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Dialogue intertogolais : Commedia dell’arte à Lomé

 

Que ne nous feront pas voir les hommes politiques ! Surtout sous nos tropiques gondwanais où ils sont passés maîtres dans l’art de la ruse et des coups bas. Dernier exemple en date, celui du Togo où la scène politique a servi de cadre à un scénario digne de la commedia dell’arte.En effet, au pays de feu Eyadéma, la constitution, taillée en 1992 à la mesure de l’homme, ne prévoit pas le fameux verrou dont la présence est tant débattue ailleurs. Or, depuis des mois, l’opposition et la société civile ne cessent de réclamer, entre autres réformes, le passage à l’élection du chef de l’Etat au suffrage universel direct, un scrutin à deux tours et un mandat de 5 ans renouvelable une seule fois. Autant de points d’achoppement devenus décidément bien récurrents dans les pourparlers intertogolais.

 

 

Mais contre toute attente, le gouvernement, pour ne pas dire Faure lui-même, comme s’il avait été visité par les muses de la démocratie, a déposé un projet de loi portant, tenez-vous bien, modification de la loi fondamentale en vue de l’introduction de la limitation à deux mandats, comme pour apporter de l’eau au moulin de ses contempteurs.

 

Il faut croire que le clin d’œil du pouvoir en direction de l’opposition n’a pas eu les faveurs de la représentation nationale qui, à la majorité de ses 91 élus, a rejeté le texte progressiste. Un projet de loi rejeté par une assemblée nationale quasi monocolore, le fait est suffisamment inédit au Gondwana pour ne pas mériter d’être souligné. A vrai dire, c’est l’expression d’un raffinement tel qu’on en voit dans les pays à très longue tradition démocratique.

 

Mais que l’on ne se méprenne pas ! Le Togo sous la dynastie Gnassingbé n’est pas près de se comparer à ces modèles venus de l’Occident. Il s’agirait plutôt d’une mise en scène cynique, d’un pied de nez à une partie des Togolais, aux réclamations devenues soudain illégitimes, pour ne pas dire mal venues. Désormais, l’exécutif peut affirmer sans sourciller que ce n’est pas lui qui s’oppose au changement, mais plutôt le peuple souverain par l’intermédiaire de ses représentants ! Le coup de bluff aurait été risible s’il n’avait pas porté sur un sujet aussi grave.

 

Et voilà Gnassingbé fils parti pour un troisième mandat, voire plus. Et cela, sans avoir fait le sale boulot. Ingéniosité, ruse, duplicité et travestissement avec une pointe de cynisme. Ce scénario-là est vraiment digne de la commedia dell’arte.

 

H. Marie Ouédraogo

 

Dernière modification lelundi, 07 juillet 2014 10:22

Commentaires   

0 #1 vrai 04-07-2014 10:25
mais mais mais,...voilà à quoi ressemblent nos presidents africains! karissaaaaa! en tous les cas, chaque peuple mérite son dirigeant!
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