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Présidentielles nigérienne et béninoise : Formalité à Niamey, suspense à Cotonou

Les longs règnes et les tripatouillages de constitution pour se maintenir au pouvoir ad vitam æternam ont fini par faire désespérer de l’Afrique. Toutefois, certains pays du continent noir y font exception et donnent des motifs d’espoir que la démocratie est en marche.

 

En effet, les élections nigérienne et béninoise sont forcément le signe d’une certaine vitalité démocratique. Quand un président sortant ou le candidat du parti au pouvoir est contraint à disputer un second tour, c’est la preuve que le processus est arrivé à maturation parce que les électeurs ont une conscience citoyenne de plus en plus aiguë et qu’il n’y a pas un homme fort ou un quasi parti-Etat qui domine la scène politique de la tête au pied.

C’est précisément ce qui se passe au Niger et au Bénin, où s’est jouée hier la finale de la présidentielle avec d’un côté Mahamadou Issoufou et Hama Amadou et de l’autre Lionel Zinsou et Patrice Talon. Ces deux pays qui ont bâti leur démocratie sur le socle fondateur de la Conférence nationale souveraine (CNS)  ont connu l’alternance à plusieurs reprises, même si au pays d’Amani Diori l’expérience démocratique a connu des coups d’arrêt dus à des putschs quand l’ex-Quartier Latin de l’Afrique de l’Ouest a toujours poursuivi sa marche sans encombre.

En fait, il y a second tour et second tour. A Niamey  en effet, vu le contexte dans lequel le scrutin se déroule, c’est une simple formalité pour le président Issoufou, son challenger, Hama, ayant quitté sa prison de Filingué où il croupissait depuis quatre mois pour une évacuation sanitaire en France et la Coalition pour l’alternance (COPA 2016) ayant décidé de boycotter le vote. L’enjeu réside donc dans le taux de participation.

Mais les vicissitudes électorales de la semaine dernière laisseront indélébiles des marques pour un président qui va triompher sans gloire pour avoir vaincu sans péril.

Au Bénin, les choses pourraient être plus compliquées,  même si a priori elles sont claires.

Au premier tour en effet, les résultats se présentaient comme suit : Lionel Zinsou : 28,44%, Patrice Talon : 24,80%, Sébastien Ajavon : 23%, Abdoulaye Bio Tchané : 9% et Pascal Irénée Koupaki : 6%, pour ne citer que les plus représentatifs. Les opposants, notamment Ajavon, Bio Tchané, Koupaki et pratiquement tout le reste, ayant décidé de faire bloc derrière le milliardaire contre Zinsou, le technocrate parachuté par Yayi Boni pour faire barrage à Talon, mathématiquement, devrait retourner à ses chères études économiques et financières car si le report de  voix est effectif, il n’y aura pas match.

Seulement voilà : on est en politique,  où deux plus deux ne font pas forcément quatre, et l’opposition aurait tort de penser que l’affaire est dans le sac.

Quoi qu’il en soit, l’affiche du second tour est symptomatique du discrédit de la classe politique béninoise traditionnelle puisqu’à  eux trois, tous des nouveaux venus dans l’arène, le technocrate Zinsou  et les deux milliardaires Talon et Ajavon rassemblent les trois quarts du suffrage.

Les anciens du marigot politique, Adrien Houngbedji, président de l’Assemblée nationale, et Leahdy Soglo,  ex-maire de la capitale économique béninoise, ont choisi de jeter l’éponge et se sont coalisés avec le candidat du parti au pouvoir pour donner le résultat du premier tour que l’on sait. C’est à croire que les électeurs béninois ont fait un vote-sanction à l’encontre non seulement du candidat des Forces unies pour un Bénin émergent mais également de la vieille classe politique. Iront-ils jusqu’au bout pour élire Talon pour « un nouveau départ », titre éponyme de son programme de gouvernement ?

 

La Rédaction

Dernière modification lelundi, 21 mars 2016 21:56

Commentaires   

0 #1 Kanzim 21-03-2016 15:48
La honte de l'opposition nigérienne c'est de s’être dédié une première fois, en reconnaissant les résultats des élections au premier tour pourtant annoncés comme nuls, juste parce que leur représentant Hama Amadou se sera surpris de revenir pour un second tour. Puis deuxième volteface dénuée de tout honneur, on accepte d’aller pour le deuxième tour mais les pronostics, plutôt que de pousser à un acte noble comme le fut celui de M Soumaïla CISSE du Mali, M Zéphirin DIABRE du Burkina ou celui de Lionel ZINSOU du Bénin qui félicitèrent chacun son adversaire, voilà que les opposants, créent une situation nouvelle en annonçant ne pas reconnaître les résultats des élections. La politique perd ainsi sa noblesse en faisant croire à des politicards qu’ils sont nés pour gouverner, et que sans le fauteuil présidentiel ils n’ont aucune compétence pour servir leur pays. Ces troublions savent-ils que, à côté de la politique se trouve une préoccupation « terroriste » qui se nourrit des déchirements opérés entre les fils du Niger ? C’est la preuve que les politiciens en Afrique semblent plus préoccupés par leur ego que par leur nation. Des politicards à la Sarkozy en somme.
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