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Attaque camp MONUSCO : Béni la… maudite

Ils sont arrivés le jeudi 7 décembre 2017 au crépuscule et alors que la nuit enveloppait la ville de son voile noir, ils se sont acharnés sur le détachement tanzanien de la MONUSCO à Semuliki, dans le territoire de Béni au  Nord-Kivu. Qui étaient-ils, ces assaillants lourdement armés et dont l’attaque aurait été «planifiée et organisée», de l’aveu même de Jean-Pierre Lacroix, secrétaire général adjoint de l’ONU chargé des opérations de maintien de la paix ? Jusqu’à hier, nul ne le savait vraiment avec certitude même si, dès  vendredi, on pointait déjà du doigt l’Allied defense forces (ADF), cette milice islamiste ougandaise qui combat depuis vingt ans le régime de Yoweri  Museveni,  de l’autre côté de la frontière ougandaise donc, mais qui ne se prive pas de faire de  temps à autre des incursions dans l’Est de la République démocratique du Congo, sa base arrière naturelle.

Qu’il s’agisse d’elle ou d’un autre groupuscule de ces multiples semeurs de mort qui essaiment dans la RDC, notamment dans ce Nord-Kivu de tous les dangers, le bilan est particulièrement lourd : quinze Casques bleus tanzaniens tués, une cinquantaine blessée et trois autres portés disparus. Cinq soldats congolais  auraient été également tués (1 blessé, 1 disparu et 72 assaillants tués, selon les FARDC). Hier d’ailleurs, ce sont 14 cercueils recouverts du drapeau tanzanien qui ont été présentés lors de la cérémonie d’hommage à Béni. Peut-être l’enquête ouverte sitôt le crime commis permettra-t-elle de trouver réponse à cette discordance macabre, de comprendre ce qui s’est réellement passé cette tragique soirée, notamment pourquoi le camp des Tanzaniens était devenu injoignable, qui étaient ces visiteurs indésirables du soir et pourquoi est-ce seulement après la fin des combats, qui ont duré treize heures, que les hélicoptères de la MONUSCO sont intervenus.      

Quoi qu’il en soit, c’est de loin le bilan le plus lourd qu’enregistrent les soldats de la paix depuis la mort de 24 casques bleus pakistanais le 5 juin 1993 à Mogadiscio.  Des bérets bleus régulièrement pris pour cibles , que ce soit en RDC, au Mali, en RCA, au Rwanda, au Liban, en Côte d’ivoire ou au Soudan, coincés entre le marteau des ennemis de la paix et l’enclume des populations qu’ils sont censés protéger. Une protection dont ils ne s’acquitteraient pas toujours  convenablement, souvent, il faut le dire, en raison de règles d’engagement très strictes ou alors ils  sont accusés d’être plus prompts de la braguette que de la gâchette, eu égard aux nombreux scandales d’abus sexuels qui éclaboussent une troupe parfois davantage perçue comme un contingent  de touristes lubriques que de vrais combattants. Même s’il faut se garder, à cause des agissements de quelques moutons noirs, de jeter l’opprobre sur une institution qui évite bien des fois, quoi qu’on en dise, que certains Etats se délitent totalement. Au prix du sacrifice suprême comme c’est le cas ici.  De leur création en 1948 à nos jours, ce sont ainsi plus de 3 000 d’entre eux qui sont tombés en opération, soit l’équivalent d’un ou de deux régiments.

Ce qui vient de se passer plonge encore un peu plus Béni la …maudite dans le désarroi. De 2014 à 2016, cette localité a en effet été régulièrement soumise à des massacres mais voilà qu’après une certaine accalmie, elle connaît de nouveau un regain de violence marquée notamment en octobre par une attaque similaire à  celle actuelle, qui avait déjà tué trois Casques bleus… tanzaniens. Sans qu’on sache quand  prendra fin cette nouvelle saison des longs couteaux, des assassinats, des pillages,  des enlèvements et des viols qui dure depuis maintenant des années.

Et comme si le rasage du camp de la MONUSCO (déployée en 1999) ne suffisait pas pour installer définitivement la peur sur cette ville martyre, il fallait en plus que, dans la nuit de vendredi à samedi, cinq personnes dont quatre membres d’une même famille soient liquidées. Ici aussi, et quand bien même il n’y aurait pas de lien entre les deux drames, on se perd en conjectures : qui en sont les auteurs et pourquoi ?  Comment dans ces conditions ne pas comprendre le ras-le-bol des habitants qui ont voulu marcher samedi avec leurs cadavres dans les bras jusqu’à la mairie et qui, pour toute réponse, n’ont eu droit qu’à un accueil musclé de la police ?

