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Modification de la Constitution : Le compte à rebours a commencé

Cher Wambi,

 Une campagne s’achève et une autre commence ; celle qui, évidemment, nous conduira vers le fameux référendum tel que voulu et dessiné par le Grand Sachem et sa cour.

Le chien a beau aboyer, en effet, la caravane présidentielle continue allègrement son chemin.

C’est ainsi, cher cousin, qu’avant même le retour de Manitou de Dubaï où il était allé plaider la cause de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) auprès des investisseurs du 08 au 10 septembre 2014, ses sujets sont passés à la vitesse supérieure, muant la pétition tant annoncée pour le référendum en proposition de la Loi portant modification de la Constitution.

Soungalo Appolinaire Ouattara, président de l’auguste Assemblée et coiffé naturellement de la casquette CDP, à la manœuvre, tous les députés du parti majoritaire, le Congrès pour la démocratie et le progrès, ne se sont guère fait prier pour apposer leurs signatures à la proposition de Loi portant modification de la Constitution, aidés dans cette tâche exaltante par les honorables élus de la mouvance présidentielle, à savoir ceux de la CFDB, de l’ODT, du RDB, de l’UPR et de l’UNDD.

Foi de l’hebdomadaire L’Opinion qui a ainsi abattu le lièvre levé le mardi 9 septembre par L’Observateur paalga, c’est en tout cas 81 députés qui auront souscrit à cette initiative, soit ‘’la majorité qualifiée de 2/3 nécessaires pour réaliser par eux-mêmes les changements qu’ils veulent’’.

Mais trêve de bavardage, cher Wambi, et daigne porter l’intégralité de ladite proposition de loi à la connaissance des fidèles clients de ton cabaret fétiche :

 

Proposition de loi portant modification de la Constitution

 

EXPOSE DE MOTIFS

 

Depuis l'adoption de la Constitution du 02 juin 1991, notre pays connaît, pour la première fois de son histoire, une stabilité politique et une paix sociale appréciables. En effet, la courte durée de vie (très brève) de chacune des trois premières républiques et la longue période des régimes d'exception ont constitué une source de motivation de la classe politique à œuvrer à l'avènement de la 4e République. C'est tirant leçon de ces périodes que les acteurs politiques et sociaux, sous la conduite du président Blaise Compaoré, ont dû surmonter leurs divergences pour aboutir à la constitution du 02 juin 1991 adoptée par référendum. Cette loi fondamentale a permis la mise en place des institutions, l'organisation régulière des compétitions électorales et la régulation, de manière générale, de la vie politique dans notre pays, fondements de la stabilité et de la paix sociales. Au nombre des divergences surmontées figurait la question de la limitation des mandats présidentiels.

Fort des acquis démocratiques enregistrés dès lors et prenant en compte les paradigmes de l'évolution sociopolitique de notre pays, la Constitution de la 4e a connu, en deux décennies, sept révisions dont les deux premières ont porté sur les mandats présidentiels. La première révision intervenue en 1997 par la loi n°002-97-ADP du 27 janvier 1997, votée à la majorité qualifiée de l'Assemblée des députés du peuple, a modifié, entre autres, l'article 37 pour lever la limitation du nombre de mandats présidentiels. La seconde, en 2000, par la loi 003-2000-AN du 11 avril 2000, également votée à la majorité qualifiée de l'Assemblée nationale, a procédé à la modification de l'article 37 pour établir la clause limitative des mandats du président du Faso.

C'est dire combien la question de la limitation ou non des mandats présidentiels reste une question politique majeure récurrente dans notre pays.

Malgré la volonté politique, plusieurs fois manifestée, de résoudre cette question par la voix consensuelle, celle-ci continue de diviser la classe politique burkinabé et même de plus en plus les acteurs sociaux et fait l'objet, ces derniers temps, d'agitations politiques (marches et meetings de soutien ou de rejet... de l'opposition ou de la majorité...) et de menaces à la paix sociale.

