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FESPACO 2017 : Scénario fictif pour une cérémonie de clôture

Samedi 4 mars 2017. Il est 19h dans la cuvette du stade municipal Dr  Issoufou Joseph-Conombo. Le président du jury, le Marocain Nour-Eddine Saïl, vient de se hisser sur le podium. Tout le monde retient son souffle. Et comme s’il prenait un malin plaisir à faire mariner dans leur propre jus les vingt réalisateurs qui compétissaient  dans la  section  longs métrages, l’arbitre suprême de la vingt-cinquième édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO) fait durer le suspense.

 

Puis, soudain, tel un matador qui vient de porter l’estocade final à un taureau après qu’il l’a épuisé pendant des minutes interminables, il lâche : « …Et l’Etalon d’or du FESPACO 2017 revient à l’Ivoirien… pour…» (2). Murmures dans l’enceinte noyés par les cris de joie du vainqueur et de son staff. Invité spécial, le président Alassane Dramane Ouattara (ADO), assis aux premières loges à côté de son homologue Roch Marc Christian Kaboré, applaudit discrètement mais exulte de l’intérieur. Ça le change tellement des mutineries à répétitions de son armée qui lui donne des insomnies depuis le début de l’année.

La Côte d’Ivoire, à qui on a déroulé le tapis rouge,  aura  vraiment été l’invité d’honneur de cette manifestation  culturelle. « Village akwaba » sous une tente climatisée à la Place de la nation ; statue de Fadika Kramo Lanciné qui vient s’ajouter à celles d’autres illustres  cinéastes au Panthéon à ciel ouvert de l’avenue Mgr Thévénoud… Et, cerise sur le gâteau, ou si vous préférez machoiron sur l’abodjama (1) ivoirien, La princesse Yennenga qui reprend le chemin de La lagune Ebrié après « Djéli » de Kramo Lanciné (1981) et « Au nom du Christ » de Roger Gnoan Mbala en 1993.

Et tout de suite les procès en suspicion plus ou moins légitime. Sans doute les membres du jury n’ont porté leur choix, souvent difficile il faut le reconnaître, que sur la base de critères purement techniques (scénario, jeu des acteurs, décor, son, image,  musique, montage, costumes, etc.) mais comment convaincre l’opinion et toute la communauté du 7e Art africain qu’ils étaient désincarnés et que leur décision ne transpire pas la politique comme les festivals savent si bien le faire.

Après les versions judiciaire et diplomatique, déclinaison culturelle du rapprochement entre les deux pays après l’orage de ces dernières années ? Il est vrai que les distinctions, qu’elles soient  artistiques ou autres  sont parfois éminemment politiques mais de là à penser qu’on a pu souffler le nom ou la nationalité du lauréat aux jurés serait mauvaise querelle.

Que les autres compétiteurs se rassurent en effet, il ne s’agit, on l’aura bien compris, que d’un film de fiction, les effets spéciaux en moins. Mais n’arrive-t-il pas que la fiction dépasse la réalité ? C’est donc du domaine du possible puisque chacune des 20 œuvres en compétition  est  susceptible de remporter la récompense suprême de la biennale. Et Dieu seul sait si parmi elles, il  en est qui sont de sérieux prétendants, à l’image de « Félicité », cette coproduction sénégalo-belgo-franco-germano-libanaise du Sénégalais Alain Formose Gomis, arrivé à Ouagadougou auréolé du Grand prix du jury de la récente Berlinale ; même si cela ne suffit pas pour enfourcher  l’Etalon qui sait se faire désirer.

Allez, retour sur terre ou plutôt en salle ! Avec les problèmes, bien réels ceux-là, d’un Festival qui, avec ses sempiternelles difficultés organisationnelles, donnent invariablement l’impression de toujours tâtonner presqu’un demi-siècle après ses débuts en 1969. Mais c’est peut-être cela aussi la touche, disons, exotique de l’affaire qui ne serait pas le FESPACO sans cette dose de cafouillage et d’improvisation à hérisser le poil de plus d’un festivalier.

S’il est néanmoins un domaine où l’à-peu-près et le désordre n’ont pas droit de citer c’est, à n’en pas douter, la sécurité. Autres temps, autres mœurs, finie en effet l’époque où on allait et venait sur les sites de la manifestation comme dans un moulin et quand la police et la gendarmerie étaient là, c’était juste  par acquis de conscience.

Depuis, les barbus qui frappaient avec insistance à nos portes, ont fini par entrer par effraction dans la maison Burkina, semant la mort et la désolation. Tant et si bien que dorénavant, la moindre activité socioculturelle ou politique est frappée du sceau sécuritaire.

 Et le FESPACO ne sera vraiment réussi que si, dans une semaine, on peut dire que ce défi sécuritaire a été relevé. Mais on ne va tout de même  pas arrêter de vivre, notamment d’aller au cinéma parce que des suppôts du diable sous prétexte de  défendre Allah et son Prophète veulent nous endoctriner.

