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Attaque Nassoumbou : Et pourtant il y a eu des alertes

Cher Wambi,

Actualité oblige, la présente missive que tu liras va essentiellement porter sur ce coup dur qui nous a été porté à la frontière avec le Mali.

Comme tu l’imagines, tout le Burkina est encore sous le choc suite à l’attaque terroriste contre un détachement de l’armée burkinabè basé à Nassoumbou ; une opération qui, même si elle n’a pas encore été officiellement revendiquée, porte sans aucun doute la signature de cette sinistre engeance islamiste que l’on ne présente plus. Avec douze militaires tués, dont certains corps ont été volontairement brûlés, des blessés, des logements incendiés et du matériel emporté par les assaillants, l’action, forcément djihadiste de vendredi dernier, constitue la pire attaque jamais enregistrée contre nos soldats.

 

Comme il fallait s’y attendre, cher cousin, cette énième offensive contre nos Forces de défense et de sécurité (FDS) a suscité de nombreuses réactions de condamnation et de condoléances aussi bien des partis politiques que des organisations de la société civile. Parmi elles, la déclaration du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) signée du président par intérim du parti au pouvoir, Salifou Diallo, président de l’Assemblée nationale, a particulièrement retenu l’attention. Dans cette sortie, Gorba, comme on l’appelle, n’est pas passé par quatre chemins pour indexer ceux qu’il qualifie de «forces du mal en association avec celles occultes, vengeresses et nostalgiques d’un pouvoir déchu» comme étant derrière cette attaque.

Point besoin d’être un devin pour savoir de qui parle le titulaire du perchoir. Une déclaration qui a fait sursauter plus d’un dont Simon Compaoré, un des membres fondateurs du MPP.

En effet, le ministre de la Sécurité intérieure a, dans un entretien accordé à la radio Wat FM, taclé son camarade de parti en disant que, lorsqu’il s’agit de questions hautement sensibles comme celle de la sécurité nationale, il faut mettre de côté les considérations politiques, car pour lui quand les bandits tirent, ils ne se soucient pas de l’appartenance politique des victimes.

De l’avis de Tebguéré, nourrir de tels soupçons sans le moindre fondement, dans une telle situation, « c’est mener un combat d’arrière-garde alors qu’aujourd’hui il faut se mobiliser et recueillir les avis et les suggestions des uns et des autres qui peuvent nous faire avancer ».

Nous sommes à 300% d’accord avec l’ancien maire de Ouagadougou, car il ne faut pas faire dans le complotisme, voire dans la division, qui ne font que la part belle aux assaillants. En pareilles circonstances, l’union sacrée est la chose la plus recommandée.

Il faut donc éviter de faire dans le syndrome Erdogan, le président turc, qui voit en toute chose la main du prédicateur Fethullah Gülen, son ennemi juré.

 

Cher cousin, je reste dans ce chapitre sanglant pour revenir sur ce qui fait couler beaucoup d’encre et de salive, c’est-à-dire l’extrême jeunesse des militaires assassinés. A l’évidence, ils n’ont pas eu à accomplir le nombre d’années requis pour prétendre à une retraite. Maintenant qu’ils sont prématurément morts, qu’est-ce qui est prévu pour leurs ayants droit ?

On se pose la question, car on sait que pour ce qui est de leurs frères d’armes envoyés sur les théâtres d’opération de maintien de la paix dans le cadre onusien, une assurance substantielle est prévue en cas de décès.

De source généralement bien informée, j’ai appris que, pour ce qui est des 12 militaires tués à Nassoumbou, rien n’est prévu, même si en pareille situation des gestes sont laissés à la discrétion du pouvoir politique. Alors il est temps qu’on y pense.

 

Cher Wambi, une autre question et non des moindres, c’est de savoir qui était à la tête de ce Groupement des forces antiterroristes (GFAT) en mission dans le Sahel burkinabè. Les éléments de ce GFAT étaient-ils encadrés par un ou des chefs vraiment expérimentés ou aguerris à la lutte contre le terrorisme ? Si oui, quel grade avaient-ils ? Si en tout cas les enfants, comme on les appelle, étaient laissés à eux-mêmes sans un gradé expérimenté à leur tête, moins que leur jeune âge, ce serait l’absence d’un commandement digne de ce nom dans la zone qui serait le plus à déplorer.

 

C’est sur note de tristesse indicible que je t’invite à présent, cher cousin, à feuilleter avec moi le carnet secret de Tipoko l’Intrigante.  

 

-Nous titrions un article sur l’attaque de Nassoumbou : «Nassoumbou : représailles contre la libération d’un chef djihadiste ? ».

Si une semaine après ce drame sans précédent dans la série d’actions contre nos forces de défense et de sécurité rien ne permet de confirmer ou d’infirmer cette thèse de la vendetta, une chose est au moins sûre : bien avant l’expédition punitive, pour coller avec l’esprit de ses auteurs, des informations émanant de sources locales ont bel et bien circulé dans certains milieux, mettant en garde contre l’imminence d’une attaque djihadiste.

