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Les militaires et la politique : L’interdiction définitive dans la ligne de mire

Protocole, tapis rouge, tenus d’apparat, hauts gradés, présence effective du président du Faso, cérémonie solennelle… Le moins que l’on puisse dire est que l’installation de la Commission pour la réforme des Forces armées nationales hier 08 décembre 2015 a été des plus officielles. Force est de reconnaître que les membres de ladite commission qui ont, à compter de cette date, 6 mois pour rendre leurs conclusions au ministre de la Défense nationale et des Anciens combattants ont une mission des plus importantes : l’élaboration du plan stratégique 2017-2021 pour la réforme des Forces armées nationales avec trois principales orientations :

 

  • l’interdiction définitive de l’implication du militaire dans la politique ;
  • le renforcement de la responsabilité ;
  • le renforcement de la bonne gouvernance.

Depuis sa création en 1960, l’Armée nationale, en plus de ses missions régaliennes de défense de l’intégrité territoriale et de protection des personnes et des biens, a toujours joué un rôle important dans la vie politique de notre pays, comme l’a souligné le Président du Faso, ministre de la Défense nationale et des Anciens combattants, Michel Kafando, dans la seule allocution qui a ponctué la cérémonie. Pour s’en convaincre, il suffit, selon le chef suprême des armées, de noter que «sur les 8 chefs d’Etat qu’a connus le Burkina Faso, 6 étaient militaires.» Une implication de l’armée dans la politique certes salutaire mais aux conséquences très dommageables sur le fonctionnement de l’institution militaire et de la vie de la Nation. Mutineries dans les casernes, crises à répétition impliquant le Régiment de sécurité présidentielle, coup d’Etat du 16 septembre 2015 sont autant d’exemples négatifs.

Pour Michel Kafando, dans le renouveau démocratique entamé le 29 novembre 2015, par le peuple burkinabè, l’armée nationale se devait de mettre au goût du jour à travers une réforme profonde. C’est l’objet de la Commission (voir décret de création en encadré) qu’il a solennellement installé hier et à laquelle il a donné un délai de 6 mois pour «faire des propositions réalistes à même de lever les obstacles à la construction d’une véritable armée républicaine». «Votre responsabilité est grande dans l’atteinte des objectifs de la mission qui vous est confiée et qui consiste à mettre à la disposition des autorités politiques et militaires, l’éclairage nécessaire permettant de prendre des décisions pertinentes engageant l’avenir des FAN», n’a-t-il pas manqué de souligner aux membres nouvellement installés.

 

Boowurosigué Hyacinthe Sanou

 

 

 

 

Le ministre de la Défense nationale et des Anciens combattants,

 

Vu la Constitution ;

Vu la charte de la Transition ;

Vu le décret n°2014-001/PRE5-TRANS du 18 novembre 2014 portant nomination du Premier ministre;

Vu le décret n°2015-891/PRES-TRANS/PM du 19 juillet 2015 portant attribution des portefeuilles de la Défense nationale et des Anciens combattants et de la Sécurité;

Vu le décret n°2015-892/PRES-TRANS/PM du 19 juillet 2015 portant remaniement du Gouvernement ;

Vu la loi n°74-60/AN du 03 août 1960 portant création de l'Armée nationale;

Vu la loi n°019-2015/CNT du 05 juin 2015 portant statut général des personnels des Forces armées nationales;

Vu le décret n°2014-337/PRES/PM/MDNAC du 06 mai 2014 portant organisation du ministère de la Défense nationale et des Anciens combattants;

Sur proposition du chef d'Etat-Major général des Armées;

 

DECIDE

 

Article 1 : Il est créé une Commission d'élaboration du Plan stratégique 2017-2021 pour la réforme des Forces armées nationales dont les travaux sont conduits conformément aux orientations suivantes :

- l'interdiction définitive de l'implication du militaire dans la politique ;

- le renforcement de la responsabilité ;

- le renforcement de la bonne gouvernance.

 

Article 2 : Elle est composée comme suit :

 

 

Article 3 : La Commission se réunit sur convocation de son président et peut faire appel à toute autre personne ressource en cas de besoin.

 

Article 4 : La commission dispose de six (06) mois pour compter de sa date d'installation pour soumettre le document final au ministre de la Défense nationale et des Anciens combattants

 

Article 5 : Le chef d'Etat-Major général des Armées, le secrétaire général du ministère de la Défense nationale et des Anciens combattants et le Directeur central de l'Intendance militaire sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l'exécution de la présente décision.