Au regard de l'échec des tentatives d'obtenir un consensus entre les acteurs politiques par le dialogue, la seule voie démocratique de résolution du problème est celle de la consultation du peuple souverain, constituant originel.

 

« PROPOSITION DE MODIFICATION DE L'ARTICLE 37 DE LA CONSTITUTION

En conséquence, les députés signataires de la présente Initiative :

- Vu la Constitution, notamment en ses articles 49, 161 et 162

- Considérant qu'ils représentent.....% des membres composant l'Assemblée nationale;

- Considérant la loi n°001197/ADP du 23 janvier 1997 fixant les conditions de mise en œuvre de la procédure de révision de la constitution, qui dispose en son article 7 alinéa que "toutefois, le projet peut être soumis au référendum indépendamment de toute saisine de l'Assemblée" ;

1. proposent que le projet de texte ci-joint soit soumis au référendum en demandant aux électeurs de se prononcer par OUI ou par NON;

2. demandent au président de l'Assemblée nationale de transmettre la présente proposition au président du Faso et au gouvernement afin que ceux-ci usent de leurs prérogatives en la matière.

 

Ainsi fait à Ouagadougou, le

Ont signé

 

Proposition de loi portant modification de la Constitution.

 

L'article 37 de la constitution est modifié et rédigé comme suit :

Article 1 : le Président du Faso est élu pour 5 ans.

Il est rééligible dans les conditions prévues par la présente Constitution.

Article 2 : la présente loi abroge toutes dispositions antérieures contraires et sera exécutée comme loi de l'Etat».

 

Maintenant quel accueil l’opposition reversera-t-elle à cette proposition de loi alors que le grand Sachem n’a pas encore deserré les dents ?

En tout cas si je m’en tiens aux déclarations antérieures de certains porte-flambeau de la contestation, les Burkinabè auront des soucis à se faire pour désamorcer ces gros nuages sombres qui s’amoncellent sur leur beau pays.

Mais serait-ce seulement des oiseaux de mauvais augure ?

Sans botter en touche, j’en connais, cher cousin, qui ne rentrent pas chez eux sans s’être assurés que le plein de leur réservoir est fait, et pour cause.

 

En attendant, cher Wambi, que dire du printemps des vraies fausses et des fausses vraies démissions des partis de l’opposition au profit du parti majoritaire que nous vivons depuis la porte ouverte par René Emile Kaboré ?

En attendant d’en savoir davantage dans les jours à venir, la ville de Sya n’est pas sans retenir mon attention.

 

L'ombre de la section provinciale du CDP/Houet a plané sur les récentes démissions enregistrées au sein du MPP.

C'est le moins qu'on puisse dire au regard des nombreuses tractations menées durant toute la semaine dernière pour convaincre d'ex-camarades du parti au pouvoir qui avaient rallié la formation politique de Roch Marc Christian Kaboré de retourner à la «maison». Trois noms sont régulièrement cités dans les milieux politiques bien avertis à Bobo-Dioulasso : il s'agit de ceux de l'ex-député Hadja Naba Diané, de l'ex-maire de Dafra Sidi Sanogo et de l'ex-conseiller Honoré Sanou. Selon les informations de sources dignes de foi, ces trois anciens militants du CDP/Houet étaient sollicités pour animer la conférence de presse des démissionnaires MPP du 09 septembre 2014 au Patro. Ce qu'ils auraient refusé et ce, malgré les promesses jugées mirobolantes (attribution de postes de responsabilités et d'importantes sommes d'argent) qui leur ont été faites. Armand Sawadogo qui conduisait la liste des démissionnaires n’aurait été en réalité qu'une solution de dernière minute. Ce qui pourrait alors expliquer les nombreuses difficultés du conférencier à répondre aux questions des journalistes. Lui qui déclarait vouloir s'en tenir à sa déclaration liminaire.

