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Procès Ahmed Abba : Le Parquet veut s’offrir la tête d’un journaliste

C’est ce qu’on appelle sortir l’artillerie lourde. Hier, le Parquet du tribunal militaire de Yaoundé a, en effet, requis la peine de mort contre Ahmed Abba, le correspondant en laængue Haoussa de RFI au Cameroun détenu depuis son arrestation le 30 juillet 2015 à Maroua. Voilà près de 2 ans donc que le journaliste se débat contre l’Etat du Cameroun qui le poursuit pour non dénonciation d’acte de terrorisme, apologie d’acte de terrorisme et blanchiment de produit d’acte de terrorisme.

 

En clair, notre confrère est accusé de propagande djihadiste et d’intelligence avec Boko Haram qui, depuis le Nigeria voisin, a étendu ses tentacules dans le Nord-Cameroun où la secte a perpétré de nombreux attentats et enlevé des personnalités. L’incriminé qui ne faisait qu’exercer son métier dont la dangerosité est connue de tous s’est toujours défendu de pactiser avec le diable, notamment lors de la 15e audience de son procès marathon le 24 mars 2017 au cours de laquelle il a enfin pu dire sa vérité pour la première fois.

Il faut croire que son interrogatoire et son contre-interrogatoire de ce jour n’ont pas convaincu le Parquet si tant est qu’il ait cherché à être convaincu des réponses claires et précises de l’accusé. Et que dire de l’absence manifeste de preuves dans ce procès aux forts relents politiques…

Lors de la 14e audience début février, le tribunal, à la demande des avocats de la défense, avait pourtant rejeté le rapport d’expertise sur des équipements informatiques censés appartenir au prévenu, mais que ce dernier avait seulement découvert au prétoire. D’autres experts avaient du reste été désignés et un nouveau rapport commandé.

Hier, les conseils du prisonnier de Biya se sont attelés à déconstruire les arguments du Parquet, et ce, point par point.

On ne sait donc si le moment venu, cela infléchira la balance judiciaire qui semble désespérément pencher d’un seul côté.

Réponse en tout cas le 20 avril prochain, date du délibéré. D’ici là on ose espérer que les pressions tous azimuts, qu’elles soient politiques, médiatiques ou émanant des activistes des droits de l’homme feront réfléchir les autorités camerounaises qui ne gagneront rien en faisant rouler par terre la tête du pauvre Abba.

Il est vrai que le Cameroun où règne depuis 35 ans le roi fainéant du palais d’Etoudi n’est déjà pas une grande démocratie… mais quel mauvais signal il enverrait si d’aventure les juges devaient suivre le parquet dans ses réquisitions.

 

H. Marie Ouédraogo

Commentaires   

0 #2 Kanzim 08-04-2017 18:56
La Justice camerounaise s’allierait-ell e au Département de la communication de ce pays des hommes qui n’ont rien en bas sauf la soumission au Biya Nabuchodonosor qui paie, rétribue et sanctionne ? Le Département de la Communication est dirigé par M Issa Tchiroma Bakary un Ministre qui devrait pourtant savoir le prix inégalé de la Liberté : putschiste en 1984, il fut emprisonné pendant 7 ans, contrairement à beaucoup de ses frères nordistes qui furent massacrés à cause de la tentative de récupération du pouvoir que M Ahmadou AHIDJO a volontairement transmis à M Paul BIYA deux ans plus tôt. Beaucoup moururent les armes à la main, sauf qui allaient se montrer plus tard des flatteurs et des menteurs….Puis il créa un parti d’opposition dont les militants ne sauraient remplir un paquet d’allumettes. Après avoir et sur fond de tribalisme démontré qu’il savait pourfendre mais aussi flatter si on y mettait le prix, il entra dans le gouvernement de M Paul BIYA. Après plusieurs portefeuilles ministériels il occupe depuis 8 ans celui de la Communication. Un ministère où il a créé « une armée de journalistes », dédiés au maintien de Paul BIYA au pouvoir, et à sa propre accession au pouvoir d’Etat quand celui-ci sera vacant, par mort naturelle et inévitable de BIYA, par soulèvement populaire ou par coup d’Etat. On comprend donc la frilosité du pouvoir et de sa Chèvre de M Seguin alias M Issa Tchiroma Bakary, lorsqu’un journaliste ne fait pas partie de l’armée de journalistes de la chèvre bêlante du régime BIYA. Le bilinguisme de façade et générateur d’inégalités au détriment des anglophones, a conduit à des menaces de fermeture d’organes de presse. Pourtant, ce Ministre de la communication ne parle pas anglais et sa force demeure dans la louange et la déification de M Paul BIYA. Il n’a pas n’a pas étudié dans des instituons camerounaises pour comprendre que le bilinguisme mensongèrement claironné est plus une juxtaposition qu’une inclusion, c’est vraiment regrettable de sacrifier la Vérité à l’appel de l’œsophage, de bâillonner les journalistes comme s’il était jaloux et très soucieux de conserver le faux mérite d’être le perroquet camerounais le plus huppé, contre qui le journalisme porterait ombrage.
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0 #1 Sidzabda 07-04-2017 08:54
je suis pour aucune condamnation d'un journaliste mais il faut souvent que les journalistes réfléchissent à l'impact social de leurs articles. j'ai été écœuré de lire dans un journal de la place la liste des anciens membres du gouvernement et d'autres personnalités qui sont redevables à l'Etat burkinabè. à la vue de cet article, je me suis dit que le journal a commis une grave bévue en ne cherchant pas à comprendre depuis 2014 quelle est l'évolution de ce dossier. je connais un ancien ministre (il est fonctionnaire de l'Etat, son salaire avant sa fonction de ministre tournait autour de 300 000), du fait des coupures qu'il subies, on ne lui verse que les allocations familiales. alors publier une liste pour dire qu'une telle personne doit à l'Etat c'est faire preuve de mauvaise foi et être partisan du moins effort car ne voulant pas pousser loin les enquêtes. on attend sa prochaine publication pour voir s'il va diffuser la liste des anciens députés qui sont aussi redevables car n'ayant pas soldé leurs prêtes. il ne faut pas oublier la fonction sociale du journaliste car la plume peut sauver comme elle peut elle-même condamner
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