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Justice : qui enquête sur les enquêteurs ?

Cher Wambi,

Depuis un certain temps, les bonnes nouvelles se suivent pour ce qui concerne la situation sécuritaire dans notre pays. Tu te souviens de cette conférence de presse du ministre de la Sécurité, Simon Compaoré, le 24 mars 2017 à la mairie de Ouagadougou ? Ce jour-là, entouré du chef d’état-major de la gendarmerie et de bien d’autres galonnés des forces de défense et de sécurité, le premier flic de la république avait annoncé avec fierté la mort d’un des présumés djihadistes qui sèment la terreur dans le Sahel burkinabè.

En l’occurrence Harouna Dicko, principal homme de main de Malaam Ibrahim Dicko, prédicateur religieux et fondateur de la branche islamiste Ansaru islam. Il avait été annoncé à cette même rencontre avec la presse l’arrestation d’une vingtaine de personnes suspectes.

Moins de trois semaines après, une vaste opération de ratissage a été conjointement lancée par les Français de l’opération Barkhane, les troupes maliennes et les militaires burkinabè dans la zone frontalière entre notre pays et le Mali.

Même si cette « Triple Alliance » n’a pas mis la nasse sur le tristement célèbre Malaam, elle aura au moins permis de ramener la quiétude et la sérénité chez les populations locales.

Mais ce que je me demande, cher Wambi, c’est ce que deviendra la zone et ses habitants, une fois cette opération, dénommée « Panga », côté Burkina, terminée. Car une fois l’étau desserré, il faudra redouter des représailles punitives des djihadistes et de leurs comparses.

Mais plus avertis des questions qui touchent à la lutte contre le terrorisme, les différents états-majors prendront certainement les dispositions pour assurer le service après-vente, si je peux m’exprimer de la sorte.

Cher cousin, je reste sur le chapitre du terrorisme pour partager avec toi cette époustouflante scène vécue mercredi dernier par le personnel du journal de ton oncle Nakibeugo.

Ce jour-là, un éleveur atypique a fait irruption dans la cour du Canard et a fait son show aussi bien dans la salle de rédaction qu’au secrétariat, affolant plus d’un. Mais il y a eu plus de peur que de mal puisque le surprenant visiteur était porteur d’un message qu’il m’a livré avec un sens prononcé de la métaphore.

Cher cousin, voici ce qu’il a bien voulu confier à un des journalistes présent ce jour-là :

« Je suis Sambo, je viens dans vos locaux pour vous informer que j’ai perdu mon taureau. Actuellement, je suis à sa recherche. Le troupeau souffre atrocement du manque d’eau, de l’envahissement de prédateurs tels que les lions. Nous avons demandé aux autorités de nous donner du sel afin qu’on puisse attirer le taureau égaré vers le parc.

Nous avons rencontré des obstacles dans notre requête. En tout cas, des choses que nous ne pouvions expliquer.

Dans un poulailler, il y a un seul coq qui chante et comme les gens sont égoïstes, peut-être qu’on ne veut entendre qu’une seule voix dans la recherche de la paix et de l’apaisement.

Pour un retour à la normal au Sahel, le vieux berger que je suis est venu s’adresser à  L’Observateur Paalga qui a toujours « observé » avec professionnalisme. C’est tout.

Ecrivez comme ça et ceux qui veulent comprendre comprendront. »

Cher Wambi, as-tu pigé quelque chose de cette parabole à faire fondre les neurones comme des fusibles sous l’effet d’un courant électrique de haute intensité ? Certainement pas, toi qui redoutais les parties de devinettes, même les plus élémentaires de grand-mère.

Je dois t’avouer que moi-même je n’y ai compris que dalle. Mais Sambo ne voulait pas être plus explicite tout en insistant pour que son message soit transmis tel quel.

Devinant ma peine, il a finalement consenti à éclairer ma lanterne.  

Voici donc le message de Sambo pour les nuls. Ici, le « taureau égaré » renvoie à l’ennemi public numéro 1 du Burkina, c’est-à-dire Maalam Ibrahim Dicko, et « le troupeau » à la population du Sahel. Quant au « sel », il représente les négociations qu’il faut entreprendre pour faire revenir Maalam parmi les siens.