 

Michel Kafando

 

Commentaires   

0 #8 Sacksida 10-12-2015 11:16
C’est Thomas Sankara qui disait : « Un militaire sans formation politique et patriotique est un criminel en puissance » ! Cette assertion peut avoir une double interprétation. A notre humble avis, cette déclaration pose toute la problématique du rapport de l’Armée à la politique. Si la « mise à l’écart des militaires de la sphère politique » signifierait que les militaires sont interdits de faire la politique active, comme battre campagne ou mener des activités politiques pour accéder à la magistrature suprême, c’est tout à fait réaliste, faisable et même nécessaire ! Car l’Armée ne saurait se mettre au service d’un quelconque parti politique ! Mais, si par contre cette « mise à l’écart » signifierait de cantonner strictement les cadres militaires dans leurs casernes sans possibilité aucune en cas de besoins, qu’ils occupent des fonctions techniques et politiques, tels que : Ministres, Ambassadeurs, Directeurs etc. nous pensons humblement que ce serait une grave erreur à ne pas commettre ! Au demeurant, par exemple, si dans un gouvernement, les départements ministériels techniques et politiques sont professionnalis és, alors vous aurez les Ministères de la Défense et de la Sécurité qui constituent des secteurs très sensibles et stratégiques, et pour lesquels il faudrait également des spécialistes en la matière ! Que faire si même à ce niveau, il y’a des interdictions ? Voyez-vous, il y’a des questions qui ne sont pas seulement théoriques mais pratiques ! D’autre part, il faut que les cadres civils politiciens fassent également leurs autocritiques sincères dans la gouvernance de l’Etat, car ils n’ont pas toujours gouverné, pour ceux qu’on a connus, en respectant la volonté du peuple ! Conséquemment, ce sont les « Crises de Gouvernances », « la Mauvaise gouvernance », « Les tribalismes, les népotismes et les injustices sociales » qui conduisent toujours et le plus souvent à des « pronunciamiento s » dans nos pays en Afrique ! A cet effet, le Burkina a raté plusieurs fois l’occasion d’instituer une Conférence Nationale, qui aurait pu traiter de toutes les questions d’intérêts nationales, dont la place et le rôle de l’armée dans notre structuration institutionnell e, démocratique et politique afin d’arriver à une stabilité démocratique, politique, économique et sociale dans l’intérêt du peuple Burkinabé ! C’est notre point de vue ! Dieu Bénisse le Burkina Faso ! Salut !
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0 #7 Henri_Sebgo 09-12-2015 20:18
Encore une commission de plus et des dépenses en plus pour le "MAIGRE BUDGET D'AUSTÉRITÉ" de la Transition. Or le Collège de Sages avait, suite à la TUERIE DE SAPOUY, réfléchi à tout cela! Bref.Je comprend qu'il faut que tous soit remerciés d'une façon ou d'une autre vue que la table de festin est trop petite pour recevoir tout le monde.
Une commission spéciale! Hum...Pour:
1-l'interdiction définitive de l'implication du militaire dans la politique ;
2- le renforcement de la responsabilité ;
3- le renforcement de la bonne gouvernance.
Pour le 1, il faut aussi que le politiques'abst ienne d'utiliser les codos à ces fins personnelles. Car les abus de pouvoir sont légion sous nos cieux, il faudra aussi trouver un moyen pour interdire les liaison dangereuses. les force doivent donc s'équilibrées entres militaire et homme politique sinon "too many power in one man hand is dangerous".
Mais question. Vont-ils accepter renoncer à leur droit de vote? car à ce que je sache, en démocratie pure, un militaire ne vote pas, car voter, c'est prendre partie pour un camps pour quelqu'un qui doit rester neutre!?
Pour le 2, comme il s'agit de renforcement , pas de commentaire. Avec la réaction des jeunes officiers suites au COUP D'ETAT LE PLUS BÊTE DU MONDE, on peut se dire que ca va déjà.Sauf les vieux dinosaures, mais bientôt ils demanderont la retraite anticipée quand il se rendront compte qu'il sont rétrogrades.
Pour le 3 là, il faut reconnaitre qu'il y a beaucoup pas faire. Mon armée est pourrie comme l'usine de Tan ALIZ: corruption, népotisme, détournements, exploitation des soldats de rang, enrichissement illicite, etc., tout y est. Donc sur ce point il faut des mesures fortes, énergique quitte à faire perdre du poids à certains militaires qui, depuis la fin de leur formation, ne connaissent de terrains que leur bureau climatisé et leurs 2ème ou 3ème bureau.
Aussi surtout N'OUBLIEZ PAS DE relire cette loi taillée sur mesure pour s'auto-congratu ler: LA LOI ZIDA, portant sur la nomination des généraux.
Henri_Sebgo.
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0 #6 le_moine 09-12-2015 18:32
La relation ambivalente entre notre démocratie et notre armée doit être normalisée maintenant ou jamais. L'armée doit définitivement cesser d'être un acteur politique dans notre pays. Elle doit demeurer une institution républicaine soumise au pouvoir civil. Sa fonction est de défendre Notre Souveraineté.
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0 #5 neilson 09-12-2015 18:27
Après leur service actif, nos bidasses peuvent aller cueillir des goyaves, pêcher des grenouilles, boire du bangui ou du gnontoro avec toegui si ça leur chante ou à défaut faire de la politique, mais on ne s'aurait être juge et partie. Être le dernier rempart pour le rétablissement de la l'égalité républicaine et vouloir être acteur majeur dans la gestion quotidienne de la cité; c'est contre nature et ça a toujours été ainsi dans toutes les démocraties à travers le monde. On opte dès le départ, soit pour la carrière militaire avec ses avantages et ses inconvénients, soit pour la vie civile et là aussi avec les avantages (dont celui de pouvoir faire de la politique ) et les inconvénients. C'est parce que les gens prennent le job qui se présente au lieu du job qu'ils ont toujours rêvé exercer (même au primaire on demande ce que chacun veut faire plus tard ) que cela nous arrive!
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0 #4 Alex 09-12-2015 16:21
Parfaitement d'accord avec Koro Yamyélé dans son deuxième écrit. Mais en ce qui concerne le premier, je pense que Zida a bien mérité son grade de général. Et il en sera fier avec ceux qui l'aiment. Seuls les jaloux vont maigrir jusqu'à périr. Koro, peux-tu me dire ce qu'ont fait les autres généraux pour mériter leur grade de général ? Ont-ils été à la guerre ? Kôrô, je pense que tu disjonctes parfois ou bien c'est de l'antipathie naturelle que tu as pour Zida. Sinon, je ne comprend pas. Ce qu'il a vécu et fait, c'est plus qu'aller à la guerre.
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0 #3 Kôrô Yamyélé 09-12-2015 08:38
''l’interdictio n définitive de l’implication du militaire dans la politique''.