Armand Sawadogo n'était d'ailleurs pas au bout de ses peines puisqu'à la fin de sa conférence, il a été pris à parti par des jeunes qui exigeaient le respect des engagements pris par les démissionnaires. Séance tenante, chaque participant à cette conférence de presse se devait de passer à la caisse pour recevoir 1000 FCFA. Des journalistes qui ont pris part à ce point de presse ont été pour leur part invités par un conseiller du secrétaire général du CDP/Houet et maire de la commune de Bobo pour recevoir des frais de carburant estimés à 5000 F.

 

L’on ne cessera de le dire, cher cousin, ils sont une foultitude aujourd’hui, les «militants» qui sont nés avant la honte.

Tipoko l’Intrigante, qui refuse de s’inscrire à cette école se réjouit, elle, des relevés pluviométriques de la semaine du jeudi 04 au mercredi 10 septembre avant de t’ouvrir son carnet secret.

Ainsi donc faut-il noter pour mémoire :

 

Dori : 76,3 mm ; Ouahigouya : 83,6 mm ; Ouagadougou-aéro : 19,5 mm ; Dédougou : 27,1 mm ; Fada N’Gourma : 49,5 mm ; Bobo-Dioulasso : 69,3 mm ; Boromo : 39,2 mm ; Pô : 39,6 mm ; Gaoua : 22,1 mm ; Bogandé : 38,8 mm.

 

- Depuis un certain temps, la direction générale de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) et les délégués du personnel ne sont pas sur la même longueur d’onde. Ceux-ci accusent celle-là notamment de faute de gestion et lui enjoignent de satisfaire leur plate-forme revendicative, qui souligne plutôt les performances réalisées par la boîte et qui lui valent des félicitations de sa hiérarchie. Depuis le début de la semaine, les choses semblent bouger dans le bon sens. En effet, selon des sources bien informées, la DG, Somkinda Traoré, a transmis ses réponses, sur la plate-forme revendicative aux délégués et au collège des délégués du personnel lundi 8 septembre dernier. De ces réponses, déclinées en 10 points, on peut retenir la nomination d'un DRH, la mise en place d'un comité qui est déjà à pied d'œuvre depuis ce jeudi sur les deux points essentiels de la plate-forme : la relecture de la grille indemnitaire avec pour date d'effet le 1er janvier 2014 et le relèvement des salaires de 30% pour compter d'octobre 2011. On apprend également qu'un dossier a été soumis au Conseil d'administration à l'effet de permettre au personnel d'acquérir à tempérament des parcelles SONATUR, des villas AZIMMO ou CNSS (villa du 11-Décembre). Espérons que le dialogue se poursuivra pour l'intérêt de tous.

 

- Le secrétaire général de la section CDP de l’arrondissement 7, vice-président du Conseil régional du Centre, Yamba Antoine Bougouma, a maille à partir avec les éléments de sa base du secteur 33. En effet, celui-ci est accusé de faire cavalier seul dans le bureau de la représentation locale du parti au pouvoir. On l’accuse d’avoir renouvelé l’équipe exécutive sans ses anciens camarades, actuellement en fronde contre lui. Il nous revient que des problèmes de gestion de fonds de campagne et de fonctionnement seraient à l’origine de cette guéguerre, au point que les croquants n’écartent pas l’idée de larguer les amarres si la direction du parti ne change pas. Des sources proches de l’incriminé font état de malentendus et peut-être même de coups montés. Mais pour sûr, M. Bougouma aurait confié qu’il s’agit de remplacements de membres qui auraient quitté le bureau CDP du secteur 33. Il s’agit notamment des représentants des jeunes, des femmes et des anciens. Le bureau n’est donc pas renouvelé, puisque ce n’est pas encore la fin de son mandat, soutient-on du côté du Conseil régional du Centre. «De simples réaménagements» qui font pourtant des gorges chaudes au sein de la section. Mais en attendant qu’Assimi Kouanda daigne passer la cellule à la loupe, la température ne cesse de monter dans les rangs des militants.  

