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CASEM de la Défense : Roch sonne le rassemblement

Même si le plat de résistance du premier CASEM de la Défense de l’année porte sur les échanges autour du nouveau Plan stratégique pour la réforme des nos forces armées, il va de soi que, par ces temps qui courent, les participants goûteront très probablement à la question sécuritaire. Dans son discours d’ouverture prononcé ce matin du 16 février 2017, Roch Marc Christian Kaboré a évoqué la nécessité d’adapter notre stratégie de défense à celle asymétrique de l’ennemi qu’est le terrorisme.

 

Le Conseil ministériel de la Défense, qui a ouvert ses portes hier à 8 heures sonnantes, se tient à un moment où notre armée a besoin de tous ses hommes. La situation sécuritaire dans le pays, notamment dans le Nord, avec les menaces d’invasions djihadistes, y est certainement pour quelque chose. Ce n’est pas pour rien que le Burkina Faso a décidé de rappeler ses éléments déployés au Darfour. Lors du dernier Sommet de l’Union africaine à Addis-Ababa, le Président du Faso avait rencontré son homologue du Soudan et, foi de notre ministre des Affaires étrangères, Alpha Barry, qui était un témoin privilégié de l’entrevue, le retour de ces huit cents soldats, ce sera pour très bientôt.

Du reste, l’hydre terroriste ne perturbe pas le sommeil des seuls Burkinabè, mais aussi celui de leurs voisins, à l’image du Mali et du Niger. Raison pour laquelle, lors de la 2e session extraordinaire de la Conférence des chefs d’Etat de l’Autorité de développement intégré de la région du Liptako Gourma, à Niamey, le 24 janvier 2017, il a été décidé de la création d’une force multinationale de sécurisation (FMS/LG). Et comme excès de prudence ne nuit point, la création d’une force conjointe au Sahel a été aussi actée par les chefs d’Etat du G5 Sahel, lors du sommet de Bamako le 6 février 2017.

Même si la question sécuritaire sera forcément à l’ordre du jour du premier CASEM de la Défense, le thème principal reste celui-ci : « Mise en œuvre du plan stratégique 2017-2021 pour la Réforme des forces armées nationales : appropriation par les acteurs ». Elaboré après l’insurrection populaire, ce plan a eu le mérite de tirer des leçons des dysfonctionnements constatés dans la gouvernance militaire, d’où l’interdiction définitive des militaires de politique ainsi que le renforcement de la bonne gouvernance et de la responsabilité.

Le programme devait être donc très chargé. C’est dire que pendant la rencontre de deux jours au ministère de la Défense, du côté de Ouaga 2000, le moment n’était pas aux grands discours. Il fallait de toute urgence sonner le rassemblement. A la cérémonie officielle d’ouverture, seul le chef de l’Etat, en sa qualité de ministre de la Défense, s’est exprimé et a lancé l’ordre d’attaquer en ces termes : « Dans un contexte changeant caractérisé par des menaces de natures diverses et mutantes, il est indéniable que nous devons adapter notre outil de défense à cette versatilité afin de faire face aux nombreux défis en présence, parmi lesquels le terrorisme qui constitue pour nous un sujet de grande préoccupation.» Aussitôt après, place aux travaux. Concernant les entretiens avec la presse, ce sera pour une autre fois. Après la cérémonie d’ouverture, le maître des lieux, qui ressortait pour rejoindre ses bureaux, a, un brin moqueur, taquiné par ces mots les journalistes retardataires qui n’ont pas eu accès à la salle : « Qu’est-ce que vous faites ici ? Ah, vous êtes en retard ?»

 

Issa K. Barry

Commentaires   

0 #2 Megd 17-02-2017 10:34
Parole sur parole, réunion en réunion, tout n’est que folklore pour dire que l’on bosse. Mais qu’est-ce qui est fait concrètement sur le terrain?

Il me semble que la stratégie de notre armée, c’est d’attendre les terroristes et pourtant, elle connait leur sanctuaire. La force Bharkane va dans le terrier des terroristes au Mali, mais chez nous, nous sommes « calés » et comme d’habitude on dit « yélkayé ».

Si vous voulez, pondez des stratégies style armée américaine, mais tant que la motivation ne suivra pas les hommes, il n’y aura rien. Nos soldats sont avant tout des citoyens et vous pensez qu’ils vont se sacrifier pour des politiciens et la hiérarchie militaire véreux? N.O.N

Il faut une prime « très » spéciale pour nos soldats qui vont au Nord. Il en est de même pour tout fonctionnaire en poste dans les zones menacées par le terrorisme, il faut des indemnités de risque. Les gens qui vivent dans la hantise on un morale qui ne peut pas être de la même manière qu’un collègue qui vit à Ouaga.

Nous avons une armée qui n’existe que de nom et après nous sommes les premiers à bomber nos torses pour dire non à l’aide militaire venant d’autres pays.

Je le dis et je le répète, un enlèvement en plein cœur de Ouaga reste non seulement plausible, mais les auteurs du rapt auront tout le loisir de rejoindre le nord du pays voire de franchir les frontières sans qu’aucune mesure sécuritaire ne puisse permettre de l’en a empêcher.

Faite un tour au Ghana jusqu’à Accra par la route et vous comprendrez l’efficacité des barrages de contrôle des forces de l’ordre et de sécurité des Ghanéennes.

Comment comprendre les braquages en plein cœur de Ouaga et surtout à des heures de forte affluence? C’est pour dire que les malfrats savent qu’aucune disposition sécuritaire sérieuse n’a été mise en place.

Et pourtant une surveillance discrète banalisée au niveau des points stratégiques (banques, commerces, églises, mosquées, écoles, etc…) devrait être envisagée.
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0 #1 Kanzim 17-02-2017 02:28
En publiant avec fracas le rappel de nos « éléments déployés au Darfour » au Darfour, on donne en même temps aux terroristes l’information stratégique de l’augmentation prochaine des forces et de la ‘envergure de cette augmentation. Moi j’aurais préféré que la chose se fît dans le cadre du sensible du secret militaire, et que les succès y afférant soient portés à la connaissance du peuple le 10 décembre par exemple, lors du message à la Nation du Chef de l’Etat. En outre, je trouve qu’il y a trop de forces créées pour une même cause dans la même zone : ainsi donc l’autorité du Liptako Gourma a sa force, dite force multinationale de sécurisation (FMS/LG). Le G5 a sa force conjointe au Sahel, sans oublier les forces SERVAL ; BADENYA et autres BARKHANES, chacune ayant donné la preuve de succès mitigés. La multiplicité des forces n’emporte pas en efficacité sur une seule force bien équipé et entrainée, bien pistonnée et spatialement bien distribuée. Tout est question de vision, de motivation, de calme et de sérénité dans des interventions musclées, sans bavures et « purificatrices ».
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