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Commentons l’événement : S’ils s’en prennent maintenant à la craie…

Une délégation gouvernementale qui quitte Ouagadougou pour Djibo ! Une fois de plus.

Hélas, ce n’est pas pour vendre le PNDES ni pour procéder au lancement d’un quelconque programme de développement. Mais une fois de plus pour présenter «les sincères condoléances du gouvernement aux familles éplorées», «condamner l’acte de barbarie dont l’objectif est de saper le moral de nos vaillantes populations», et «réitérer son engagement à lutter contre l’insécurité sous toutes ses formes».

 

Que c’est touchant !

A la tête de ces missi dominici, le toujours ministre de la Sécurité, Simon Compaoré, accompagné du tout nouveau ministre de la Défense, Jean-Claude Bouda, de celui de l’Administration territoriale, Siméon Sawadogo, et bien sûr du ministre éploré, Jean-Martin Coulibaly, en charge de l’Education nationale.

C’est que cette semaine écoulée a été une fois de plus sanglante pour la province martyrisée du Soum. Une fois de plus.

En effet, vendredi dernier, dans le village de Kourfayel, deux personnes, dont le directeur de l’école, Badini Salif, ont été prises pour cibles par des «individus armés non identifiés». Une fois de plus.

L’enseignant, qui laisse derrière lui une femme presque à terme, a été inhumé dans la soirée devant certains collègues partagés entre stupéfaction et interrogation.

Il y a à peine trois mois, le même Simon Compaoré, après l’attaque du détachement militaire de Nassoumbou (12 militaires tués), avait promis des mesures à même de «diminuer de manière drastique ces attaques répétées contre notre frontière» et d’enrayer ce cancer qui commence à ronger le Sahel burkinabè, voire tout le pays.

On ne sait pas si les engagements du patron de la Sécurité ont été suivis d’effet, mais le constat est là, affligeant : Ibrahim Malam Dicko (1), prédicateur extrémiste, fondateur du groupe Ansarul islam, continue de se tailler, cadavre après cadavre, un sanctuaire dans cette partie du Burkina Faso.

Car, c’est bien de cela qu’il s’agit, ce syndrome azawadien dont nous parlions dans notre édition du 13 février dernier.

Tout se déroule comme si les djihadistes déroulaient une stratégie macabre qui a d’abord commencé par des attaques contre des commissariats de police et des postes de douane, avant de s’en prendre à des brigades de gendarmerie et à un détachement militaire.

Puis ce sera le tour de conseillers municipaux dont certains ont été traqués avant d’être abattus.

En plus des corps militaires et paramilitaires, la pieuvre va étendre ses tentacules à des cibles civiles. Et c’est sur la corporation des enseignants qu’elle a posé son sinistre regard.

D’abord en les sommant de délaisser l’enseignement classique au profit de l’éducation religieuse à laquelle l’islam est étranger.

Ensuite en procédant à des attaques ciblées d’instituteurs devant leurs élèves.

Un choix qui ne doit rien au hasard et illustre à souhait la détermination d’Ibrahim Malam Dicko de réaliser son noir dessein de faire de cette zone un califat sahélien.

En s’attaquant aux enseignants, il s’attaque au pilier de la République : l’école. L’école qui inculque des idéaux communs. L’école qui transmet et forge le sentiment d’appartenance à une même nation. L’école qui forme les enfants à la liberté, la tolérance et l’indépendance. Et surtout l’école qui repousse les frontières de l’ignorance et de l’obscurantisme.  

L’ignorance et l’obscurantisme, ces ennemis des Lumières et du progrès, sont les deux mamelles qui nourrissent le fondamentalisme religieux.

Et depuis l’assassinat ciblé du pauvre enseignant, on assiste au départ massif des instituteurs de la province du Soum et il faut craindre que cet exode éducatif ne gagne d’autres localités voisines comme le Lorum.