 

- Menaces de mort et de destruction de maisons seraient les stratégies utilisées par un groupe d'individus pour déguerpir les sieurs Abdoudou Abaké, Coulibaly Balla, dit Moussa, Kanté Lensséni et Guira Salifou, tous demeurant à Kampti, de leurs domaines familiaux. Pour les «infortunés», qui ont déjà déposé une plainte contre X pour tentative d'agression de leurs personnes, leurs agresseurs seraient instrumentalisés par des politiciens tapis dans l'ombre dont le seul objectif est de les spolier de leurs domaines familiaux. Les commanditaires de cette basse besogne n'auraient pas hésité à dérouler leurs plans en envoyant des gens casser leurs maisons en l'absence même d'une procédure de déguerpissement. Chose impensable dans un Etat dit de droit. C'est pourquoi ils appellent à l'intervention du procureur du Faso afin qu'il rappelle aux uns et aux autres que nul n'est au-dessus de la loi et que tous ceux qui prétendent se faire justice subiront la loi dans toute sa rigueur.

 

- Qui l’eût cru ? Corvée champ au XXIe siècle ! C’est ce qui se passe dans certaines provinces, en l’occurrence le Sanmatenga, en cette période d’hivernage. En effet, des fonctionnaires de l’Etat, profitant de leur statut, exploitent honteusement les populations qui ont recours à eux. Si ce n’est pas l’instituteur qui convoque les élèves pour labourer son champ, avec punition corporelle de ceux qui ne s’exécutent pas, c’est l’accoucheuse qui en fait autant des femmes qui viennent pour la pesée ou pour des soins. Et il arrive que les pauvres plient l’échine jusqu’à midi, avec pour seule mesure d’accompagnement de l’eau plate. Si ce n’est pas de l’esclavage des temps modernes, ça s’y apparente.

 

- Après sa sortie fort réussie dans le Houet, l’UDPS/N (Union pour le développement de la province du Sanmatenga/Natigmibzanga) rencontrera les ressortissants de la région du Centre-Nord résidant dans la capitale et ses environs le samedi 13 septembre 2014 à la MJCO (Maison des jeunes et de la culture de Ouagadougou) à partir de 9h.

Sous la houlette du gouverneur, Mariam Diallo, les débats s’articuleront autour de comment réussir en 2015 l’organisation du 11-Décembre, la fête de l’indépendance qu’abritera la capitale des cuirs et peaux et des brochettes au calalou.

Un rendez-vous donc crucial à inscrire en bonne place dans vos agendas !

 

- Saidou Nagréongo, après avoIr été porté à l'écran dans des filmes documentaires, est de nouveau à l'honneur dans un autre média, le livre. El Hadj Saïdou Bikienga : Un leadership altruiste en mouvement. Regard d'un coach. C'est le titre de l'ouvrage fait par Poussi Sawadogo, qui est par ailleurs, secrétaire général du gouvernement et du conseil des ministres consacré à ce tradipraticien dont la renommée a traversé depuis plusieurs années les frontières du Burkina Faso. C'est une œuvre originale qui résume à la fois la philosophie, l'action et les principales réalisations du guérisseur de Nagréongo.

Ce livre paru en août 2014, qui est aussi une invitation du citoyen à s'inspirer du bel exemple du célèbre tradipraticien, est en vente au modique prix de 5000 FCFA au secrétariat général du gouvernement et du conseil des ministres.

 

Tipoko l'Intrigante n'apprend rien d'elle-même, elle n'invente jamais rien. Tipoko l'Intrigante est un non-être. Elle n'est ni bonne en elle-même, ni mauvaise en elle-même. Elle fonctionne par intuition, car "l'intuition c'est la faculté qu'a une femme d'être sûre d'une chose sans en avoir la certitude..."

 

Ainsi va la vie.

Au revoir.

Ton cousin

Passek Taalé.

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