 

Cher Wambi, dans ma Lettre de la semaine dernière, je t’informais qu’après de longs mois de léthargie, la machine de la réconciliation semblait enfin en marche. En témoignaient les différentes rencontres de la Coalition pour la démocratie et la réconciliation (CODER) avec le président de l’Assemblée nationale, le président du Faso ainsi que les anciens chefs d’Etat résidant au Burkina, en l’occurrence Jean-Baptiste Ouédraogo et Michel Kafando. Restaient les deux exilés de luxe (Blaise Compaoré et Yacouba Isaac Zida), que la CODER se promettait également d’approcher.

Eh bien, ainsi que je te l’annonçais, une délégation s’est en effet rendue à Abidjan où elle a pu s’entretenir avec Blaise Compaoré le mardi 11 avril 2017. Elle était conduite par le président du trimestre de ce regroupement de l’opposition, Me Gilbert Noël Ouédraogo.

Retrouvailles, j’imagine, savoureuses entre des personnalités qui ont, pour certaines, pactisé pour tripatouiller l’article 37, ou qui se sont combattues pour d’autres. Mais que se sont-ils dit exactement ? Du communiqué de presse émanant de la CODER (lire page 5), naam Bilaise a, naturellement, loué les efforts tendant à rapprocher les filles et fils du Burkina qui se regardent en chiens de faïence depuis trois bonnes années. Il est vrai que tout cela est sa faute, car s’il ne s’était pas laissé embobiner par ses courtisans, lui-même ne serait pas assis à Cocody cocoroco.

Cher cousin, toujours sur ce chapitre de la réconciliation, je t’avais informé, sur la base de sources généralement bien introduites, que Roch Marc Christian Kaboré a reçu dans son patelin de Tuiré, vers Zorgho, Achile Tapsoba, le président du CDP. Indignation à Kosyam qui s’est fendu du démenti catégorique que voici, avec en sus l’habituelle ritournelle de la leçon de journalisme dispensée à ton oncle Nakibeugo qui me prête ses pages tous les vendredis :

 

Objet : Démenti

 

« Monsieur le Directeur de publication,

Dans votre parution n°9338 du vendredi 7 au dimanche 9 avril 2017, sous la rubrique « Une Lettre pour Laye » à la page 6, vous informiez vos lecteurs de ce qui suit : « Le président Roch Marc Christian Kaboré a rencontré un de ses anciens compagnons politiques du CDP, en l’occurrence le président par intérim de l’ancien parti au pouvoir. En effet, dans la nuit du samedi dernier, Achille Tapsoba, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a été reçu par le chef de l’Etat dans son village natal de Tuiré (Zorgho) ».

Il convient de relever que le chef de l’Etat n’a pas connaissance de cette rencontre sortie de votre imagination et dont vous faites cas dans votre article.

Je tiens donc à rétablir la vérité des faits et signale au passage que de telles informations méritent d’être vérifiées avant leur publication comme la déontologie du métier l’exige.

Veuillez recevoir, Monsieur le Directeur de publication, l’expression de mes salutations sincères. La Direction de la Communication de la présidence du Faso ».

Et pan ! sur le bec du canard. Ça lui apprendra à donner de l’espace à Passek Taalé qui, pourtant, n’invente jamais rien. Mais puisque le chef de l’Etat affirme, la main sur le cœur, que cette rencontre de Tuiré n’a jamais eu lieu, il faut croire, cher Wambi, que c’est mon « imagination » qui a pu me jouer des tours. Je ne peux donc que prendre acte des vigoureuses dénégations présidentielles. Allez, au prochain épisode !

 

De Macaire Ouédraogo, cher Wambi, tu te souviens certainement encore comme si c’était hier ?

C’est l’homme, ou plutôt le candidat civil, qui ballota le général Sangoulé Lamizana de vénérée mémoire au premier tour de la présidentielle du 14 mai 1978.

Eh bien, l’ancienne tête de liste du parti UNDD célèbre ce lundi de Pâques, 17 avril 2017, ses noces d’or, c’est-à-dire le 50e anniversaire du jour où il convola en justes noces avec Françoise Casalom. On était également un 17 avril et un lundi de Pâques de l’an de grâce 1967.

Pour en rendre gloire à Dieu au plus haut des cieux, une messe sera dite ce lundi 17 avril en l’église Christ-Roi de Pissy.

Joyeux anniversaire, doyen pour les uns, tonton pour les plus jeunes, papa et papy pour les autres.

Ad Multos Annos, s’empresseraient d’ajouter ses condisciples du petit séminaire de Pabré.