Quitte à prendre le risque de se faire couvrir de l’opprobre dû aux Cassandre, n’ayons pas peur des mots : à l’allure où vont les choses, c’est le délitement de l’Etat qui est en train de s’installer.

Certes, il n’est pas possible de poster un militaire ou un policier derrière chaque fonctionnaire, certes, il est impossible de jalonner de militaires les 1000 kilomètres de frontière avec le Mali.

Mais moins que les terroristes, c’est cette espèce d’incapacité de nos forces de défense et de sécurité, condamnées à faire dans la réaction, qui terrifie.

Vous souvenez-vous avoir entendu qu’un de ces fous d’Allah a été abattu à l’exception des trois kamikazes des attaques du Cappuccino et de Splendid Hotel dont le but était de tuer au maximum afin de se faire entendre ?

Dieu merci, le «général» Jean-Claude Bouda est de la mission de ce lundi, lui qui plastronnait dès sa prise de fonction, se grimant en Charles Pasqua : «Nous allons terroriser les terroristes». Ça rime, mais la rime n’est pas à-propos. Casser du djihadiste n’est pas une affaire de formules chocs comme les affectionnent certains de nos dirigeants.

Si l’Etat existe encore dans le Sahel burkinabè, on continue de le chercher en plein jour.

Normal donc que le sentiment d’abandon soit aujourd’hui la chose la mieux partagée au sein des populations locales. Avec tout ce que cela comporte comme risque. Risque qu’elles finissent, par fatalisme, par tendre une oreille attentive aux prêches djihadistes.

Comme on le sait, la nature a horreur du vide. Si les hommes d’Ibrahim Malam Dicko parviennent à faire décamper les bras séculiers de l’Etat, c’est pour mieux les remplacer et imposer leur funeste projet : la proscription tous azimuts de tout ce qui relève à leurs yeux de l’impiété comme les lieux de loisirs, les droits de l’homme, particulièrement de la femme, et toute forme de liberté.

La conscience de ce péril à nos portes est-elle la chose la mieux partagée dans notre pays ?

 

La Rédaction  

 

 (1) Il avait été arrêté en 2013 à Tessalit (Nord Mali) par l’Opération Serval et remis aux autorités de Bamako, avant d’être libéré en 2015 ;

 

