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Procès Hissène Habré : Epilogue d’un marathon judiciaire

Au moins on lui aura épargné l’accusation infâme de viol. Pour le reste, les Chambres africaines extraordinaires (CAE) qui avaient jugé l’ex-président tchadien Hissène Habré ont confirmé en appel, sa la peine prononcée en première instance.

 

En mai 2016, cette juridiction montée de toutes pièces en vertu d’un accord entre l’Union africaine et le Sénégal pour juger l’ancien président tchadien l’avait en effet condamné à la prison à perpétuité pour « crimes de guerre », « crimes contre l’humanité » et « crimes de torture » commis durant les 8 ans pendant lesquels il a présidé aux destinées des Tchadiens. Pour leur plus grand malheur.

De sa prise de pouvoir en 1982 en 1990, la répression de son régime qui avec sa fameuse DDS dans le rôle de machine à tuer a fait 40 000 morts et d’innombrables disparus. En réparation de ses crimes, il devra payer 82 milliards 290 millions de francs CFA de dommages aux victimes et à leurs ayant-droit.

Rideau donc sur deux décennies de procédure, soulagement pour les parties civiles qui ont engagé depuis des lustres un véritable marathon pour que justice soit faite. Il faut dire que nombreux sont ceux qui doutaient de voir un jour ce bourreau répondre de ses actes.

Mais c’était sans compter avec la ténacité de quelques-uns parmi lesquels Clément Abaïfouta, président de l’Association des victimes des crimes du régime de Hissène Habré (AVCRHH) et d’autres ONG à travers le monde parmi lesquelles Human rights watch et Amnesty international.

Ce dénouement judiciaire est aussi leur victoire car ce procès est le premier au monde dans lequel un ancien chef d’Etat est traduit devant une juridiction d’un autre pays pour violations présumées des droits humains. Mais que d’obstacles il aura fallu franchir pour en arriver là !

Avec ce verdict, la preuve est faite que l’Afrique peut exorciser ses propres démons en trainant à la barre ceux de ses fils indignes qui se sont révélé être les bourreaux de leurs propres compatriotes.

Un signal important au moment où sur le Continent, certains pays menacent de quitter la CPI dont ils critiquent le tropisme africain trop prononcé et qui souhaiteraient que nous puissions juger nous-mêmes nos propres tyrans sur le sol africain.

Mais encore faut-il qu’il y ait une véritable volonté politique sans laquelle ce dernier jugement n’aurait pas été une réalité.

C’est aussi un signal fort envoyé à tous les satrapes d’ici et d’ailleurs, qui pensent avoir droit de vie et de mort sur leurs concitoyens. Cela dit, il ne faut pas s’emballe outre mesure, car pour un Hissène Habré alpagué, combien de despotes et autres seigneurs de guerre n’ont jamais été inquiétés…

H. Marie Ouédraogo

Dernière modification lelundi, 01 mai 2017 19:49

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