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Retour Adama Barrow : A marée humaine, torrent de problèmes

Il n’aura fallu que trente petites minutes à Adama Barrow pour se rendre de Dakar, où il vivait en exil depuis le 15 janvier pour des raisons de sécurité, à Banjul. Trente petites minutes inversement proportionnelles au temps mis pour prendre la réalité du pouvoir qu’il a conquis le 1er décembre 2016 au fond de l’urne, pour ne pas dire à la force des billes. Tombeur de Yahya Jammeh avec 43,3% des suffrages exprimés, il avait, on se le rappelle, été contraint de prêter serment à l’ambassade de Gambie à Dakar, le temps que la CEDEAO déloge son prédécesseur, qui ne s’est finalement résolu à quitter State House dans la nuit de samedi à dimanche que le fusil sur la tempe.

 

A bord d’un avion à hélices appartenant à l’Etat sénégalais, Barrow a atterri hier à l’aéroport de Banjul. Sur le tarmac, c’est sa famille et les membres de la coalition qui a porté sa candidature qu’il salue en premier. Dehors, c’est une foule hystérique qui l’attend pour un bain de foule. Une foule qui le voit en chair et en os et qui place désormais tous ses espoirs en ce président «par défaut», puisqu’il est devenu chef de l’Etat un peu à l’insu de son plein gré.

Militant du Parti démocratique unifié (UDP) depuis 1996, il aura fallu en effet que le président de sa formation politique, Ousaïnou Darbo, soit embastillé et donc empêché de se présenter, pour qu’il soit propulsé au-devant de la scène. Il aura cependant l’intelligence politique de fédérer autour de sa candidature 7 partis de l’opposition pour venir à bout du monstre de Kanilai. Une consécration pour ce personnage peu charismatique, presque sans relief, que son pedigree ne prédisposait pas forcément à accéder à la plus haute marche de l’Etat gambien.

En effet, voyez-vous-mêmes : école secondaire musulmane, pour ne pas dire coranique, à Koba Kunda puis à Banjul ; employé d’un certain Alhagie Musa and Sons dont il deviendra directeur des ventes ; garde du corps d’un homme d’affaire gambien, Momodou Moussa Ndiaye, qui n’est autre que le beau-père de l’ancien président Dwda Jawara, renversé en 1994 par Yahya Jammeh ; vigile à Londres où il s’initie aux métiers de l’immobilier avant de créer sa propre agence. C’est quelque part un self-made-man qui vient d’accéder à la tête de l’Etat gambien. Et s’il connaît la même réussite dans la gestion des affaires de l’Etat, les Gambiens ne devraient pas avoir de souci à se faire. Mais on a bien peur que, passé l’ivresse de la liberté retrouvée, le réveil ne soit dur pour le «marchand de sommeil» qu’il était.

A marée humaine en effet, à l’image de celle qui l’a accueilli triomphalement hier, torrent de problèmes. De l’indispensable réforme des forces de défense et de sécurité aux nombreux défis socio-économiques (santé, éducation, justice…), en passant même par le simple apprentissage de la démocratie pour que le pays ne sombre pas dans le désordre et le chaos, Barrow a du pain sur la planche. Les urgences, toutes aussi prioritaires les unes que les autres, ne manqueront pas pour ce magnant de l’immobilier s’il veut construire cette Gambie nouvelle aujourd’hui, presque sous protectorat sénégalais. Vu ses états de service, il est bien placé pour savoir que c’est au pied du mur que l’on reconnaît le vrai maçon. Trois ans, c’est ce dont Adama Barrow dispose, le temps que durera la période de transition qu’il s’est lui-même fixée, pour au moins poser les fondations de la nouvelle Gambie. Et il n’y aura certainement pas de temps de grâce pour lui.

 

Mohamed Arnaud Ouédraogo

Dernière modification lesamedi, 28 janvier 2017 08:28

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