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Double attaque à Tongomayel et Baraboulé :Quand allons-nous « terroriser les terroristes » ?

Deuxième attaque du genre en 2017 qui vient à peine de commencer. Mais combien d’autres  depuis la sanglante nuit  du 15 janvier 2016 au cours de laquelle un commando de six terroristes a fait le feu au restaurant « Cappuccino » et à « Splendid Hotel », tuant froidement une trentaine de personnes avant d’être abattu ? Une dizaine ? Une quinzaine ? Voire une vingtaine ?  

 

Quand on commence à compter les drames, c’est que ça commence à être intenable.  

Et le Burkina Faso n’est pas le seul Etat en proie aux assauts répétés des djihadistes. De petits comme de grands pays y payent un lourd tribut.

Mais à la différence d’autres nations confrontées au péril sécuritaire, la nôtre semble avoir mal à sa sécurité. Et les Burkinabè commencent à désespérer de la capacité, si ce n’est de la volonté politique, de leurs dirigeants de faire face à la menace terroriste.

Cette crise de confiance entre les citoyens et les gouvernants, le président du Faso en a pris la mesure, lui qui a procédé au lendemain du carnage de Nassoumbou (Soum), où 12 militaires ont été tués par des hommes armés, à un changement à la tête de l’état-major général des armées.

Plus tard, pour des raisons évidentes d’efficacité, l’hôte de Kosyam a procédé à la séparation du ministère de la Sécurité de celui de l’Administration du territoire et a rétrocédé son maroquin de la Défense à un titulaire à temps plein à l’occasion du dernier remaniement ministériel.  

Autant de mesures qui ont rencontré l’approbation de l’opinion publique nationale.

Mais c’est au moment où les Burkinabè attendaient les effets escomptés de toutes ces décisions que l’affreuse pieuvre a choisi de se rappeler à notre… mauvais souvenir.

En effet, dans la nuit du lundi 27 février 2017, les  commissariats de police de Tongomayel et Baraboulé, encore dans la province du Soum, ont été la cible d’une double attaque revendiquée par  Ansarul islam, katiba du prédicateur djihadiste burkinabè, Malam Ibrahim Dicko (lire page 4).  

Autant dire une eau de bienvenue provocatrice au nouveau ministre de la Défense, Jean-Claude Bouda, qui, lors de son installation, a bien compris sa fonction puisqu’il a paraphrasé Charles Pasqua, célèbre ministre français de l’Intérieur, qui avait déclaré en 1986 : « Nous allons terroriser les terroristes. »

A l’allure où vont les choses malgré la valse des bérets, les réajustements opérés au sein du gouvernement et les déclarations séduisantes, on est enclin à demander au ministre de la Défense : « Quand allons-nous effectivement terroriser les terroristes ?»   

La question mérite d’être posée quand on sait qu’au cours de toutes ces attaques, dont la plupart ont eu lieu dans la seule province du Soum, le mode opératoire est dramatiquement le même : des individus non identifiés  qui marchent sur des positions de nos forces de défense et de sécurité, massacrent, brûlent des corps, incendient des bâtiments,  emportent du matériel avant de disparaître. Tout comme la riposte désespérément la même : déclarations fracassantes, envoi de renforts, et vains ratissages.

Jusqu’à quand va-t-on vivre ce détestable scénario ?

Il est plus que temps de changer le fusil d’épaule avant que le syndrome azawadien ne s’empare définitivement  du Sahel burkinabè.

Pour cela, bien plus que des mots, il faut prendre la pieuvre par les tentacules en repensant notre système de sécurité dont certaines défaillances interrogent le Burkina tout entier, comme l’a relevé notre confrère « Courrier confidentiel ».

En effet, dans sa livraison n° 125 du 10 février dernier, le « bimensuel indépendant » a publié des confidences d’un soldat en mission de sécurisation dans le nord du pays. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que ce qu’il a révélé fait froid dans le dos.  

A la question de savoir si après l’attaque de Nassoumbou il y a eu de nouvelles mesures, voici la réponse du militaire : « Non. Pratiquement rien de spécial. On a juste mis en place des obstacles autour des casernes et c’est une initiative des éléments eux-mêmes. »

Et ce n’est pas tout. Lisez ce qu’il a dit au sujet du matériel : « Du côté armement, il y a beaucoup d’efforts à faire… Avec la présence de policiers, c’est encore plus compliqué. Ils relèvent d’un corps paramilitaire ; il y a donc des types d’armes qu’ils ne savent pas manipuler et c’est même sur le terrain qu’ils apprennent à tirer certaines armes et à conduire certains engins militaires. »

Pourquoi la présence de policiers aux côtés des militaires ? Réponse : « Nous avons posé la question au chef d’état-major général des armées, le général Oumarou Sadou lorsqu’il était en tournée dans la région. Il a dit ne pas être au courant de la présence de policiers sur le terrain. Il avait promis de s’en référer au directeur général de la police pour mieux comprendre. »

Et que dire des problèmes de primes que le militaire  a soulevés ?