- Excellent ! Voilà qui va mettre fin aux appétits voraces de ZIDA ! Alors il a le choix :

1/- Démissionner de l'armée et ne pas jouir du naam de son grade de ''Généralissime '', se présenter aux présidentielle de 2025 avec le risque d'échouer comme RAM et être la risée de tous,
2/- Rester dans l'armée et baisser chaque fois la tête car son grade ne permettra pas qu'il crâne trop.

- Le vieux M'Bâ Michel a intronisé ZIDA avec un bonnet de beurre. Il ne peut pas sortir avec pour faire voir son naam car le soleil va fondre son bonnet et le beurre va couler et fermer ses yeux !

Par Kôrô Yamyélé
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0 #2 Anta 09-12-2015 08:26
Est-ce qu'on avait besoin d'une commission pour débarrasser le terrain politique des mines, grenades et kalaschnikov? Nous burkinabè, avait pris l'habitude de trop pinailler, si bien qu'on se retrouve avec vingt mille décisions contradictoires qu'il faut ensuite démêler avec d'autres commissions qui vont fabriquer d'autres contradictions. Les militaires eux-mêmes savent que dorénavant, leur place est là où on les a destinés après leur incorporation dans l'armée, c'est-à-dire dans la caserne. Ô Toégui, ne meurs pas, sinon tu auras à faire à ma spatules!
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0 #1 Kôrô Yamyélé 09-12-2015 08:17
- Pourquoi vous avez si peur quand il s'agit de parler des militaires ! Il faut arrêter avec ce comportement qui flatte leurs égos ! Ce que vous n'avez pas dit, c'est que tous ces 6 militaires ont prit le pouvoir suite à de la pagaille ou des coups d'Etat. Voici la situation :

- Lamizana : A pris le pouvoir suite à une insurrection popupalaire. Donc pas élus démocratiquemen t au départ.
- Saye ZERBO : A fait un coup d'Etat contre son frère samo, ce que le vieux Lamizana n'a jamais dégéré. Donc il n'est pas démocratiquemen t élui lui aussi. Il a interdit aux fonctionnaires de boire aux heures de service mais c'était mal les connaitre ! Les foncionnaire ont trouvé ne parade : Ils vident la bière dans une boîte vide en aluminium de lait Guigoz qu'ils emportent avec eux. Certains mettent même dans le frigo du service et pintent après au serve même, caché au fond d'un couloir !
- Jean-Baptiste OUÉDRAOGO : C'est suite à un coup d'état qui lui aussi il est devenu président. En fait celui qui a orchestré le coup à savoir SOMÉ Y. Gabriel lui a confié le pouvoir en attendant. Donc il n'a pas été élu démocratiquemen t.
- Thomas SANKARA : Il a fait un coup d'Etat et malgré sa popularité, il n'a pas été élu démocratiquemen t. En fait c'est BLAISE et ses hommes qui ont fait le coup et ils ont ensemble désigné SANKARA pour prendre le pouvoir.
- Blaise COMPAORÉ : Avec Gilbert DIENDERE, ils ont fait le coup d'Etat le plus sanglant de l'histoire de ce pays avec plusieurs morts. BLAISE n'a pas été élu démocratiquemen t donc et il s'est attellé à trafiquer chaque fois les élections qui ont suivi pour demeurer au pouvoir. C'est le seul aussi dont toute la famille et belles-fammille s ont trempé leurs sales pattes dans les affaires de l'Etat au point de mettre le pays à genoux. Ils ont été chassés honteusement du pouvoir par une insurrection populaire le 31 octobre 2014.

Par Kôrô Yamyélé
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