Ces lanceurs d’alertes, comme on peut les appeler ainsi, ont fait état d’une opération de représailles contre la détention, en territoire burkinabè, d’un présumé chef djihadiste local et appelaient à la vigilance. Ce dernier, Boureima Diallo, plus connu sous le nom de Bouraima Mody, est le chef du village de Boulkessi (Mali). Il avait été arrêté mi-novembre en compagnie de deux de ses frères alors qu’il séjournait à Djibo pour des soins. Les mêmes informations ont également parlé de l’intervention du frère cadet de l’ancien président malien Alpha Omar Konaré en vue de la libération de l’intéressé. En vain.

Ces mises en garde sont-elles parvenues à qui de droit ? Si oui, pourquoi des mesures de sécurité adéquates n’ont-elles pas été prises pour, sinon prévenir l’offensive, au moins en minimiser les dégâts ?

 

- Une semaine après le drame de Nassoumbou, les langues commencent à se délier. Ainsi a-t-on appris de certains habitants du village que les auteurs de cette opération contre le groupement antiterroriste ont bénéficié de complicités locales. On pointe du doigt « deux frères Boli », déjà impliqués dans l’attaque de Kerboulé (Soum) qui avait fait quatre morts. Ils auraient rejoint la cellule djihadiste venue du Mali et servi de guides aux assaillants.

 

- Libéré le 16 décembre dernier, le capitane Dao a rejoint les siens, heureux de les retrouver après plus d’un an de détention à la MACA dans le cadre du coup d’Etat de septembre 2015.

Mais la joie de l’officier chargé de la sécurité du chef de l’Etat dans l’ex-RSP sera de courte durée puisque quatre jours seulement après sa liberté provisoire, il a été interpellé et placé sous mandat de dépôt. Qu’est-ce qui a bien pu amener le juge à ramener le capitaine Dao à la prison militaire ?

Selon certaines informations, il est accusé d’être mêlé à l’affaire dite « du pont Nazinon » du 8 octobre dans le cadre de laquelle plus d’une vingtaine d’éléments de l’ex-RSP ont été incarcérés parce qu’ils planifiaient des attaques contre le palais présidentiel de Kosyam, le camp de Gendarmerie de Paspanga et la MACA. Un avis de recherche a d’ailleurs été lancé depuis contre l’adjudant-chef Gaston Coulibaly, considéré comme le chef du groupe.

 

- Une manœuvre militaire effectuée dans la nuit de mercredi à jeudi dernier dans le village de Sian, localité située à une dizaine de kilomètres de la ville de Kaya, a provoqué un incendie dans la zone concernée ; heureusement, la situation a été vite maîtrisée grâce à l’intervention des sapeurs-pompiers.

 

- Depuis quelques jours circulent sur la toile notamment Facebook les images des corps calcinés de nos soldats tombés à Nassoumbou. Fallait-il vraiment publier ces photos horribles qui viennent en ajouter à la souffrance des familles des victimes ? On se demande quel esprit a eu cette idée de mettre sur la place publique l’horreur de l’attaque. C’est sûr que l’auteur de cette publication a obtenu les clichés d’un cercle restreint pour ne pas dire de l’armée.

 

- Deuil dans la grande famille du Chef d'état-major général des armées, Pingrenoma Zagré, et de son frère cadet, Saidou Zagré, directeur de cabinet de la présidence du Faso, qui ont perdu leur mère, Madame Zagré née Zoungrana Saaga, décédée dans la nuit du lundi 19 au mardi 20 décembre dernier à l'hôpital de l'amitié de Koudougou à l’âge de 85 ans. L’inhumation est prévue pour ce vendredi 23 décembre à Koudougou à partir de 11 heures au cimetière municipal.

 

- Il est connu comme le loup blanc, mais discret quand il pose des actes citoyens. Lui, c’est Kader Cissé, P-DG d’Africom. Récemment il a fait aménager une voie longue de plus d’un kilomètre à la cité AZIMMO de Ouaga 2000. Cette route était tellement impraticable que l’emprunter était la croix et la bannière pour les usagers de la route. Désormais, on peut y circuler en toute tranquillité. Vivement que l’exemple de Kader Cissé fasse tache d’huile.

 

- Cette année, Noël va prendre une couleur particulière dans la cour du Moro : en effet, demain 24 décembre, il sera célébré le baasga ou fête traditionnelle de l’empereur des Mossis. Compte tenu du rang de celui-ci, les préparatifs de la cérémonie se mènent dans la pure tradition, c’est-à-dire sans tambours battant, pour ne pas dire sans cartes d’invitation ni annonces dans les médias.  

 

- Le mardi 27 décembre aura lieu le naabasga du Somgandé Naaba Kangho. Selon la tradition moaga, la cérémonie coutumière de ce chef intervient le premier mardi après celle du Moro.

 

Tipoko l'Intrigante n'apprend rien d'elle-même, elle n'invente jamais rien. Tipoko l'Intrigante est un non-être. Elle n'est ni bonne en elle-même, ni mauvaise en elle-même. Elle fonctionne par intuition, car "l'intuition c'est la faculté qu'a une femme d'être sûre d'une chose sans en avoir la certitude..."

 

Ainsi va la vie.

Au revoir.

 

Ton cousin

Passek Taalé

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