N’en jetez plus !

Avec toutes ces défaillances, c’est plutôt le groupement antiterroriste qui finira par être terrorisé.

Alain Saint Robespierre

 

 

 

 

       

 

Dernière modification lelundi, 06 mars 2017 09:37

Commentaires   

0 #4 Kanzim 01-03-2017 15:26
« Quand allons-nous terroriser les terroristes demandez-vous » M Alain Saint Robespierre ? Ce le sera quand on aura remis ma forge aux forgerons, la seringue à l’infirmier, let les ministères impliqués dans les questions de défense et de sécurité à des ministres moins bavards et démontrant d’un background qui sied aux fonctions, non seulement du point de vue intellectuel mais aussi comportemental, social. Si être un ministre cesse d’être un sacerdoce au service du peule et une action concertée au sein d’une équipe technique et non politique, ce ministre n’est pas seulement que contre performant : il pourrait générer des facteurs aggravants de ce qu’il a été appelé pour combattre. Un parent à plaisanterie et chef d’un petit village quelque part a Burkina, et bien que de tradition arboricole par utilisation du baobab comme refuge, m’a dit quelque chose de très frappant. Je lui ai raconté en m’en vantant, que la traduction de mon nom renvoyait à un étalon, et au brave guerrier chargé de défendre le royaume, en tant que propriétaire des armes du roi, et chef des armées du roi. Donc c’est moi qui portais non seulement le roi, mais également le royaume. Le chef de village de mes parents à plaisanterie m’a dit que c’était vrai. Il m’a donné raison pour une fois. Mais en me demandant de retenir que quelle que soit la beauté du caparaçon du et des autres accoutrements du cheval, et quelle que soit la puissance du roi qu’il porte, il y a une chose qu’il n’arrive pas à cacher : ses attributs. Il faut qu’au sein de ceux qu’on l’on appelle autorités, il y ait la tempérance, l’humilité sur ses propres forces, afin d’avoir la clairvoyance nécessaire à la bienséance qui commande qu’on démissionne, de là où on n’a pas besoin de lunettes pour voir qu’on ne sert pas beaucoup. Etre ministre de la défense parc qu’on est membre d’u parti politique et proche du chef, ne veut pas dire qu’one est un bon ministre là où des déterminants politiques et interpersonnels vous an conduit, au lieu de vos valeurs personnelle. Comme on l’entendait dire sous la Révolution, « dans ce pays-là on se sait ». Alors pour paraphraser la comédienne Amélie Wabéyi dans un feuilleton de Kady jolie qui reprend le cousin artiste ivoirien chantant « fatiguez-moi ça », moi je dirai « balayez moi-ça. C’est ça qui pourrait nous faire « terroriser les terroristes ».
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0 #3 Hector 01-03-2017 13:04
Il y a visiblement des gens qui ont des agendas cachés dans des actes de troubles à la paix sociale .Comme le disait le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré à l’occasion du bilan d’un an de son pouvoir, il n’y a pas que des ennemis extérieurs contre le régime en place mais aussi à l’intérieur du pays. Il en veut pour preuve l’aveu de certains terroristes d’origine burkinabè qui, après avoir été appréhendés disaient qu’ils n’avaient pas de regret et que si l’occasion leur était donnée, ils récidiveront. Il faut rappeler qu’un Burkinabè du patronyme Sawadogo avait été arrêté parmi des terroristes au Mali. De nos jours, c’est un Dicko qui sème la terreur dans le Soum. Le commandement des forces de défense et de sécurité n’est pas l’apanage des militaires exclusivement. Des civils de par le monde ont pleinement assumé ces fonctions. Je persiste dans ce commentaire pour que le grand public comprenne le fond de ces intrigues politiciennes. Beaucoup de citoyens commencent à comprendre en voyant de plus en plus que des terroristes du Nord sont des Burkinabè. Qui les manipule et à quelle fin ? Vigilance et discernement.
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0 #2 LoiseauDeMinerve 01-03-2017 10:47
Triste ! "Jouer connaît son ballon, ballon connaît son jouer". Ici c'est plus une affaire de terrain que de slogan politique. Notre réveil risque d'être fatal si on continue de dormir ou de caresser le diable ou Satan.
"Ubi pus I bio incisio" pour dire que là où il y a du pus il faut inciser". Malheureusement on perd du temps à valuer la part prépondérante de certains "ismes" sur l'apparition et le développement de ce cancer, cette pieuvre. Attendons alors qu'elle nous enlace pour nous vider de notre sang dont elle en raffole par nature.
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0 #1 partarde 01-03-2017 10:18
la presse est accusée de cultiver la peur au sein de la population ou de servir d'informateur à l'adversaire par la diffusion de certaines informations - pour moi les informations concernant le manque l’équipement ou de qualification pour le maniement des armes sont éléments d'informations favorables aux attaques terroristes .
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