 

A présent, je t’invite à feuilleter avec moi le carnet secret de Tipoko l’Intrigante.

 

- La semaine dernière, Le Soir  publiait un article intitulé « comité d’enquête soupçons de corruption de magistrats : un gros poisson parmi les membres enquêteurs ?»  

Cette révélation laissait entendre qu’un membre de la commission d’enquête du Conseil supérieur de la magistrature était accusé par un justiciable de faits de corruption.

Après avoir fouiné dans le milieu, il nous revient qu’effectivement une des éminences de cette commission censée être composée de membres au-dessus de tout soupçon fait l’objet d’une plainte. Les auditions auraient même commencé et des déballages seraient en cours.

Il se susurre que l’intéressé occupe un poste où il est chargé de réprimer ce genre de comportement.

Le problème dans ce cas précis est la présence, et surtout la participation, de la personne mise en cause aux travaux d’enquête qui se poursuivent.

On sait qu’en principe lorsqu’une personne appartenant à une instance est soupçonnée de fait, elle doit se récuser ou être mise à l’écart par ses pairs.

Dans le présent cas, laisser le suspect siéger ne jouerait-il pas sur la crédibilité des investigations ?

Les autres membres auront-ils le courage, en sa présence, de lui dire la vérité ?

Le plaignant aura-t-il confiance aux résultats des travaux de la commission ?

Le CSM ne gagnerait-il pas à extirper le commissaire enquêteur incriminé des rangs des investigateurs ? Ce sont autant de questions, aussi pertinentes les unes que les autres, qu’on peut se poser.

 

- Décidément, Guiro Ousmane et ses bruyantes cantines continueront d’alimenter de chaudes discussions au Faso. Après le fameux procès de 2015 et le pourvoi qui s’en est suivi, voilà que l’on parle de disparition des fameux millions de Guiro.

Le Procureur général Poda Laurent, lors d’une conférence le 11 avril 2017, assurait que les « guiros » ont été réinjectés dans le circuit financier et pourront être restitués à Ousmane Guiro en cas de décision favorable.

Mais la question qui mérite d’être posée, c’est pourquoi les fonds revenant à Guiro ne lui ont pas été remis après le jugement de 2015.

En effet, au dire des spécialistes du droit, le pourvoi en cassation n’est pas suspensif de la décision de la Chambre criminelle de la Cour d’appel. Certains même affirment que déduction faite des 900 millions, objet de la condamnation, le reste des sommes devait être restitué à Guiro après l’audience de 2015.

D’autres s’étonnent que le procureur général autorise l’utilisation des fonds alors qu’aucune décision du juge ne le permet. Autrement, le procureur peut-il ordonner l’utilisation d’un bien contenu dans un dossier en cours devant un juge ?

Il nous revient en tout cas que l’avocat ayant demandé la mesure de réintroduction de l’argent n’est autre que maître Guy Hervé Kam, par ailleurs porte-parole du Balai citoyen.

Mais peut-il, de façon unilatérale, ordonner l’utilisation d’un scellé par l’une des parties au procès après s’être pourvu en cassation ?

En tout cas cette attitude paraît inédite dans le milieu de la justice, selon plusieurs de ses acteurs.

- Lundi dernier, un groupe des militaires radiés à l’issue de la mutinerie étaient dans les locaux de la justice militaire. Sur place ils auraient été informés que leur dossier était enfin parvenu dans les bureaux du juge militaire, lequel a tranché en faveur de leur requête et leur a demandé de faire « des propositions » de sortie de crise. Ce à quoi les excommuniés de la Grande Muette ont répondu par deux scénarios : le premier qui consiste à réintégrer dans les rangs tous ceux qui le désirent et remplissent encore les conditions d’âge et le second qui porte sur l’indemnisation de tous ceux qui désirent rester dans la vie civile.

Si ce qu’on dit est vrai, qu’en sera-t-il des policiers qui ont été aussi rayés des effectifs pour les mêmes motifs ?

 

- Le mercredi 19 avril prochain s’ouvrira à Ouahigouya une audience foraine de la justice militaire. Une sorte de délocalisation de la justice militaire de Ouagadougou pour entendre des dossiers portant sur des affaires relevant de sa compétence. L’initiative viserait un objectif pédagogique, à savoir permettre aux soldats de toutes les garnisons de s’imprégner du mode de fonctionnement de la machine judiciaire militaire.

