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Une lettre pour Laye : Madi et Cie rebondissent en cassation

Cher Wambi,

Dans ma dernière Lettre, je te parlais une fois de plus de ce fameux remaniement ministériel annoncé depuis de longues semaines par le chef de l’exécutif burkinabè et qui se faisait toujours attendre. Je me faisais notamment l’écho de La Lettre du continent pour qui les trois têtes du régime actuel n’étaient pas sur la même longueur d’onde tant sur l’ampleur de la chose que sur les personnalités qui devaient faire leur entrée au gouvernement ou en sortir.

 

Finalement le remaniement promis a été rendu public lundi nuit, même si, en réalité, il ne s’est agi que d’un léger réaménagement à l’occasion duquel le président du Faso, ainsi qu’il l’avait déjà indiqué, et Simon Compaoré se sont délestés respectivement de la Défense et de l’Administration territoriale. Pas de quoi fouetter un chat donc, ce qui confirme mes appréhensions initiales. Voilà en effet, cher Wambi, ce que je t’écrivais dans ma missive du vendredi 27 janvier 2017 : «…aussi faut-il craindre qu’après avoir été longtemps attendu, le remaniement effectif ne finisse par laisser croire que le scoop présidentiel n’en était pas vraiment un si toutefois il s’agissait d’un petit réaménagement opéré dans l’équipe gouvernementale»

R.A.S. donc si ce ne sont que cinq arrivants et deux partants (seulement !) sur lesquels les observateurs et autres analystes plus ou moins inspirés et informés se perdent toujours en conjectures ; puisque pour l’opinion, une éviction équivaut toujours à une sanction. Pour Filiga Michel Sawadogo cependant, qui a passé l’Enseignement supérieur, la recherche scientifique et l’Innovation à Alkassoum Maiga, je me demande s’il n’a pas tout simplement été une victime collatérale du débarquement de Siméon Sawadogo à l’Administration territoriale. Toutes les deux personnalités étant du Bam, Filiga a pu faire les frais du sacro-saint principe de l’équilibre ethno-régional. Mais bon, seuls les RSS et ceux qui sont dans le secret des dieux de Kosyam peuvent dire indubitablement ce qu’il en a été.

 

Cher Wambi, dans ma lettre du vendredi 30 décembre 2016, je te faisais cas de la crise qui perdure au sein de l’Union nationale des producteurs de coton (UNPCB). Dans cette missive, il était question de la sortie de certains contre le président de l’Union, Karim Traoré, traitant celui-ci de tous les noms d’oiseaux à travers les antennes d’une radio de Bobo. Même le gouverneur de la région, Antoine Attiou, en a eu pour son grade.

Quelque deux mois après, la crise est loin d’être terminée. Tant les accusations de toutes sortes et les dénonciations calomnieuses fusent de toutes parts.

Et c’est malheureusement en pleine négociation avec les différents pools financiers (national et international) que se mène cette guerre de tranchées entre partisans de Karim Traoré et ceux de François Traoré. Au grand dam des premiers responsables de l’Agriculture (ministère, SOFITEX, bailleurs de fonds et même acteurs sur le terrain).

Qu’en est-il exactement ?

Depuis quelque temps, les seconds reprochent aux premiers une gestion chaotique de l’UNPCB.

Selon eux, Karim Traoré aurait dilapidé les fonds de la faîtière dans des dépenses somptuaires et personnelles tels l’achat de parcelles, le financement de sa campagne électorale (il voulait être député) et dans des dons.

Raisons pour lesquelles ils ont exigé et obtenu le départ du mis en cause.

Cher cousin, il ressort de l’audit commandité par l’ASCE/LC, dont j’ai eu vent, que ni le désormais ex-président, Karim Traoré, ni son prédécesseur, François Traoré, ne sont blancs comme l’or blanc pour lequel ils se combattent.

