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Tahar Cheriaa, à l’ombre du baobab : L’homme qui rêvait du cinéma en Noir et Blanc

Le  documentaire Tahar Cheriaa, à l’ombre du baobab, de Mohamed Challouf était très attendu à Ouagadougou. Il a  été projeté au ciné Ne rwaya dans la nuit d’hommage le 24 février 2017. Ce documentaire est un portrait du fondateur des JCC. En creux se dessine l’histoire du cinéma africain.

 

Ce documentaire sur Tahar Cheriaa, le fondateur des Journées cinématographiques de Carthage, est un voyage dans le passé, un retour aux origines d’une utopie  disparue ; ccelle d’une Afrique s’étendant du Nord au Sud, où les cinéastes d’Afrique noire et du Maghreb rêvaient d’un destin commun. C’était au temps où l’Afrique du cinéma se rêvait  une, avait son centre nulle part et sa périphérie partout. La preuve !  Cheriaa et le réalisateur Mohamed Challouf  sont Tunisiens, mais ils se sont rencontrés à Ouagadougou. Sembène Ousmane et Tahar Cheriaa, qui ont construit un pont entre Afrique arabe et Afrique noire, se sont  connus à… Paris.

« Le réel n’est que l’imaginaire confirmé », disait le poète palestinien Mahmoud Darwich. Cela  résume bien la naissance du cinéma africain. Comment qualifier autrement  cette folie de Tahar Cheriia et de ses compagnons d’organiser des journées cinématographiques dans un pays, la Tunisie, qui, à cette époque, n’avait pas réalisé un seul film et, en fin de compte, de faire des JCC un des plus grands festivals d’Afrique ? Ainsi en va-t-il  du FESPACO, qui naît dans un pays qui n’avait pas de grands moyens, mais dont les hommes étaient portés par de grands rêves.

Ce documentaire est l’histoire du fondateur des JCC et celle du cinéma africain. Autour de Cheriaa, on  voit graviter des hommes de bonne volonté qui croient en l’Afrique, au panafricanisme et au progrès. D’Afrique, du Maghreb, de la diaspora, des cinéastes accourent, portant à bout de bras des bobines des films faits avec peu de moyen mais beaucoup de foi et de sueur. Des images qui disent l’Afrique telle qu’elle est et telle qu’elle se projette. Des images qui dissolvent les clichés coloniaux.

Ce docu, en s’attachant aux origines, nous rappellent que si les festivals existent toujours, ils ont plus ou moins trahi les rêves des pères fondateurs. Les JCC se tournent de plus en plus vers le Moyen-Orient et semblent vouloir couper le lien ombilical avec les cinémas d’Afrique. Le FESPACO, lui, déchoit du fait que sa sélection reçoit de moins en moins de films inédits. Les cinéastes africains actuels ont un vrai tropisme envers les festivals d’Europe et des Etats-Unis. Ouagadougou n’est plus qu’un pis-aller.

A voir   aussi Cheriaa à la fin de sa vie, la barbe et le chevelure blanchies comme la crinière d’un lion sénescent de l’Atlas marcher dans les rues, sandales de cuir aux pieds, bâton pour s’appuyer, on songe immédiatement à Moïse. Comme ce rassembleur biblique,  il a amené le peuple des cinéastes africains au sommet de la montagne ; malheureusement il n’a pas réussi à les faire aller ensemble vers la Terre promise du cinéma africain. Le veau d’or a distrait les plus nombreux.

A l’heure où la Fédération panafricaine des cinéastes (FEPACI) cherche un second souffle, ce film pourra aider à un retour de flamme qui rallumera le rêve de Cheriaa et de Sembène dans les cœurs des héritiers, qui sont  plus prompts à vivre comme des rentiers qu’à faire fructifier l’héritage des pères.

 

Saïdou Alcény Barry

ASCRIC-B

 

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