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Enlèvement d’une religieuse au Mali : Ils n’ont vraiment pas peur de Dieu !

« Des individus sont arrivés en début de nuit dans la communauté des Sœurs franciscaines, ont cassé la porte de leur maison, s’y sont introduits et en sont repartis avec quelques biens matériels, notamment informatiques, (et) une des religieuses de la communauté (…). Ils sont partis d’abord avec la voiture de la communauté jusqu’au bord du goudron et à partir de là, ils ont laissé le véhicule et sont partis avec la religieuse, certainement à moto. Il semblerait qu’il n’y ait pas eu de coups de feu, mais cela reste à vérifier ». Voilà comment l’abbé Edmond Dembélé, secrétaire général de la Conférence épiscopale du Mali, explique l’enlèvement d’une bonne sœur d’origine colombienne vers Koutiala, dans la région de Sikasso. Cela s’est passé dans la nuit du mardi 7 au mercredi 8 février courant. Ce n’était donc pas à Tombouctou, Gao, Ménaka et encore moins à Kidal, mais bien dans la partie sud du vaste territoire malien, à quelque 300 km de Bamako, près de nos frontières. Une contrée qui jusque-là se croyait à l’abri des actes terroristes ; un îlot de quiétude dans cette vaste zone de turbulences qu’est devenu le pays de Modibo Keita.

 

Autre détail inédit dans ce qui vient de se passer, c’est la première fois, sauf erreur ou omission, que les narco djihadistes qui ont fait main basse sur le grand nord sur fond de choc des religions s’en prennent, ès qualité, à une bonne sœur, autant dire à une éminente servante de l’église catholique certes, mais en fait de toute la communauté de Karangasso où elle œuvre depuis une dizaine d’années pour le bien-être des populations.

Le plus frappant dans tout cela, c’est que ce rapt intervient 48h après la rencontre au sommet du G5 Sahel qui s’est tenu sur les rives du Djoliba autour du thème : « La situation sécuritaire au Mali et son impact sur le Sahel ». Une réunion au cours de laquelle dirigeants malien, burkinabè, nigérien, tchadien et mauritanien sont encore une fois tombés d’accord sur l’impérieuse nécessité de mutualiser leurs moyens pour venir à bout de cette hydre transfrontalière qui bien qu’implantée au Mali étend ses tentacules jusqu’aux confins du Sahel. Et à peine les délégations se seront-elles séparées que cette attaque intervient comme pour dire à IBK et à ses pairs du G5 : « Causez toujours ; nous on agit ».

Il est vrai que depuis le temps où l’on parle d’unir ses forces pour venir à bout de la menace qui pèse sur toute la région, l’opérationnalisation tarde à se faire. Certes, il y a eu à l’issue du sommet de N’Djamena la création d’une force militaire conjointe et la mise en place dans la foulée d’un comité de défense et de sécurité ainsi que d’une plate-forme de coopération en matière de sécurité. Un véritable arsenal… sur le papier.

Pas suffisant pour dissuader des individus armés qui prétendent agir au nom d’Allah et s’en prennent à d’innocentes nonnes qui contribuent à soulager les misères des populations sans discrimination notamment religieuse. C’est vraiment la preuve que ces gens-là n’ont pas peur de Dieu.

 H. Marie Ouédraogo

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