En effet, selon les investigations qui ont porté sur la période de 1998 à nos jours, c'est-à-dire sur les mandats des deux protagonistes, il y a matière à incriminer.

Sur la base des documents qui me sont parvenus, François Traoré, qui a obtenu la tête de son rival, a lui aussi barboté dans le coton au temps où il présidait aux destinées de l’UNPCB et de l’Association de producteurs de coton d’Afrique (APROCA).

Ainsi dans l’affaire des tracteurs (une trentaine) en 2007.

Sur ce point, selon ce que j’ai appris de sources proches de l’UNPCB de la SOFITEX et de l’AICB (Association interprofessionnelle du coton), non seulement, les engins n’étaient pas conformes aux normes requises, mais une bonne partie aurait été indûment revendue.

Si des groupements de contonculteurs comme ceux du Houet (03) du Ziro (4), de la Comoé (4) et du Kénédougou (3), du Nayala (2), du Tuy (1) et de la Sissili (1) en ont été bénéficiaires, des individus, comme François Traoré et une partie des membres de son comité de gestion, auraient fait main basse sur des tracteurs à vil prix.

En effet à ce qu’on dit, alors que des groupements ont acquis les engins au coût unitaire de 9 603 060 FCFA, François Traoré et ses hommes se les sont appropriés à moitié prix dont la totalité n’a toujours pas été réglée.

Selon toujours les investigations, notre pays doit près de 62 millions de francs CFA à l’APROCA, du fait du gouffre financier causé par François Traoré au moment où il était à la tête de l’association.

On parle aussi de cette autre affaire de commande de pièces détachées de tracteurs d’une valeur de près de 80 millions, mais dont on n’a aucune trace de la livraison.

Cher cousin, en attendant de revenir sur bien d’autres révélations, si tout cela est avéré, il est grand temps que le ministère de l’Agriculture et les responsables de la SOFITEX donnent un coup de pied dans la filière coton, transformée en véritable caverne d’Ali Baba. Quand on sait la place qu’occupe l’or blanc dans l’économie nationale et le nombre de familles qu’il fait vivre, dire que pareille joyeuse pagaille ne devrait pas restée impunie est tout simplement un euphémisme.  

 

Cher cousin, l’affaire « Madi et Cie », t’en souviens-tu ? Au cas où tu l’aurais oublié, sache qu’il s’agit de ce caporal de l’ex-RSP et de 28 autres prévenus, dont deux civils, ayant comparu devant le tribunal militaire de Ouagadougou pour «association de malfaiteurs et détention illégale d’armes et de munitions». A l’issue du procès, émaillé de rebondissements et de révélations, le caporal Madi Ouédraogo, cerveau présumé d’un plan d’évasion de la MACA, le sergent Mahamadi Zallé et le civil, Cheick Alassane Ouédraogo, dit « Ladji », ont écopé d’une peine d’emprisonnement de 15 ans ferme.

Selon des sources proches du dossier, les avocats de la défense, qui avaient en son temps dénoncé « une parodie de justice », viennent de formuler un pourvoi en cassation. Et à ce qu’on dit, c’est confiants que ces derniers ont saisi la plus haute juridiction et espèrent voir casser le verdict du juge militaire.

Sur le même sujet, mais sur un tout autre registre, j’ai appris, cher Wambi, que des non-dits subsistent encore sur ce dossier. En effet, il serait probable que cette affaire « Madi et Cie » ait une connexion avec « une escroquerie » de gros sous dont l’auteur, un jeune opérateur économique qui a brièvement tâté de la politique, est actuellement détenu à la MACO.

Affaire à suivre donc…

 

Cher Wambi, au cours d’une de mes recherches sur le Net, je suis tombé sur des appels à candidatures qui m’ont fait écarquiller les yeux. C’est que, tiens-toi bien, ces postes à pourvoir sont relatifs à la nomination du procureur du Faso, cumulativement commissaire du gouvernement à Banfora, du premier président de la Cour d’appel de Ouagadougou et enfin du président du tribunal de grande instance de Ouagadougou.