Hélas, c’est souvent comme ça que ça se passe chez Kabila, qui érige la matraque et le gaz lacrymogène (voire plus si trop dérangeant) en méthode de gouvernement à défaut de pouvoir répondre aux préoccupations des citoyens. Cette insécurité endémique ne traduit-elle pas l’incapacité d’un pouvoir plus préoccupé à s’éterniser aux affaires qu’à implémenter une gouvernance vertueuse dans ce pays grand comme presque dix fois le Burkina, qui a tout pour être développé, tout sauf l’essentiel : un leadership éclairé et responsable, qu’il se soit agi hier de Mobutu ou qu’il s’agisse aujourd’hui des  Kabila père et fils ? Le plus grave, c’est que le chef de l’Etat, incapable d’organiser une élection depuis un an, pourrait exciper de cette insécurité généralisée pour justifier son maintien au pouvoir envers et contre tous.

 

 

Ousseni Ilboudo 

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Les élucubrations de Toégui : Faut faire pardon, Zeph…

Elucubrer comme si on devait mourir demain ou élucubrer comme si on ne devait jamais mourir ? Ni l’un ni l’autre. Allons seulement.

Les obsèques de Johnny Halliday… Je n’aurais jamais cru que la France réserverait des hommages si grandioses à un chanteur. A tel point que la disparition de l’illustre Jean d’Ormesson a paru comme un événement de province. D’avis concordants, jamais cérémonie  funéraire n’avait connu tant de solennité et d’éclat. Deux jours durant, sur toutes les chaînes de télévision il n’y avait que Johnny au programme. Johnny, Johnny, Johnny…de ses premières prestations aux premières heures de son décès. Moi  j’ai appris la nouvelle à 5 heures du matin et je vous assure que dès lors je suis resté sur TF1 et France 2  jusqu’à minuit. Je ne suis pas allé à mes Mochichis FM habituels. Ni Abdou Nékré. Ni Watt FM. Si Salankoto. Ni Moustapha Labli Thiombiano.

Il faut que je vous dise, mes 20 ans ont étés bercés par Johnny Halliday. Oui je fus Johnny, je suis Johnny. Les programmations spéciales des télés Françaises m’ont donné l’occasion de  ré-entendre tous les tubes de mon idole. Mais vous, vous n’avez pas l’air de vous en préoccuper. Il y a quelque chose de Johnny en moi et il y a quelque chose de Zougnazagamda en vous.

Jean Philippe Smet. Notre Johnny. Qu’est-ce qu’on a twisté ! Oui nous étions des twisteurs. Twist et Rock. N’est-ce pas Hermann !? Hermann alias Adams. Leader des Sun boys. N’est-ce pas Laabli Thiombiano !? Batteur des batteurs.

Nous les twisteurs nous nous étions donné pour mot d’ordre de mettre hors d’état de nuire le cha-cha-cha, le mambo, le merengué… des danses venues de la patrie de Fidel Castro.

On reparle de Simon Compaoré. Si je n’avais pas peur des mots je parlerais de « l’affaire Simon Compaoré ».

Le bruit avait couru qu’une plainte avait été déposée contre Simon Compaoré mais je n’y croyais pas trop. Voilà que Yaya Boudani vient de le confirmer sur RFI. Plainte pour port illégal d’arme de guerre.

Lorsque cette information est tombée, j’ai eu instinctivement envie de dire : « Zeph, faut faire pardon… Faut faire pardon Zeph ». Même si nous sommes en politique et que toute occasion est bonne pour abattre l’autre, Zeph faut faire pardon. Une plainte pour port illégal d’arme contre le ministre qui a l’autorité de délivrer les permis de port d’arme ? Faut faire pardon Zeph. Nous sommes en guerre après tout, même si comme on dit il s’agit d’une guerre asymétrique. Asymétrique ou pas c’est une guerre contre des bandits, des criminels, des sans foi ni loi, en un mot des terroristes qui tuent. On peut donc admettre que le ministre qui a en charge d’assurer notre sécurité porte une arme sur lui, surtout de nuit. On aurait pu être en état d’urgence figurez-vous. Comme ce fut le cas en France après le massacre au Bataclan.

