires que nous avons rencontrés ont réaffirmé leur disponibilité à accompagner le Burkina Faso lors des prochaines éditions. En 2019, le FESPACO célébrera son cinquantenaire et les mêmes partenaires nous déjà rassurés de leur concours. Particulièrement, l’Union européenne s’est déjà engagée à prendre toutes les dispositions pour revoir sa contribution à la hausse et faciliter les mécanismes de décaissement. Ce sont autant d’acquis de ces deux missions d’explication…

Côté sécurité, le gouvernement a pris toutes les mesures sécuritaires nécessaires et utiles pour assurer un bon déroulement de l’événement. Durant tout le FESPACO, les dispositifs de sécurité seront renforcés autour des différents lieux qui abriteront des activités entrant dans le cadre de la manifestation.   J’invite donc les festivaliers à la sérénité et à une grande participation à la fête du cinéma.

 

  • Ardiouma Soma, délégué général du FESPACO

 La conférence de Paris est la dernière étape après celles d’Abidjan et de Bruxelles. Dans ces trois villes, il s’agissait surtout de donner la primeur de la sélection des films qui seront projetés à Ouagadougou compte tenu du fait que cette année, on a enregistré un chiffre record de plus de 1000 œuvres inscrites. Cela traduit le dynamisme du FESPACO et par-dessus tout celui de l’industrie du cinéma et de l’audiovisuel du continent africain.

La dernière étape de cette série de missions d’explication est prévue à Ouagadougou vers le 10 février. Il y sera question de donner tous les détails de l’organisation.

De retour au pays, nous allons poursuivre les préparatifs car pour un événement comme le  FESPACO, l’organisation se fait jusqu’à la clôture et même après la clôture officielle de la manifestation…

Le plus urgent était de trouver des films, c’est maintenant chose faite, il faut désormais se consacrer aux infrastructures pour pouvoir projeter les films, accueillir et héberger les festivaliers, assurer leur mobilité et leur sécurité… C’est tout un ensemble d’activités artistiques et économiques à mettre en œuvre et cela nécessite beaucoup de moyens financiers. Ce qui fait que nous sommes en train de gérer à la fois les questions artistique et économique que constitue le MICA [NDLR : Marché international du cinéma et de la télévision africains] et en même temps nous travaillons avec les partenaires pour pouvoir boucler le budget [NDLR : 1,2 milliard de FCFA, financé à hauteur de 60% par l’Etat burkinabé] et faire face à l’organisation du prochain FESPACO…

L’événement se prépare sous de bons auspices car d’Abidjan à Paris en passant par Bruxelles, nous avons rencontré des partenaires et nous repartons à Ouagadougou avec des promesses fermes, et même des signatures de convention. Nous avons donc l’espoir de pouvoir, sinon boucler le budget initial, du moins réaliser, avec l’aide des partenaires, les différentes activités prévues au programme.

 

  • Sidiki Bakaba, réalisateur ivoirien

J’ai vécu la première édition de ce festival en 1969. Et depuis ce temps, je me bats pour la formation dans le domaine du cinéma africain. Mais il faut reconnaître que jusqu’à nos jours, le cinéma africain ne valorise pas les acteurs. Ce sont les oubliés du 7e Art africain.

Ma longue absence à ce rendez-vous biennal de Ouaga est due à mes responsabilités au niveau du Palais de la culture de Côte d’Ivoire. J’y ai consacré dix ans à la formation d’une cinquantaine d’acteurs qui sont aujourd’hui sur le terrain. J’espère pouvoir participer à cette 25e édition et aux réflexions, surtout  celles qui porteront sur le métier d’acteur.

 

  • Apolline Traoré, réalisatrice burkinabé (en compétition pour le Prix officiel : fiction long métrage)

J’aborde la compétition avec  un sentiment de fierté d’abord car je suis burkinabé et mon film est panafricain et ensuite  parce que je suis une femme dans un milieu qui est jusque-là la chasse-gardée des hommes…

« Frontières », c’est mon plus grand film en termes de budget, 600 000 euros (393 000 000 FCFA) et en termes de contrainte, car du début à la fin nous avons parcouru six pays. C’est donc une œuvre de grande catégorie. C’est une manière pour moi de monter à un niveau plus élevé par rapport à mon dernier long métrage. J’y ai consacré toute mon énergie et toute mon âme. J’espère qu’avec ce film, le FESPACO va enfin reconnaître les efforts des cinéastes africaines.

 

  • Rahmatou Kéïta, réalisatrice nigérienne (en compétition pour le Prix officiel : fiction long métrage)

  Mon œuvre « Zin’naariya » retrace une histoire d’amour qui se déroule dans le Sahel avec toute la pudeur de ses habitants. 

 C’est une scène d’amour peul. Je suis moi-même Peule et les Peuls sont introvertis ; pour eux, les émotions doivent être contenues et gardées au tréfonds de soi-même.

Le film a été réalisé en pays haoussa pour son architecture que j’apprécie beaucoup…

C’est la seule réalisation nigérienne en compétition pour le prix officiel. La dernière participation d’un film de mon pays à cette catégorie remonte à 1985.

 

  • Naky Sy Savané, actrice ivoirienne

Je me réjouis du thème de cette édition. Depuis longtemps, les organisateurs du FESPACO ont mis l’accent sur les réalisateurs. Pourtant, notre cinéma a plus besoin de têtes d’affiche. Certes, il y en a, mais elles ne sont pas assez mises en valeur. Le cinéma africain doit être considéré comme un produit commercial comme le café, le cacao ou le coton. Et pour mieux en tirer profit, il faut des ambassadeurs qui ne sont autres que les acteurs. Il n’est jamais trop tard pour bien faire. Le choix de ce thème et la nuit qui sera dédiée aux acteurs montrent que les choses sont en train de changer. Et je profite féliciter le ministre Tahirou Barry et le délégué du FESPACO pour cette belle initiative

Je m’attends à une très belle fête et il le faut, car le FESPACO est notre Cannes.

 

Propos rassemblés par

Alain Saint Robespierre à Paris   

 

Commentaires   

0 #1 Kôrô Yamyélé 21-02-2017 11:19
- Tahirou ngel kufunewel jinnaru !

Par Kôrô Yamyélé
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