Renseignements pris, cette nouveauté, qui serait même une première en Afrique, entre dans le cadre des réformes engagées depuis la signature du Pacte national pour le renouveau de la justice. Elles imposent, entre autres, l’appel à candidature à certaines fonctions judiciaires, notamment celles des chefs de juridiction.

Et c’est conformément à ces nouveaux textes que le président de la Cour des comptes a été nommé début décembre dernier et n’attend désormais que le décret présidentiel pour exercer son naam.

 

Cher Wambi, à présent je t’invite à feuilleter avec moi le carnet secret de Tipoko l’Intrigante.

 

- Du nouveau dans l’affaire Dabo Boukari, du nom de cet étudiant en 7e année de médecine qui avait été enlevé au campus par les militaires qui assuraient la sécurité de Blaise Compaoré sous le Front populaire en mai 1990. Conduit dans les locaux du Conseil de l’Entente, l’antre de la garde prétorienne de l’enfant terrible de Ziniaré, Dabo Boukari est depuis lors porté disparu. En réalité, il faut dire que nul ne doutait de sa mort. Et les étudiants ont su garder intact son souvenir en le commémorant le 19 mai de chaque année.

Après la plainte formulée en février 2000 pour éviter la prescription de cet assassinat, le dossier Dabo Boukari a longtemps végété avant de prendre son envol après l’insurrection populaire qui a chassé Blaise Compaoré du pouvoir en 2014.

Depuis, le dossier, qui est dans le cabinet du doyen des juges d’instruction, avance avec l’inculpation du colonel Mamadou Bamba et du général Gilbert Diendéré. Plusieurs personnes, civiles comme militaires, ont déjà été entendues.

Autre avancée significative dans le dossier, c’est l’identification de la tombe présumée de Dabo Boukari. En effet, en milieu de semaine, le juge d’instruction et le procureur du Faso ont conduit les avocats et ayants droit de Dabo Boukari à Pô pour leur montrer la sépulture tant recherchée. Elle est située au bord de la route menant au Ghana, à quelques kilomètres de la frontière. Selon maître Bénéwendé Sankara, même la voiture qui a servi au transport du corps de Dabo Boukari a été également identifiée.

On le voit, depuis la chute de Blaise Compaoré, la lumière est en train de se faire petit à petit sur l’assassinat de l’étudiant en médecine. Nul doute que, très rapidement, le juge d’instruction pourra clore le dossier et le transmettre aux instances de jugement, 27 ans après la commission du crime.

 

- C’est donc ce samedi que s’ouvre l’édition 2017 du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO). Avec, comme pays invité d’honneur, la Côte d’Ivoire, un choix éminemment politique quand on sait que les relations entre nos deux pays n’ont pas toujours été au beau fixe ces dernières années. Elles s’étaient même franchement refroidies après la chute puis l’exil au pays d’Houphouët de Blaise Compaoré avant de se geler carrément suite au coup d’Etat manqué du général Gilbert Diendéré et à la présumée affaire des écoutes Soro/ Bassolet. L’annulation des mandats d’arrêt émis et une intense activité diplomatique ont finalement permis le dégel et la désescalade sur fond de realpolitik. C’est dire l’importance que revêt l’arrivée dans la capitale burkinabè du président Alassane Dramane Ouattara annoncé pour la clôture de la biennale le samedi 4 mars prochain. L’invitation de son homologue burkinabè lui a été formellement transmise, comme on dit, «par les canaux diplomatiques habituels», notamment par Alpha Barry, ministre des Affaires étrangères, et son collègue de la Culture, Tahirou Barry, qui se sont rendus à cette fin la semaine derrière sur les bords de la lagune Ebrié. Le scénario du séjour d’ADO serait naturellement idéal si l’un des deux réalisateurs ivoiriens en compétition dans la section longs métrages enfourchait l’Etalon d’or. Mais là…