Et puis, une plainte contre le ministre de la Sécurité pour quoi faire ? Pour le paiement d’une amende ? Pour une peine d’emprisonnement ? Pour le retrait de l’autorisation de port d’arme  dont il est bénéficiaire ? Et si au tribunal, séance tenante il délivre une autorisation à son nom ? Non, faut faire pardon. La réconciliation n’est pas un mot, c’est un comportement.

Moi, lorsque j’ai entendu que Simon Compaoré a été pris en flagrant délit de port illégal d’arme, j’ai cru qu’il s’agissait d’une vraie arme. Un bazoolka par exemple. Ou un pistolet mitrailleur. Ou n’importe quel autre jouet tirant par rafales. Quelle ne fut pas ma surprise lorsque j’ai découvert qu’il ne s’agissait que d’une kalachnikov. Une simple kalach. Tant de tintamarre pour une kalach !? C’est rien une kalach. Qui ne connaît pas la kalach ? Les kalachs ont circulé ici comme de petits pains. Moi, la kalach, je n’en ai pas porté mais j’en ai palpé. A ma permanence CDR. La kalach… J’avais plein de copains « camarades » qui dormaient avec la kalach au chevet. Et je me souviens bien qu’à une fête du timbre-poste Clément Pingdéwendé Sawadogo était venu nous livrer un discours CDR. Il ne portait que des sandales mais il avait une longue kalachnikov. Basile Guissou allait à l’université avec une kalach dans sa voiture. Emile Paré, c’est lui qui distribuait les kalach. La kalach on connaît. Zeph s’il veut, qu’il demande donc à Jean Hubert Bazié et il saura comment monter et démonter une kalach, sans avoir une autorisation de port d’arme. Ne faisons donc pas un monde pour une kalach.

En parlant de la kalach de Simon Compaoré au domicile du député UPC Ladji Coulibaly, les gens oublient de rappeler que le ministre incriminé avait émis des réserves quant à l’authenticité de la vidéo qui avait écumé les réseaux sociaux. C’est pourquoi je n’ai pas bien compris pourquoi le député Ladji Coulibaly avait devancé l’iguane dans l’eau en déclarant : « C’est mon fils qui l’a tournée » au sujet de la vidéo. Ce faisant, il avait témoigné à charge contre le ministre qui était venu à son secours, et avait plutôt laisser la possibilité d’un montage. Quelque chose comme de l’ingratitude de la art de monsieur le député.

Montage ? Pas montage ? En tout cas je vais vous dire ce qui suit.

Comme Simon Compaoré, je suis moi aussi un analphabète de l’Internet et du numérique. Mon portable, je ne sais qu’appeler et recevoir. Lorsque j’entends que Donald Trump a twitté ceci, a twitté cela, je n’y comprends rien. On me dit souvent : « Toégui j’ai lu tes élucus sur Facebook ». Je reste les yeux hagards me demandant de quoi on parle.

Facebook… Whatsapp à quoi ça ressemble ?

Oui, je suis plus pire que monsieur Simon Compaoré dans l’analphabétisme numérique. J’ai une Murielle à la maison.  11 ans. Mignonne comme tout ma Murielle. Elle a toujours son portable à la main. Elle tapote, elle tapote. Elle ne fait que tapoter. Lorsque je suis concentré sur la télé ou sur un journal elle vient me dire : « Papy regarde… Papy regarde ». Je jette un coup d’œil sur son appareil et je me vois en… en lion. C’est bien moi mais j’ai une tête de lion. Je crie de peur et elle éclate de rire. Cinq minutes après elle revient : « Papy regarde. Papy regarde… » De lion, je suis devenu un chameau qui m’ouvre grand sa gueule. C’est toujours moi mais j’ai une tête de chameau.

Alors, cette vidéo avec Simon Compaoré en kalach et gilet pare-balle comme un policier de Chicago chez Barack Obama, n’allons pas vite en besogne.

