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Visite au Kasaï : Kabila sur les lieux du crime

Il aurait pu prendre un coucou, fendre l’air et à tire-d’aile arriver à destination. Mais c’est sur le plancher des vaches, à bord d’un puissant véhicule tout terrain que Joseph Kabila a choisi de parcourir les 950 km qui séparent Kinshasa de Tshikapa dans le Kasaï, comme pour dire que dans ce pays-continent où il manque bien souvent des routes carrossables, on peut fort bien circuler et que si même le président prend son véhicule pour le parcourir, c’est la preuve que le péril sécuritaire n’est pas aussi dramatique qu’on voudrait le faire croire. Il aura tout de même fallu une dizaine d’heures pour accomplir l’exploit routier.

 

Revoilà donc le locataire du palais de la Nation en mission de « réconfort moral et d’évaluation sécuritaire » dans cette province martyre traversée depuis près d’un an par des violences qui, à ce jour, ont fait plus de 400 morts, plus d’un million de déplacés pendant qu’une quarantaine de fosses communes étaient découvertes.

A l’origine de cette crise majeure, on le sait, l’assassinat du chef traditionnel Kamuina Nsapu dont l’autorité n’avait jamais été acceptée par Kinshasa. Une liquidation qui sera le point de départ des violentes confrontations entre les milices dudit chef et les forces de défense et de sécurité congolaises sur fond de violations graves et massives des droits de l’homme.

Le choix de Tshikapa n’est certainement pas le fait du hasard. Ce serait en effet dans cette localité que les fidèles du défunt monarque auraient fait, selon les sources officielles, des incursions meurtrières, décapitant 39 policiers dans le village de Malinga à 70 km de là. Mobutu light veut sans doute montrer par-là que les tueries dont on accable si souvent son pouvoir sont aussi du fait des irréductibles miliciens Kamuina Nsapu.

Il faut dire que sa visite intervient à un moment où la communauté internationale exige la formation d’une commission d’enquête indépendante sur les massacres dans le Kasaï et le meurtre des deux experts onusiens qui enquêtaient dans la région précisément sur le sujet. Et si les autorités de Kinshasa se disent ouvertes à une telle éventualité, elles veulent toutefois en garder la direction pour être sûres que les conclusions iront dans le sens qu’elles voudront bien lui donner. Elle intervient également alors que RFI diffuse une enquête en 3 volets sur cette actualité. Une série de reportages qui pourrait enfoncer davantage le régime congolais.

En tout cas, en se rendant à Tshikapa, le fils de Laurent Désiré a ouï dire ce qu’il voulait entendre, certains habitants lui lançant pendant qu’il s’offrait un bon bain de foule revigorant, du « Kabila wuméla ! » entendez « Kabila reste au pouvoir ! ». Voici au moins des citoyens qui connaissent l’importance voire le caractère indispensable de l’héritier du Nzee qui est même parvenu à faire oublier la crise politico institutionnelle née de la fin de son ultime mandat et des trésors d’artifices qu’il déploie depuis pour se maintenir au pouvoir. De là à penser que le brasier du Kasaï a été allumé exprès pour détourner les regards, il n’y a qu’un pas que certains de ses contempteurs ont vite fait de franchir.

 

H. Marie Ouédraogo

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