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Les retrouvailles des « gueules cassées »

Cher Wambi,

Longtemps annoncé par le parquet général près la Haute Cour de justice, le procès des membres du dernier gouvernement de Blaise Compaoré s’est enfin ouvert hier jeudi 27 avril 2017 au tribunal de grande instance de Ouagadougou.

 

Ce premier jour, en plus des accusés, qui ont comparu libres, on pouvait apercevoir des témoins de premier choix comme les généraux Gilbert Diendéré et Djibril Bassolé ainsi que le colonel Yacouba Ouédraogo, dit Yac. Autant dire des retrouvailles entre gueules cassées. Mais d’audition des prévenus et des témoins, il n’en sera en définitive rien, au grand dam du public qui avait pris d’assaut la salle d’audience sous une pluie bienfaisante qui a arrosé la capitale.

En effet, sur requête du barreau, le jugement a été renvoyé au jeudi 4 mai prochain du fait de sa rentrée solennelle 2017, effectuée le même jour à Ouaga 2000.

Comme tu le sais déjà, Blaise Compaoré (en tant que ministre de la Défense) et le reste de son équipe gouvernementale, à l’exception du colonel Yacouba Ouédraogo, dit Yac (Sports et Loisirs), et de Clotilde Ki (Budget), absents du Conseil des ministres du 29 octobre 2014, sont poursuivis pour « complicité d’homicide volontaire et coups et blessures volontaires ».

A l’origine de cette comparution devant la haute juridiction habilitée à poursuivre le président et les ministres dans l’exercice de leurs fonctions, le recours à l’armée pour soutenir les forces de l’ordre classiques afin d’assurer la sécurité des biens et des personnes durant la période éruptive des manifestations contre le projet de modification de l’article 37.

Cher cousin, si cette décision de faire appel aux forces dites de troisième catégorie a été officiellement actée lors du Conseil des ministres du 29 octobre, dont tous les participants sont aujourd’hui visés par la justice, sache que l’affaire était déjà pliée bien avant.

En effet, selon « Jeune Afrique », qui a eu accès à l’acte d’accusation, le 28 octobre, le Premier ministre d’alors, Luc Adolphe Tiao, a convoqué une réunion spéciale consacrée au maintien de l’ordre public les jours à venir. Etaient présents, selon notre confrère, le ministre de la Sécurité, Jérôme Bougouma, le chef d’état-major général des armées, Honoré Nabéré Traoré, le patron de la gendarmerie, Tuandaba Coulibaly, le directeur général de la police nationale, Lazare Tarpaga, et bien sûr le chef d’état-major particulier de la présidence, Gilbert Diendéré.

Après le compte-rendu qui lui en avait été fait, Blaise Compaoré aurait chargé Jérôme Bougouma d’en informer le reste du gouvernement lors du Conseil des ministres extraordinaire prévu le lendemain « afin de recueillir l’avis de ses membres ».

Toujours selon « Jeune Afrique », aucun des ministres présents n’a exprimé d’objection à cette réquisition de l’armée. C’est ainsi que le soir du même jour, le document a été signé par Luc Adolphe Tiao puis transmis à la hiérarchie militaire.

 

Cher Wambi, dans ma dernière lettre, je t’informais de l’interpellation, le mercredi 19 avril 2017, d’Inoussa Kanazoé, patron du groupe Kanis International, ainsi que de certains de ses proches collaborateurs, à savoir Inoussa Kaboré, Poko Tapsoba, Seydou Kaboré, T. Hermann Kaboré et Vincent Ilboudo. Selon le procureur du Faso, qui a animé une conférence de presse sur la question lundi dernier, il est reproché aux intéressés un chapelet de griefs : faux et usage de faux en écriture de commerce, tromperie du consommateur, fraude fiscale, abus de confiance aggravé, usage frauduleux de numéro IFU, blanchiment de capitaux… des faits présumés pour lesquels les incriminés risquent gros.

Nul n’étant au-dessus de la loi, cher cousin, si Kanis, comme on l’appelle communément, et ses hommes sont coupables de ce dont on les accuse, qu’ils subissent la rigueur de la loi comme n’importe quel justiciable. Cela dit, sans présumer de la culpabilité ou de l’innocence des uns et des autres, un certain nombre de choses intriguent ceux qui sont habitués aux arcanes judiciaires, principalement aux litiges commerciaux.

 

Comparaison n’est sans doute pas raison, mais des cas de jurisprudence seraient là pour attester d’une certaine curiosité dans le traitement de ce dossier. Souvenez-vous, par exemple, de l’affaire ONATEL SA et de la Douane, où on parlait d’une fraude fiscale de plus de 100 milliards F CFA qui s’est résolue par un redressement fiscal.