 

Cette semaine, j’ai lu une tribune dans un media tout nouveau.  L’auteur semble être un gros intellectuel, là n’est pas le débat. Mais il a parlé de Simon Compaoré dans un langage, disons pas gentil. Un langage à la limite méchant. Pour ne pas citer son nom, je l’appellerai Bill Gates. Simon Compaoré, un déséquilibré à appeler en correctionnelle ? Simon Compaoré, un homme qui renforce la  violence ? Monsieur, c’est trop et trop c’est trop.

Vous vous souvenez n’est-ce pas ? Face aux journalistes,  notre Ministre de la sécurité, ex Maire de la capitale durant plus de 15 ans, un des S des RSS, vous vous souvenez qu’il avait lui-même avoué qu’il ne maîtrisait pas très bien l’outil Internet, sinon même qu’il n’y voyait que dalle. Il n’en fallait pas plus pour que notre Bill Gates Ouédraogo parle de « l’inculture numérique » de Simon. Mais puisque la page 6 me lorgne, je vais  être très court et vous faire un bref résumé de cette tribune de 3 larges pages, avec une photo de Simon Compaoré en commando Américain tenant un long et gros fusil comme on en voit au cinéma. Lisez : « Compte tenu de l’importance de plus en plus grande du numérique dans notre monde actuel, il est inadmissible de compter des analphabètes numériques dans l’équipe dirigeante d’un pays. La compétence numérique doit être exigée de tout membre de gouvernement ».

Je vois que vous n’avez pas bien compris. Je vous explique : selon notre Bill Gates celui qui ne connaît rien aux NTIC ne peut être ministre ici au Faso. Oui, chers amis, prenez bonne note. Votre Toégui, analphabète de l’An 2000 ne sera jamais ministre.

Question à monsieur Bill Gates Ouédraogo. Simon Compaoré est peut-être un analphabète numérique mais il connaît très bien les choses de la politique ce qui lui a valu d’être élu  député de la République du Faso, maire de la capitale durant plus de 15 ans, Président du plus grand parti politique de son pays, Ministre en charge de la Sécurité. Monsieur Bill Gates, je parle du vrai, monsieur Bill Gates qui ne connaît rien des choses de la politique mais qui est le maître du numérique, monsieur Bill Gates peut-il être élu Président des Etats-Unis d’Amérique juste pour ses compétences numériques ? Ou seulement Gouverneur d’un Etat des USA ? Ou même simple Sénateur, Démocrate  ou Républicain ?

 

 

Charles Guibo

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Crise commune de Saponé : La mairie à l’épreuve du feu

Dans la nuit du 7 au 8 décembre 2017, la mairie de Saponé, commune située à une trentaine de kilomètres de Ouagadougou, a été l’objet d’un incendie manifestement d’origine criminelle. Si ses auteurs ne sont pas encore connus, tous les regards se tournent vers ceux qui réclament depuis quelques mois la tête du maire, Abdoulaye Compaoré.

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Cour d’appel de Ouagadougou : Un incendie qui interroge

La liste des sinistres causés par des incendies ne cesse de s’allonger dans la capitale burkinabè. Le dimanche 10 décembre courant, un départ de feu a été constaté autour de 12 heures à la Cour d’appel, sise à Ouaga 2000. Fort heureusement, aucune perte en vie humaine n’est à déplorer. Par contre, de nombreux véhicules sous scellés, une trentaine semble-t-il, ont totalement ou partiellement été léchés par les flammes. Ces véhicules, de l’avis du Procureur général, Laurent Poda, effectivement immobilisés pour des raisons judiciaires, ont été transférés du Tribunal de grande instance (TGI) à la Cour d’appel de Ouagadougou pour cause de travaux d’extension.

Les soldats du feu, alertés, auraient difficilement réussi à circonscrire les flammes, parce que les bouches d’incendie seraient littéralement obstruées et l’eau indisponible. Par chance, le bâtiment n’a pas été touché et la question qu’on se pose présentement est de savoir ce qui s’est réellement passé. Est-ce, comme le susurrent certains, des herbes folles séchées autour du mur d’enceinte de la Cour d’appel qu’est parti le feu ou aurait-il eu une main criminelle invisible dans la survenue du sinistre ?

Actuellement, on ne saurait le dire. Seule l’enquête de police ouverte à cet effet pourrait nous situer clairement sur ce énième incendie à Ouagadougou.

 

La Rédaction

 

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Force commune G5 Sahel : Corvée ravitaillement pour la MINUSMA ?

