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Liberté provisoire pour Darboe : Premier acte de déstanilisation en Gambie

Ousseynou Darboe, leader de l'opposition gambienne Ousseynou Darboe, leader de l'opposition gambienne

On ne pouvait pas trouver symbole plus fort de la déstanilisation tropicalisée qui pourrait avoir bientôt court en Gambie.

 

Cinq jours après la victoire retentissante de l’opposant Adama Barrow face à Yahya Jammeh avec 45% des suffrages contre 36% au perdant, un procès pas comme les autres s’est en effet ouvert hier à Banjul. Dans le box des accusés, Ousseynou Darboe, leader du Parti démocratique unifié (UDP), et dix-huit autres de ses compagnons d’infortune. En juillet, ils avaient été condamnés à trois ans de prison, entre autres chefs d’accusation, pour manifestation illégale.

La force du symbole tient d’abord du fait que n’eût été son embastillement, c’est sans doute lui qui aurait porté les couleurs de l’opposition et donc peut-être battu Jammeh. Et c’est pour pallier cet empêchement que Barrow, qui n’est autre que son trésorier, a été mis en selle même si, pour ratisser large, ce dernier a eu l’intelligence politique de se débarrasser de la tunique trop partisane de l’UDP pour revêtir le boubou d’indépendant avec les résultats qu’on sait maintenant.

Ce procès en appel ne pouvait donc que prendre une tournure particulière pour suivre les courbes du cataclysme politique intervenu la semaine dernière.

Fait cocasse, s’il en est les avocats de l’Etat gambien sont arrivés 15 minutes après le début de l’audience, pris, ont-ils dit, dans des embouteillages monstres particulièrement enfiévrés depuis vendredi.

Preuve supplémentaire que la peur doit avoir changé de camp, les avocats de l’Etat qui, en temps normal, auraient tenu le crachoir se sont bien gardés de pérorer.

La décision des juges ne pouvait donc que couler de source. Ce sera la liberté provisoire pour celui qui est la victime emblématique de l’injustice et de l’arbitraire qui avaient force de loi depuis les 22 ans que Yahya Jammeh est au pouvoir.

Allez savoir d’ailleurs si parmi la fournée de prévenus d’hier il n’y a pas de futurs présidents d’institution ou membres de gouvernement. Il faut bien qu’ils soient élargis pour assumer leurs nouvelles responsabilités.

En tout cas avec ce procès, on ne peut pas trouver meilleure césure politique pour marquer la nouvelle Gambie, car dans la délicate entreprise de déminage de l’Etat Jammeh, qui va commencer bientôt, l’institution judiciaire sera avec d’autres corps socioprofessionnels comme l’armée, les services de renseignements et l’économie parmi les grands chantiers de la refondation qui attendent le nouveau président.

 

Adama Ouédraogo

Damiss

Dernière modification lemardi, 06 décembre 2016 08:06

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