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Santé de Muhamadu Buhari : Le Nigeria malade de son président

Ce mercredi, le fauteuil est encore resté désespérément vide. C’était déjà le cas les deux mercredis précédents dans la salle du conseil des ministres où le président nigérian brillait par son absence. Une situation qui ravive de plus belle les folles rumeurs sur la santé déclinante de Muhamadu Buhari. Un sujet hautement sensible dans ce pays de 168 millions d’habitants, comme du reste c’est souvent le cas dans la plupart de nos pays.

 

C’est l’omerta la plus totale. Presqu’aucune information ne filtre si ce ne sont les quelques bribes officielles émanant soit du staff présidentiel et qui toutes assurent que le chef se porte comme un charme, soit de la première dame qui veut faire croire que le valétudinaire président gouverne bel et bien… depuis ses appartements privés. Et pourquoi pas depuis son bureau, si son état de santé le lui permettait vraiment ?

L’actuel locataire d’Azo Rock, on le sait, avait effectué un séjour médical de deux mois en Angleterre d’où il était rentré début mars pour poursuivre sa convalescence au pays. Mais à 74 ans, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’a pas une santé de fer. L’illustre malade n’avait-il pas lui-même déclaré à son retour au bercail qu’il n’avait jamais été aussi malade de sa vie…

Il faut croire qu’à défaut d’être très grave, le mal dont il souffre est sérieux. Alors, se pose de plus en plus le problème de son remplacement jusqu’à la prochaine présidentielle prévue pour février 2019, par son vice-président Yemi Osinbajo. De fait, c’est lui qui depuis de longs mois tient les rênes du pouvoir sans que les absences répétées du grand patron déteignent sur la conduite des affaires de l’Etat fédéral.

On comprend dès lors, qu’en début de semaine une quinzaine d’intellectuels nigérians aient signé une lettre ouverte au chef de l’Etat, lui conseillant tout bonnement de suivre les recommandations de ses médecins en se reposant intégralement en prenant un congé médical immédiat. Au nombre de ces amis qui lui veulent du bien figurent l’avocat et militant des droits de l’homme, Femi Falana, ou le politologue Jibrin Ibrahim. L’appel a été lancé, mais jusque-là le patient et ses proches restent sourds à ces sollicitations.

Ironie du sort et de l’histoire, alors qu’il était dans l’opposition, Muhamadu Buhari était de ceux qui avaient demandé la destitution pure et simple d’Umaru Yar’ Adua dont la maladie était restée longtemps secrète. Lui aussi fut hospitalisé de longs mois à l’étranger avant de succomber le 5 mai 2010 laissant son parti et son pays profondément divisés quant à sa succession. Mais là s’arrête la comparaison, à Dieu ne plaise. Mais si le pire devait advenir, le géant nigérian serait mieux préparé qu’il ne l’était en 2010.

Il faut tout de même reconnaître que le problème auquel doit faire face le Nigeria est loin d’être un cas isolé en Afrique où la frontière entre la vie privée dont relève la santé de nos dirigeants et la sphère publique reste des plus ténues. Allez donc savoir où finit l’une et où commence l’autre, tant elles sont entremêlées.

 

H. Marie Ouédraogo

Dernière modification lelundi, 08 mai 2017 21:13

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