En réalité, en attendant le grand déballage promis devant la justice, il s’agirait d’une guerre entre d’anciens actionnaires, à savoir Kanazoé Inoussa et Koanda Moussa, qui avaient pourtant conclu un pacte transactionnel à l’amiable.

En tout cas, cher Wambi, on peut se féliciter du fait que c’est après les révélations du Courrier confidentiel que la machine judiciaire s’est mise en branle, preuve sans doute que la presse contribue un tant soit peu à la moralisation de la vie publique et de l’environnement des affaires. Dommage que cela n’arrive pas si souvent ! C’est en effet l’une des rares fois où le procureur du Faso traque au quart de tour un lièvre levé par la presse. Mais pour combien d’affaires révélées par les médias sans que le parquet ait daigné lever le petit doigt ?

Autre particularité, pour ne pas dire bizarrerie, en règle générale, me dit-on, quand une entreprise est en faute, c’est le premier responsable qui est inquiété. Or, dans le cas présent on a arrêté tous les directeurs (DG y compris) de KANIS, de CIMFASO et l’actionnaire majoritaire qu’est Inoussa Kanazoé tandis qu’aucun autre actionnaire ni aucun autre membre du Conseil d’administration, qui est l’organe délibérant du groupe, n’a été inquiété. Bizarre, cher cousin.

Comment, du reste, une entreprise qui a signé, selon ce qui me revient, une convention d’investissement avec l’Etat burkinabè (loi n°025-2012 AN du 4 juin 2012 portant institution d’un régime fiscal et douanier spécial), qui est donc censée être légalement exonérée d’impôts pendant sept (7) ans (les entreprises d’Inoussa Kanazoé datent de 2012) peut-elle être coupable de fraude fiscale sur la même période ? Si l’on en croit d’ailleurs ce que soutiennent les fiscalistes, une surfacturation ne saurait avoir un impact sur le montant de l’impôt à payer. Aux dernières nouvelles, le richissime opérateur économique, qui est souffrant depuis le lendemain de son interpellation, serait toujours en soins dans une clinique de la place. Affaire à suivre donc dans un dossier commercial qu’on semble vouloir transposer sur le terrain pénal et qui n’a certainement pas fini de révéler ses non-dits !

 

Cher Wambi, comme à l’accoutumée, je t’invite à feuilleter avec moi le Carnet secret de Tipoko l’Intrigante.

 

n Ils avaient exigé sa tête, ils l’ont finalement obtenue, même si le ministre de la Sécurité, Simon Compaoré, avait rétorqué que le maintien ou le limogeage du Directeur général de la police ne relève pas de la compétence des policiers mécontents de la gestion des fonds liés aux services payés. Mais que de questions autour du départ de Lazare Tarpaga de la tête de la police !

En effet, selon le compte-rendu du Conseil des ministres du mercredi 26 avril, l’intéressé aurait démissionné de son poste, au grand étonnement de bien des agents de son entourage.

Même si ces derniers reconnaissent que l’autorité du patron s’était beaucoup effritée avec la vague de manifestations au sein de la police, ils pensent que le DG a plutôt été poussé vers la sortie.

Autre fait troublant : avant que le compte-rendu du Conseil des ministres ne soit rendu public, lequel nommait Jean-Bosco Kiénou en remplacement de Lazare Tarpaga, c’est le nom d’Alidou Serge Ouédraogo qui avait circulé, aussi bien sur les réseaux sociaux que par la voie de certains médias classiques, comme nouveau chef de la police. Le nom de l’ancien commandant des CRS était-il dans les tuyaux avant d’être caviardé ?

 

n Dans l’interview qu’il avait accordée à L’Obs., dans son édition du jeudi 20 avril 2017, Hervé Kouakou Koffi, gardien de but des Etalons du Burkina et sociétaire de l’ASEC d’Abidjan, confiait avoir eu des propositions de contrats hors de la lagune Ebrié, non sans préciser que la décision finale en revenait à ses employeurs du club ivoirien.

Aux dernières nouvelles, les portes de la Ligue 1 en France seraient en passe de s’ouvrir au jeune portier burkinabè. Des pourparlers très avancés seraient actuellement en cours entre les dirigeants de l’ASEC et le club français de Lille. Certains affirment même que les deux équipes auraient déjà trouvé un terrain d’entente et n’attendraient plus que la fin de la saison pour officialiser le transfert du goal keeper burkinabè. Vrai ou faux ? On en saura davantage les jours à venir.

Si ce transfert venait à être confirmé, Hervé Kouakou Koffi aurait franchi un palier dans sa carrière internationale.

 

n Communiqué du ministre d’Etat, ministre de la Sécurité :

Ce jour 27 avril 2017, aux environs de 10h00, deux individus armés, sur une moto, ont attaqué une équipe de la direction régionale du ministère de l’Eau et de l’Assainissement à In-Abao, un village de la commune rurale de Tin-Akoff, province de l’Oudalan, dans la région du Sahel.