 

- Que devient le dossier de privatisation de la Zone présidentielle de tourisme cynégétique de Pama entamée sous la Transition? On se souvient en effet que suite à une consultation restreinte, il se susurrait en son temps le nom de l’opérateur économique Mahamadou Bonkoungou, plus connu sous le sobriquet d’Ebomaf, pour sauver la situation au regard de la catastrophe environnementale qui planait sur le site depuis le départ précipité du pouvoir de Blaise Compaoré. L’adjudicataire aurait-il jeté l’éponge suite à certaines suspicions malveillantes à son encontre comme le prétendent certains? En tout cas, certes les urgences ne manquent pas au niveau du gouvernement, mais il faudrait veiller à la survie de ce parc de plus de 83 000 ha qui, depuis son ouverture en août 1997, faisait la fierté de notre pays à tous égards et constituait l’une des vitrines du tourisme burkinabè.

 

- Paul Kaba Thiéba est rentré de Paris en décembre dernier avec plus de dix-huit mille milliards de FCFA de promesses de soutien au développement de la part des bailleurs de fonds du Burkina. Ces intentions de financement témoignent de la crédibilité dont jouit notre pays auprès des partenaires au développement.

C’est pour cela qu’un réseau de journalistes entend leur rendre hommage en organisant en novembre prochain un salon international de la coopération (SICO). La coopération internationale contribuant énormément au budget de l’Etat et au développement décentralisé, l’Initiative des journalistes africains pour la coopération et le développement (IJACOD), puisque c’est d’elle qu’il s’agit, a estimé important de tenir un tel événement, où le leitmotiv sera sans nul doute les intérêts du Burkina et de ses partenaires.

 

- Samedi 25 février 2017, c’est la date que l’AES Soyouz, l’Association des anciens étudiants et stagiaires de l’Ex-URSS, a choisie pour les retrouvailles de cette année. Ce sera chez le doyen Nanéma Haté à partir de 19h 30.

Nul doute que des échanges, à cette occasion, porteront sur le réchauffement des relations entre le Burkina Faso et la Fédération de Russie. Cela a d’ailleurs, rappelons-le, abouti à des accords signés à Moscou où a séjourné notre ministre des Affaires étrangères, Alpha Barry, du 19 au 21 février dernier.

 

- Demain samedi 25 février, Brice Deo Gracias, fils de maître Sankara, président de l’UNIR/PS et premier vice-président de l’Assemblée nationale, convolera en justes noces avec Mlle Teegzanga S. Dominique. La cérémonie religieuse se tiendra à la chapelle du collège de la Salle à partir de 15h00. A cette occasion, un vin d’honneur sera offert au Pavillon Soleil-Levant du SIAO à 18h00.

Auparavant, le jeune couple a sacrifié au rituel de la célébration civile hier jeudi 23 février à la mairie de Bogodogo.

 

- Ouagadougou va vibrer demain samedi au rythme des fêtes coutumières annuelles de la chefferie traditionnelle. En effet, ce jour-là, auront lieu les nabasga du Baloum Naaba Tanga II, du Larlé Naaba Tigré et du Wogdg Naaba.  

Décès de Mme Georgette Combary, une des pionnières de l’Action sociale dans notre pays, et présidente de l’association «Age d’or». Elle est morte dans sa 88e année le mardi 21 février à l’hôpital Blaise Compaoré.

 

Tipoko l'Intrigante n'apprend rien d'elle-même, elle n'invente jamais rien. Tipoko l'Intrigante est un non-être. Elle n'est ni bonne en elle-même, ni mauvaise en elle-même. Elle fonctionne par intuition, car "l'intuition c'est la faculté qu'a une femme d'être sûre d'une chose sans en avoir la certitude..."

 

Ainsi va la vie.

Au revoir.

 

Ton cousin

Passek Taalé

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