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Lutte pour la paix et la sécurité : Le coup de pouce de la Chinafrique

«La Chine a non seulement la capacité, mais aussi et surtout la volonté politique de soutenir l’Afrique pour lui permettre un développement indépendant et durable», a déclaré le vice-ministre chinois des Affaires étrangères dans une récente interview. Ça change, car jusque-là les relations sino-africaines étaient exclusivement placées sous le signe des affaires. L’immense industrie chinoise venait surtout chercher les matières premières nécessaires à son propre développement, et il lui importait peu d’avoir à traiter avec des démocrates ou des despotes.

 

En retour, les pays africains obtenaient de cette alliance avec Pékin au détriment de Taipei des subsides et des infrastructures de taille. Et, cerise sur le gâteau, du moment que ce bailleur de fonds-là ne se mêlait pas de leurs affaires, le reste n’était que pain bénit pour nos autocrates et autres dictateurs. Ainsi, depuis le début du siècle, la Chine a acheté le pétrole, le fer, le cuivre à de nombreux pays africains, participant ainsi à la flambée des prix des matières premières. Avec plus de 200 milliards d’euros d’échanges commerciaux par an, le dragon d’Asie est devenu le premier partenaire commercial de l’Afrique, faisant passer ses volumes commerciaux avec le continent de 10 milliards de dollars en l’an 2 000 à 3 000 milliards en 2015. A ce jour, 2 500 entreprises chinoises y sont installées.

Mais voilà que le vent d’Est chargé d’espèces sonnantes et trébuchantes se trouve porteur de bien d’autres promesses. En effet, à l’issue du 6e sommet Chine/Afrique ouvert ce vendredi 4 décembre à Johannesburg, le président Xi Jinping a promis 60 milliards de dollars d'aide au continent, principalement sous forme de prêts. Un appui pour aider à stimuler les objectifs de développement économique. Et ce n’est pas le meilleur, car le président chinois est parti en laissant sur la table un petit chèque de 60 millions de dollars. Cette fois-ci ce n’est pas pour la construction de stades, de barrages ou d’hôpitaux. Non. C’est pour une cause commune, car au-delà de son aide au développement, la Chine s’engage désormais à lutter pour la paix et la sécurité sur le continent, promettant de soutenir les efforts de paix de l’Union africaine.

Voilà que le dragon s’investit dans un domaine que l’on croyait jadis réservé aux anciennes puissances coloniales et, dans une certaine mesure, aux Etats-Unis. Comme quoi les choses changent et ceux qui doutaient encore de la disparition de ces quelques chasses gardées en Afrique sont définitivement fixés.

Mais ne soyons pas dupes, car à l’instar de ses semblables, la Chine n’a pas d’amis. Elle n’a que des intérêts, et ce n’est assurément pas par simple charité que le dragon s’est mis à souffler des huan sur nos foyers de tension. C’est sûrement parce que Pékin sait que pour favoriser un climat des affaires des plus sereins et accessoirement participer au développement de l’Afrique, il faut la paix et la sécurité.

Et l’empire du milieu est d’autant plus conscient de cela que ses ressortissants sont eux aussi victimes du terrorisme. Ainsi, quelques jours après les attentats de Paris, Daesh a revendiqué l’exécution d’un otage chinois. Quelques jours après, dans l’attaque du Radisson Blu, il y avait trois Chinois parmi la vingtaine de victimes. Xi Jinping avait alors fermement condamné le massacre, promettant que la Chine renforcerait sa coopération internationale « pour combattre les activités terroristes violentes qui touchent des innocents, pour maintenir la paix et la tranquillité». C’est un bon début.

 

H. Marie Ouédraogo

Dernière modification lelundi, 07 décembre 2015 14:25

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