Retour à New York pour le G5 Sahel. Sur proposition de la France, le Conseil de sécurité des Nations unies doit en effet se prononcer aujourd’hui sur une résolution qui autorisera les Casques bleus de la MINUSMA (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali) à apporter un soutien logistique à la force commune du G5 Sahel. Certes, l’idée de cette armée transnationale de 5 000 à 10 000 hommes née il y a un peu plus d’une année pour combattre la nébuleuse terroriste et qui sera opérationnelle sur trois fronts que sont le Mali, le Niger et le Burkina Faso est lumineuse, mais force est de reconnaître que son opérationnalisation, engagée depuis par les cinq pays concernés que sont le Mali, le Niger, le Burkina Faso, le Tchad et la Mauritanie, sans oublier le grand parrain qu’est la France, demeure un véritable parcours du combattant.

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Lutte contre le Sida : Si seulement le financement pouvait être… viral

« L’Afrique : une approche différente vers la fin du Sida. »

Tel est le thème de la 19e Conférence internationale sur le Sida et les infections sexuellement transmissibles en Afrique (ICASA) ouverte hier à Abidjan, capitale économique de la Côte d’Ivoire, pays le plus touché d’Afrique occidentale avec un taux de prévalence de près de 4%.

Dix-huit rencontres de ce genre ont donc déjà eu lieu depuis la découverte du virus du Sida au début des années 80. Sans qu’on soit encore parvenu à trouver un traitement préventif ou curatif contre cette pandémie qui aura causé 39 millions de décès entre 1981 et 2013.

Il s’agira pour les 10 000 délégués venus de 150 Etats de se pencher, d’une part, sur des stratégies africaines en matière de riposte et, d’autre part, sur les objectifs de l’ONUSIDA, organisme créé spécialement pour faire face au coriace virus.

Au terme de ces sept jours de rencontre, cette 19e ICASA devra définir la feuille de route vers l’objectif « zéro nouvelle infection, zéro cas de Sida et zéro décès à l’horizon 2030 ».   En un mot comme en mille, célébrer dans une dizaine d’années la fin de la pandémie.

Un but noble mais surtout ambitieux, car  il ne faudrait pas perdre de vue que 2030, c’est déjà demain.  Et quand bien même la lutte contre le VIH aurait enregistré des victoires successives durant ces trois décennies, la guerre est loin d’être gagnée. 

En Afrique occidentale, par exemple, les statistiques poussent à l’optimisme quand on sait que les nouvelles infections ont diminué de 9% et les décès de 21%. 

Mais ces chiffres encourageants cachent des disparités plus ou moins prononcées.

Certes la recherche a permis depuis de longues années de mettre au point des antirétroviraux qui ont favorisé le ralentissement de la progression du virus dans l’organisme à défaut de l’éradiquer totalement et permettant aux personnes vivant avec le VIH  de vivre normalement et d’avoir une espérance de vie quasi égale aux moyennes nationales.

Mais le revers de la médaille du progrès de la médecine est la baisse du niveau de vigilance, d’où la hausse, ces dernières années, du nombre de nouvelles infections dans bien des pays.

Or, « ce n’est pas le moment de baisser la garde », pour reprendre le titre de notre édito du 24 juillet 2017 en rapport avec le congrès international sur le Sida tenu à Paris. Surtout pas en Afrique, continent sur lequel on compte 26 des 36 millions de personnes vivant avec le VIH, selon le rapport 2017 de l’ONUSIDA.

Et que dire de la baisse continue des financements, à l’image des coupes claires envisagées par Donald Trump alors que les USA demeurent le plus gros contributeur à la lutte contre le mal avec 2/3 des efforts gouvernementaux ?   

En 2016, Washington y avait ainsi injecté quelque 5 milliards de dollars contre 600 millions pour la Grande-Bretagne et « seulement » 242 millions pour la France.

Si donc le nerf de la guerre contre le virus devait faire défaut, ce serait, à n’en pas douter, peine perdue pour tous ces efforts colossaux déjà  consentis et le début de jours sombres pour tous ces malades et porteurs sains, à l’image de cette jeune burkinabè de 20 ans dont les propos ont ému l’assistance à la cérémonie d’ouverture de la conférence.

Espérons donc qu’à l’issue de cette 19e ICASA, le financement sera viral, pour faire dans le jargon des habitués des réseaux sociaux.

Alain Saint Robespierre       

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