Dernière modification lelundi, 06 mars 2017 23:19

Commentaires   

0 #6 VIGILANCE 06-03-2017 15:40
Peuple du Burkina Faso. Pourquoi est tu si lent à comprendre certaines réalités politiques par un discernement lucide ? Alors, retiens ce message. Le Président du Faso Roch Marc Christian Kaboré en parlant des attaques terroristes avait fait savoir que le pays n’est pas seulement confronté à l’adversité venant de l’étranger mais aussi à celle de l’intérieur. Il sait de quoi il parle si l’on constate que certains Burkinabè s’engagent sur le terrain du terrorisme sous-couvert d’un djihadisme mal assimilé. Avant le remaniement ministériel du 20 février 2017,il existait un groupe de lobby politique qui agitait la quiétude nationale avec de fallacieux prétextes qu’il fallait des militaires aux ministères de la défense et à celui de la sécurité ,comme si cela était la solution miracle contre l’insécurité. En réalité, ceux qui véhiculaient ces idées, cherchent à combattre le président Kaboré et le ministre Simon Compaoré de la sécurité. Ils ont réussi à force de chantages et d’agitations médiatiques hostiles, leur mode opératoire habituel de subversion, à faire céder le porte –feuille de la défense par le Président du Faso. A présent, c’est le ministre de la sécurité qui reste la cible de leur adversité clanique. Pour ce faire, comme d’habitude, ils ne ménageront aucune intrigue pour provoquer des incendies de marchés, opposer les braves Koglwéogo à des citoyens, activer même des réseaux terroristes pour chercher à se justifier en disant que les autorités en charge de la sécurité ont échoué. Le ministre d’Etat Simon Compaoré qui a des atouts sécuritaires pour avoir organisé et dirigé plus de 15 ans la police municipale, demeure un élément capital pour la défense de la stabilité du pouvoir du président Kaboré. Si ce monsieur venait à quitter le ministère de la sécurité, ce serait un boulevard de l’instabilité qui serait ouvert contre le régime Kaboré. Une seconde instabilité prolongera le Burkina dans une crise économique sans précédent avec le risque de l’instauration d’une dictature féroce. Alors, que les populations sachent faire preuve de vigilance et de discernement. Des gens cherchent à tout prix à être présidents de ce pays même s’il faut marcher sur des cadavres en créant des troubles de toutes sortes. Les populations ont intérêt donc à collaborer avec les forces de défense et de sécurité en signalant toute situation de probable insécurité par des appels aux : 17(Police) ,16(gendarmerie ) ,10 10(veille sécurité).
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0 #5 Sacksida 06-03-2017 11:17
« Le gouvernement présente ses sincères condoléances aux familles éplorées. Il condamne cet acte barbare dont l’objectif est de saper le moral de nos vaillantes populations etc. » Oui d’accord pour cette solidarité verbale. Mais quand est ce que des mesures exceptionnelles , vigoureuses et adéquates seront-elles mises concrètement sur le terrain afin de faire face aux assauts répétés des « terroristes, des criminels et autres grands bandits» de tout acabit et tranquilliser nos braves populations dans le nord ou ailleurs ? Il faut regarder la réalité en face et oser prendre des décisions courageuses, si l’on veut vraiment se donner des chances dans cette lutte implacable contre le terrorisme. Nous proposons ci-après :
- Rappeler et évaluer les capacités physiques et opérationnelles de nos 600 militaires radiés ;
- Rappeler et évaluer les capacités physiques et opérationnelles de nos 100 policiers radiés ;
Alors, on pourrait donc les recycler tous (700 hommes supplémentaires ) en un mois et les envoyer dans les dispositifs sécuritaires sur le terrain dans le nord. De plus, pour doper le moral des troupes, il faudrait doubler les indemnités journalières actuelles (1.000 FCFA) de tous les combattants dans cette zone. Si les moyens financiers font défaut, il faut avoir le courage de prendre des décisions hardies comme : la « diminution d’au moins 30% des émoluments » de tous les dirigeants, ministres, députés et présidents d’institution et autres personnalités afin de les affectés à la lutte contre le terrorisme et le grand banditisme. C’est possible. C’est une question de volonté, d’engagements patriotiques et de survie de nos populations à la base et même de l’Etat Burkinabé. Naan Laara An Saara ! Courage et Salut !
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0 #4 Sidzabda 06-03-2017 10:04
je suis sans voix face à la barbarie perpétrée mais surtout face à l'incapacité des gens qui nous gouvernent de mettre fin à cette tragédie. mais je demande plus aux anciens dignitaires de demander à leurs commandos de la mort d'arrêter de nous créer l'enfer sur terre. ce n'est pas en agissant ainsi que nous allons les regretter. pourquoi durant les 27 ans aucune attaque n'a été enregistrée et sitôt chassé du pouvoir c'est devenu comme on dit en milieu enseignants des attaques en guise de rattrapage. j'ai fini par me convaincre que la main des anciens déchus du régime y est pour quelque chose.