 

- Samedi dernier, on a frôlé l’émeute devant la Maison d’arrêt et de correction des Armées (MACA). De nombreux parents et proches de détenus se sont vu interdire l’accès aux pensionnaires de la prison pour raison de sécurité. Estimant avoir été mis devant le fait accompli, les éconduits, pour la plupart des femmes, n’ont pas manqué de donner de la voix. Mais très vite la jacquerie a été circonscrite.

 

- Aujourd’hui, vendredi 14 avril 2014, le Premier ministre Paul Kaba Thiéba livrera à partir de 10 heures son discours sur la situation de la nation (DSN). C’est le deuxième du genre pour le chef du gouvernement qui, lors du premier exercice le vendredi 6 mai 2016, est apparu très à l’aise, avec un style qui tranchait avec celui de ses prédécesseurs.

En effet, ce jour-là, le Premier ministre Thiéba, aussi bien pendant son grand oral que les réponses aux questions, a adopté une posture originale : il n’est pas resté devant le pupitre mais marchait de temps à autre vers les députés.

Une attitude qui s’inscrit dans la pure tradition de l’école péripatétique fondée par le philosophe Aristote, lequel enseignait en marchant vers son assistance.

Le DSN est un discours qui consiste pour le Premier ministre à s’exprimer sur la mise en œuvre des politiques publiques. Il est suivi de débats mais ne donne lieu à aucun vote.

 

- Depuis le 7 avril dernier, les écoles primaires ainsi que le préscolaire de Garango sont fermés. A l’origine de ce blocage, un arrêté du maire qui exige désormais une demande timbrée pour la délivrance des certificats de prise de service, de non-logement et de cessation de service.

Après un sit-in de 48 heures pour faire abroger ladite mesure, les enseignants ont décidé d’observer un arrêt de travail et menacent de passer à la vitesse supérieure si le maire ne revoit pas sa décision.

 

- Les habitants de Nioko II, quartier situé à la périphérie est de Ouagadougou, ont certainement été perturbés à la fin de la matinée d’hier. En effet, un automobiliste a refusé d’obtempérer lorsqu’une équipe de la police nationale, en poste sur la nationale n°4, a voulu le soumettre aux contrôles de routine sur la voie publique. Pourchassé, l’indélicat a été rattrapé aux environs de l’ONG ASMAD, située à Nioko II. Et pendant que les forces de l’ordre étaient en train de le verbaliser, il aurait tapé du poing sur le capot de sa voiture, sommant les policiers de se dépêcher car il serait pressé. Chose, bien sûr, que les éléments de la police n’ont pas appréciée et l’altercation aurait nécessité l’usage de menottes pour neutraliser «le délinquant». Face à cette situation, des riverains témoins de la scène ont voulu intervenir pour empêcher les flics d’emmener l’indiscipliné, ce qui a conduit les hommes de tenue à faire des tirs de sommation afin de dissuader les croquants et donc de pouvoir faire leur travail. Incivisme, quand tu nous tiens ! Et si les choses se sont réellement passées comme nous l’a relaté un témoin, ce serait bien que l’indélicat automobiliste soit gardé au moins le temps du long week-end afin qu’il réfléchisse sur son acte qui, faut-il le souligner, a mis en danger la vie de plusieurs personnes. C’est le lieu aussi de condamner l’attitude de ces personnes qui ont tenté d’empêcher la police de faire son travail.

 

Tipoko l'Intrigante n'apprend rien d'elle-même, elle n'invente jamais rien. Tipoko l'Intrigante est un non-être. Elle n'est ni bonne en elle-même, ni mauvaise en elle-même. Elle fonctionne par intuition, car "l'intuition c'est la faculté qu'a une femme d'être sûre d'une chose sans en avoir la certitude..."

 

Ainsi va la vie.

Au revoir.

 

Ton cousin

Passek Taalé

Commentaires   

+1 #1 Neilson 15-04-2017 07:48
Foofo Sambo !
Donnez vite le « sel » au vieux Sambo ; videz le Trésor public, « braquez » s’il le faut la BCEAO, confisquez les cantines (provisoirement ) de Guiro mais s’il vous plaît, donnez le sel au vieux Sambo car, qui mieux que le crapaud pour vous donner les nouvelles du caïman ?!
Wallaïï Sambo na woodi !
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