L’équipe, qui conduisait un véhicule bleu Toyota Hilux, immatriculé 11 AA 7431 BF, était composée de quatre personnes. Les assaillants ont pris en otages deux personnes, un agent de la Direction régionale de l’Eau et de l’Assainissement et le point focal de la direction régionale de l’eau auprès de la mairie de Tin-Akoff, et sont partis avec le véhicule.

Le gouvernement, tout en condamnant cet acte ignoble, informe les populations que des instructions ont été données aux forces de défense et de sécurité et des contacts pris avec les pays voisins pour retrouver les deux compatriotes enlevés. Il appelle les populations de la zone à collaborer en appelant aux numéros verts des services de sécurité en cas d’informations pouvant orienter les recherches. Ces numéros sont : 1010 ; 17 ; 16 ; 80 00 11 45.

Enfin, il tient à rappeler aux citoyens que la vigilance et la collaboration avec les forces de défense et de sécurité doivent être des comportements de tous les jours pour un Burkina Faso de paix et de sécurité.

 

Le ministre d’Etat, ministre de la Sécurité

Simon Compaoré

Grand Officier de l’Ordre national

 

Fort heureusement, au moment où nous bouclions la présente lettre, une source digne de foi nous informait que les deux otages, Ahmed Zoromé (technicien) et Yacouba Ould Aliou (point focal de la Direction régionale de l’Eau auprès de la mairie de Tin-Akoff), avaient été retrouvés sains et saufs par les forces de défense et de sécurité, et leur rapatriement vers Tin-Akoff était encore en cours.

Sauf erreur ou omission de notre part, dans l’histoire de prises d’otages, c’est la première fois que des Burkinabè ont été pris pour cible.

 

Boureima Badini à la tête du CDP ? C’est en tout cas ce que pense notre confrère « La Lettre du Continent » dans sa livraison du 19 avril dernier. L’ancien garde des Sceaux de Blaise Compaoré bénéficierait du soutien du président du groupe parlementaire CDP, Yahaya Zoungrana, de l’ancien PM Ernest Paramanga Yonli et de Juliette Bonkoungou. Par contre, il devrait batailler contre Achille Tapsoba, président par intérim du parti, et même contre l’ancien président de la Commission de la CEDEAO, Kadré Désiré Ouédraogo, ajoute l’hebdomadaire français.

 

L’ancien président de la Transition, Michel Kafando, a été nommé haut représentant de l’ONU au Burundi. M’Ba Michel, comme on l’appelle affectueusement, dont la nomination a reçu l’accord des autorités burundaises, remplace à ce poste Jama Benoma. Il aura pour principales missions de régler les différends entre Bujumbura et New York et de ramener le Burundi dans le concert des nations. Une tâche qui est dans les cordes de Michel Kafando, diplomate chevronné bien connu des instances onusiennes.

 

Dans sa livraison d’hier jeudi, «L’Observateur Paalga» faisait état de l’assassinat à Dawirba, dans la commune de Tougouri (province du Namentenga), de Souleymane Somwaoga Sawadogo, ancien conseiller municipal dudit village. Un drame survenu dans la nuit du lundi 24 au mardi 25 avril 2017 pendant que la victime dormait seule devant sa maison. Agé d’une cinquantaine d’années, l’ex-élu local était le chef koglweogo de son patelin. Ses « frères d’armes » koglweogo du Namentenga et du Sanmatenga se sont donc aussitôt lancés à la recherche des auteurs du crime et des sources concordantes indiquent que la battue a été fructueuse, puisque quatre suspects viennent d’être interpellés.

 

Le vendredi 5 mai prochain, Me Barthélemy Kéré recevra la médaille de chevalier de la Légion d’honneur française au sein de la résidence de l’ambassadeur de France à Ouagadougou. L’ancien président de la CENI avait déjà été élevé au rang de chevalier de l’Ordre national du Mérite.

 

Face à l’insécurité grandissante et à l’amalgame qui est fait entre islam et djihadisme par certains, des érudits de cette religion de paix s’investissent de plus en plus pour apporter un éclairage sur ces concepts. C’est ainsi que, ce samedi 29 avril, en marge de la cérémonie de fin de lecture du Coran par les élèves de l’institut qui porte son nom et du doua qui s’ensuivra, Cheick Adama Aorèma Ouédraogo interviendra sur le sujet à travers un prêche. Ce sera dans le quartier Nonsin, au secteur 14 du 3e arrondissement de Ouagadougou, à partir de 08h00. Pour le président fondateur de l’association At-Tarbiya Al-Islamiya, islam a toujours rimé avec paix et amour d’autrui.

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