 

La Rédaction

 

  • Variété d’atiéké de qualité supérieure

 

(2) La Côte d’Ivoire est présente dans la section longs métrages avec deux œuvres : « L’interprête » d’Olivier Méliche Koné et  « Innocent malgré tout » de Kouamé Jean -de-Dieu Konan et Kouamé Mathurin Samuel Codjovi

Dernière modification lelundi, 27 février 2017 23:58

Commentaires   

0 #2 Kanzim 27-02-2017 15:05
Voilà mon scénario à moi : tout le monde retient son souffle. Le président du jury, le Marocain Nour-Eddine Saïl tonne : « …Et l’Etalon d’or du FESPACO 2017 revient…. à la burkinabè Apolline TRAORE !!! ». Le Président ADO se tourne alors vers son homologue burkinabè et lui dit ; « vraiment Rock, félicitations. Le Burkina vient de montrer une fois de plus qu’il donne de l’importance à la Femme. Tu sais petit frère : vous avez déjà au Burkina, une loi sur le quota genre aux élections. Moi depuis dix jours les femmes m’empêchent de dormir à cause de ça. Les bramoussos veulent s’enjailler dans la politique. Comme chez toi. Voilà que dans le cinéma aussi vos femmes s’affirment. Je vais t’envoyer Henriette Diabaté pour un stage… ». Ceci dit et en vérité, mon cœur balance. Parce que mon rêve a toujours tété de connaître la Côte d’Ivoire, autrement que par les grand hôtels et les séminaires souvent ennuyeux, et même les salles d’attente à l’aéroport d’Abidjan où je passais souvent 3 jours, pour attendre la correspondance de mon vol devant le conduire dans un autre beau pays où j’étais étudiant. Ma bourse e me suffisait pas pour aller dormir à l’hôtel, mais l’occasion était belle pour faire parler les ivoiriens surtout les policières qui s’amusaient de ma curiosité mais m’accordaient un peu de temps et me parlaient don sur des crabes géants, des escargots, des campements à où semble-t-il on je pourrais vivre à la Robinson Crusoé. Et le village Akwaba du FESPACO est un bonheur pour mois. Les mets, pakaplis ( ???) et autres pattes de gorilles, j’en mangerai et en ferai des réserves. Et le plus grand bonheur, c’est l’arrivée d’ADO, qui aura l’occasion de voir nos artistes. Même si ADO lui-même je ne le verrai qu’à la télé. Pour l’Etalon, c’est vrai que l’affaire du square Yennenga détourné et révélé par M Toégui m’énerve au point que je souhaite souvent qu’on sauve au moins l’Etalon d’or du FRESPACO en l’envoyant par exemple en Côte d’ivoire, pour la mettre à l’abri. Mais j’aime beaucoup Madame Apolline TRAORE, pour ce qu’elle est une femme battante dans la jungle du cinéma. Un bel exemple de rigueur et de travail soigné, pour la jeunesse burkinabè. Je ne l’ai jamais vue qu’à travers la télé, mais je lis sa personnalité à travers le sérieux et le professionnalis me de ses films. J’aime le ministre de la Culture M Tahirou BARRY pour la réussite du FESPACO et son sprint de jeune dans le stade, avec son SG président du comité d’organisation et mon contemporain au célèbre INAFEC. J’ai aimé le travail de la Sécurité. Mais quand même, j’aime la Cote d’ivoire, la Côte d’ivoire des Savanes, de la Forêt, des rivières, de l’Océan avec sa faune et sa flore merveilleuses, et ses habitants merveilleux et formidables.
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0 #1 FESPACO 27-02-2017 09:00
Félicitation au ministre d’Etat, ministre de la sécurité, Simon Compaoré pour le bon dispositif de sécurité du FESPACO. C’est un travail formidable de sécurité qui a été accompli par les forces de sécurité (police, gendarmerie) lors de la cérémonie d’ouverture de la 25è édition du FESPACO le samedi 25 février 2017 au stade municipal de Ouagadougou. Les services de sécurité menaient minutieusement leur travail de contrôle et de fouille avec courtoisie et les citoyens qui savaient que c’était pour leur sécurité collaboraient pacifiquement avec les agents de sécurité. Autre fait remarquable, un bon esprit de solidarité était visible entre forces de sécurité (police municipale, police nationale, gendarmerie) qui, tous grades confondus se saluaient avec respect. Le ministre de la sécurité est à saluer pour ses efforts de renforcement de la cohésion au sein des forces de sécurité dont l’unité a été mise à rude épreuve lors des mutineries de 2011. La proximité dont le ministre a fait preuve auprès des forces de sécurité lors des fêtes de fin d’année 2016 est un fait entre autres qui booste le moral de la troupe pour mener à bien les missions de sécurisation. Bravo et bonne continuation pour l’intérêt de tous.
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