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Regard sur l’actualité : Chemin de croix pour les évêques congolais

Assurément Noël 2016 est mémorable pour les prélats de République démocratique du Congo. En effet, alors que leurs homologues du monde entier sont pris dans les préparatifs de la fête de la Nativité, la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), elle, n’a pas tout à fait l’esprit à la fête. Embarqués que sont ses membres, à leur corps défendant, dans la longue crise politique qui menace le pays.

 

Après plusieurs mois de vaines tentatives pour rapprocher les protagonistes de ce bras de fer entre la majorité présidentielle et le Rassemblement de l’opposition, les voilà de nouveau et encore en train de se battre comme de beaux diables pour arracher le consensus qui pourrait sauver la RDC d’un nouveau chaos après celui d’où il revient depuis la chute de Mobutu.

Le miracle de Noël aura-t-il lieu ? avions-nous titré notre dernière édition. En tout cas, rares sont ceux qui parient sur cette éventualité, mais avec la foi chevillée au corps, les évêques congolais continuent d’y croire. La preuve, ils viennent de sortir de leurs soutanes une potion dont on attend les effets miraculeux. En effet, depuis hier, ils ont abandonné l’approche de la grand-messe qui regroupait l’ensemble des parties prenantes pour faire des messes basses qui ont consisté à rencontrer séparément les parties prenantes. Ainsi donc les religieux ont discuté dans la matinée avec la majorité puis, dans l’après-midi, ce fut avec le Rassemblement de l’opposition autour de l’UDPS et du MLC.

Mais la question que l’on se pose est de savoir si cette stratégie pourra marcher dans un contexte où chaque camp a sa compréhension du respect de la Constitution : alors que les partisans du président Kabila s’engagent à respecter la loi fondamentale dans «son ensemble», l’opposition, elle, voit dans cette expression, «son ensemble», la possibilité d’organiser un référendum afin de tripatouiller cette même Constitution pour permettre au Mobutu light de briguer un troisième mandat auquel il n’a pas droit selon les dispositions de la loi actuelle.

Comment donc briser ce mur de méfiance et de défiance qui sépare les deux parties qui, chacune, voit la légitimité dans sa chapelle. Autant dire que pour y parvenir, les pauvres ecclésiastiques vont devoir mouiller la chasuble, bien visser la calotte et entamer une longue et pénible procession ; autrement dit entamer à Noël un chemin de croix au nombre de stations indéterminé.

C’est dans ce contexte que le climat politique, au lieu de s’apaiser, s’alourdit chaque jour que Dieu fait avec morts d’hommes par-ci et arrestations de militants de l’opposition et de la société civile par-là. Sans pour autant verser dans le pessimisme, on peut se demander en toute légitimité si on peut encore sauver le navire Congo des récifs vers lesquels il fonce. Mais à la veille de la venue de l’enfant Jésus, ne jouons pas à l’homme de peu de foi, mais brûlons plutôt des cierges pour que le miracle tant attendu s’accomplisse.

 

Mohamed Arnaud Ouédraogo

Dernière modification lelundi, 26 décembre 2016 21:29

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