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0 #3 Mamon Yélé 06-03-2017 10:03
Que va faire une délégation du Gouvernement dans ce village?
Ailleurs; quand un tel drame se produit dans une école on y envoie rapidement en pompiers des secouristes, des médecins et des psychiatres pour la prise en charge des enfants chiqués par la violence et le terreur devant les crimes commis. Cette prise en charge devrait ragaillardir les enseignements de tous le pays car ils ne se sentirons pas laisser à leur sort en cas de problème. Vous ne faites rien ni avant ni après le passage des incidents
Etes vous parmi les compétences requises citées? Qu'y allez vous faire? découvrir la zone et manifester votre présence juste pour dire qu'elle reste une partis du Burkina.
Il faut trouver meilleur façon de manifester notre souveraineté et la protection de la nation sur ces habitants
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0 #2 Hector 06-03-2017 08:45
Il y a visiblement des gens qui ont des agendas cachés dans des actes de troubles à la paix sociale .Comme le disait le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré à l’occasion du bilan d’un an de son pouvoir, il n’y a pas que des ennemis extérieurs contre le régime en place mais aussi à l’intérieur du pays. Il en veut pour preuve l’aveu de certains terroristes d’origine burkinabè qui, après avoir été appréhendés disaient qu’ils n’avaient pas de regret et que si l’occasion leur était donnée, ils récidiveront. Il faut rappeler qu’un Burkinabè du patronyme Sawadogo avait été arrêté parmi des terroristes au Mali. De nos jours, c’est un Dicko qui sème la terreur dans le Soum. Le commandement des forces de défense et de sécurité n’est pas l’apanage des militaires exclusivement. Des civils de par le monde ont pleinement assumé ces fonctions. Je persiste dans ce commentaire pour que le grand public comprenne le fond de ces intrigues politiciennes. Beaucoup de citoyens commencent à comprendre en voyant de plus en plus que des terroristes du Nord sont des Burkinabè. Qui les manipule et à quelle fin ? Vigilance et discernement.
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+1 #1 Kanzim 05-03-2017 23:39
Si on peut comprendre le gouvernement dans ses difficultés à faire face à une guerre asymétrique, il est difficile par contre de le comprendre dans son discours et ses attitudes qui frisent tantôt le zèle du néophyte, tantôt l’angélisme du tourtereau. Par exemple, faire dans la provocation en se lançant dans le verbiage martial ne peut rien apporter aux ministres chargés respectivement de la sécurité et de la défense, sauf la colère du peuple qui a toujours entendu persifler que « bientôt on verra de nouvelles mesures, que l’on on verra les choses changer ». Puis la sentence enfantine portant sur la terreur promise aux terroristes vient déborder le vase, en ce que toute cette diarrhée de menaces ne peut être perçue par les populations que comme une provocation aux terroristes, dont les réactions violentes ne frappent pas les gouvernants qui eux, sont protégés dans leurs bunkers à Ouagadougou. Honnêtement, ça c’est quel gouvernement qui ne sait pas comment s’adresser à son peuple ? Jusqu’au Ministre de la Communication qui au nom du gouvernement, en assure le soutien non pas aux citoyens de la zone terrorisée, mais « aux travailleurs ». S’imagine-t-il seulement le potentiel désintégrateur d’une telle méprise, de la cohésion entre les populations et les travailleurs ? Et comme pour bien faire, un journaliste de sa télé privée aimant chroniquer mais selon la « voix de son maître », s’indigne du fait que ce ne sont pas des militaires qui r remplacent à leurs postes les enseignants et les infirmiers, pour donner la réplique aux terroristes en cas d’attaque. Dommage, de ne pas savoir que si cela se faisait, les élèves et les patients seront des cibles faciles dont se délecteraient les terroristes. La presse devrait faite attention à ne pas trop parler, comme la télé qui a montré des colonnes de camions militaires quitter le camp Lamizana pour le Sahel, comme acte fort du tout nouveau Chef d’Etat-major Général des Armées. De même, les politiciens devraient arrêter de se mêler de tout. A défaut de les voir travailler avec efficacité, on pourrait demander à certains ministres de se contenter de boire le lait, et non compter les vaches. A cet effet, ce ne sont surtout pas les quatre ministres annoncés qui devraient se rendre dans le Soum. Deux d’entre eux, ceux en charge de l’éducation et de la sécurité ont quasiment fini me semble-t-il, d’y jouer leur rôle historique.
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