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Moralisation de la vie publique : Le Penelopegate vu d’Afrique

Décidément, la vie politique, notamment sur les bords de la Seine, n’est jamais un long fleuve tranquille. Et particulièrement pas pour les candidats les mieux placés dans la course à l’Elysée.

 

Sans pour autant dresser la liste exhaustive des victimes de cette espèce de « malédiction des favoris », on se rappelle comment le destin  politique de Dominique  Strauss-Kahn, brillant économiste à qui le Château était à portée de main, s’est brisé avec fracas dans une chambre d’hôtel, faisant quelque part le bonheur d’un François Hollande sur lequel personne ne pariait.

Un quinquennat après ces ébats fatals à l’ascension de DSK, voici un autre présidentiable auquel un boulevard semblait  ouvert sur la rue Faubourg Saint-Honoré qui pourrait être obligé de reconsidérer ses ambitions politiques sous les lazzis et la réprobation des Français.

Voici en effet le champion de la droite et du centre, dont la candidature a été retenue  au terme du deuxième tour des primaires avec la participation de  près de quatre millions d’électeurs, qui vient de se prendre les pieds dans le tapis.  

L’affaire est d’autant plus retentissante qu’il s’agit de François Fillon, ancien Premier ministre, plusieurs fois ministre et présenté comme un parangon de vertu.

Mais voilà que les « fouilles merdes » du Canard Enchaîné, ce fameux « volatile », comme le désignait perfidement le général de Gaulle, vient de mettre en lumière le côté sombre du personnage :

en effet, il aurait, durant une bonne quinzaine d’années, rétribué illégalement sa femme, Penelope, et ses enfants, Marie et Charles. Et le montant cumulé de ces salaires indus tutoierait la coquette somme d’un million d’euros, toujours selon le Canard dont les cancans provoquent, depuis une dizaine de jours, des insomnies dans la famille Fillon.    

C’est peu dire que l’affaire tombe au mauvais moment, puisqu’elle éclate à seulement quelque trois mois de la présidentielle avec à la clé l’ouverture d’une information judiciaire sur un dossier qui se déroule telle une pelote de laine dont on tire le fil.

Et plus l’élu de Sablé-sur-Sarthe se défend, plus il s’ensable. Comme ce fut le cas hier au cours d’une conférence de presse tenue dans ce qui est encore (mais jusqu’à quand ?)  son QG de campagne.

Même s’il soutient n’avoir pas enfreint la loi avec ces petits arrangement financiers, il « regrette un usage dont il est clair que nos concitoyens ne veulent pas ».

Mais on doute fort que cet acte de contrition soit suffisant pour sauver « Ulysse » des vagues soulevées par Penelope.

Ironie de l’histoire, c’est le même Fillon qui, lors des débats des primaires, a taclé Sarkozy en lâchant cette phrase assassine : « Imagine-t-on le général de Gaulle mis en examen ? » Cruelle allusion à l’affaire Bygmalion dans laquelle se noie de son côté l’ancien président français.

Imagine-t-on aujourd’hui l’époux de Penelope, celui qui était au-dessus de tout soupçon, à son tour mis en examen ?

Le drame, c’est que les répliques de ce séisme politico-judiciaire touchent toute la classe politique au moment où Marine Le Pen est en tête dans plusieurs sondages. Une bourrasque qui va sans nul doute gonfler les voiles de l’émule de Jeanne d’Arc.

Si ce feuilleton,  dont le dernier épisode est loin d’être écrit, pose de nouveau l’éternel problème d’éthique et de moral de la vie publique dans laquelle se repaissent toutes sortes de sauriens, vu d’Afrique, ce scandale ferait sourire plus d’un.

Qu’est-ce qu’il y a de mal, pour un chef,  à « gombiser » (1) ses fils et filles, sa femme et mêmes ses maîtresses, sur un continent où l’autorité et l’argent de l’autorité  appartiennent à tout le clan ?

Emplois fictifs ou pas, le Penelopegate n’aurait pas scandalisé bien des gens du « Gondwana » où un adage dit que le pouvoir et l’avoir se bouffent en famille.

Mais, heureusement, depuis quelque temps, les choses commencent à changer sous nos tropiques, et nos « présidents très très démocratiquement élus » doivent comprendre que les principes de redevabilité et d’imputabilité sont des notions avec lesquelles il leur faudra compter. 

A bon entendeur, salut !

  • Expression bien connu dans le jargon de la presse burkinabé et qui signifie le fait d’offrir de l’argent
Dernière modification lemardi, 07 février 2017 22:23

Commentaires   

0 #3 Sacksida 10-02-2017 18:23
De toutes les façons à l'approche des élections présidentielles en France, les scandales politico-judici aires sortent des tiroirs. Mais notre modeste avis, il est souhaitable que les français élisent un socialiste ou un social démocrate que ce Monsieur qui apparemment va réchauffer en fait la politique qu'avait conduite Sarkozy et dans ce cas ils se mordront les doigts. C'est un simple avis. Salut !
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0 #2 Kanzim 07-02-2017 15:31
La France prompte à donner des leçons de morale et de probité aux pays africains, démontre depuis un certain temps que ses dirigeants sont soit des nouilles amorphes, soit des mâles lubriques, ou des nains insatiables d’honneurs, e femmes et d’esclaves pourvoyeurs de =d’argent pour leurs campagnes. Ainsi y –t-on vu dans cette France, des gouvernements où d’anciens copains-copinen t, et épouses-époux, d’hommes catholiques mariés-divorcés –remariés siègent au mépris de la bienséance et de la morale. C’est sûr que si ce candidat droitier-droiti ste était élu, qu’il transformerait le Trésor français en un filon familial. Il ne reste ra plus qu’aux ethnologues et sociologues de procéder à une spéléologie historique pour connaitre la ignée d’en bas en haut de M François FILLON et de Madame FILLON. Une spéléologie omni directionnelle, de haut en bas et de bas en haut puis recto-verso, comme la stratégie des politiciens « wourou-wourou » du Burkina, agissant dans l’excitation, l’euphorie et dans la précipitation pour remplir les stades d’applaudisseur s rémunérés et de répétiteurs de slogans vides de principes. Sauf que M FILLON en le faisant, cherche à amasser des sous, ce qui fait qu’on ne sait pas qui d’entre lui et nos politiciens, qui est « plus grave que qui, ou qui est plus drap que qui », pour parler comme nos cousins ivoiriens.
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0 #1 Anta 07-02-2017 15:05
Les blancs font rire quoi! Si Monsieur Anta mon jaloux de mari devient président, vous voulez que je me salisse les mains dans une salle de classe avec des élèves malappris qui savent même pas aligner deux mots corrects? On va voir! Est-ce qu'on peut nourrir un enfant sans se lécher les doigts? Drôle de coutume!
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