Menu
FLASH INFOS

Une Lettre pour Laye : Pacéré défendra Luc

Cher Wambi,

Annoncé pour mars dernier, finalement, c’est en principe le jeudi 27 avril 2017 dans une des salles d’audience du Tribunal de grande instance (TGI) de Ouagadougou que devrait débuter le procès des membres du dernier gouvernement de Blaise Compaoré. En l’absence de ce dernier, exilé comme tu le sais à Abidjan depuis sa chute, l’ex-Premier ministre Luc Adolphe Tiao et ses ministres comparaîtront devant la Haute Cour de Justice pour répondre des chefs d’accusation d’homicide volontaire, de blessures volontaires ou de complicités de ces deux infractions dans le cadre de la répression de l’insurrection populaire.

 

Je dis bien «devrait débuter», car il se pourrait, en effet, que le procès soit décalé, pour ne pas dire renvoyé à une autre date. Selon des personnes bien introduites, ce report pourrait être de quelques jours afin d’éviter un télescopage avec un colloque international du Barreau burkinabè. Cette activité, présidée par le chef de l’Etat Roch Marc Christian Kaboré, devrait connaître la participation de tous les avocats de notre pays du 27 au 29 avril 2017.

Or, comme tu le sais, en matière pénale, on ne peut pas juger un accusé sans son avocat. C’est dire que des deux évènements (procès et colloque), un pourrait et même devrait être reporté. Il ne reste plus qu’à espérer qu’avocats et magistrats trouveront un accord pour que l’un et l’autre puissent se tenir dans la sérénité et sans télescopage.

Pour revenir à ce procès, cher Wambi, je te précise que deux ministres seront absents du box des accusés : il s’agit du colonel Yac (Yacouba Ouédraogo des Sports et des Loisirs) et de la ministre Clotilde Ki du Budget. Ces deux personnalités étaient en mission et n’ont pas assisté au fameux conseil des ministres du 29 octobre 2014 au cours duquel la décision de faire intervenir les forces de 3e catégorie (l’armée) aurait été prise.

Il faut savoir qu’à l’époque, un comité de crise avait été mis sur pied par le gouvernement. Ce comité s’est vite rendu compte que le maintien de l’ordre traditionnel serait inefficace eu égard au nombre des manifestants qui déferlaient dans les rues. C’est dans ce contexte qu’il a été fait appel aux militaires. Cette décision de recourir à l’armée ne pouvait être prise que par le Premier ministre, et Luc Adolphe Tiao s’est exécuté.

Cher Wambi, comme tu le sais, Blaise Compaoré sera jugé dans ce dossier. Si l’état actuel de notre droit positif ne permet pas de juger le chef de l’Etat, il faut préciser qu’ici, c’est en tant que ministre de la Défense que l’Enfant terrible de Ziniaré est poursuivi. Mais le mari de Chantal sera jugé par contumace puisqu’il est depuis exilé sur les bords de la lagune Ebrié où il a même acquis la nationalité ivoirienne.

Le concernant, Ouagadougou bruit d’ailleurs de toutes les rumeurs selon lesquelles son avocat, Me Olivier Sur, ancien bâtonnier du Barreau de Paris, débarquera dans notre capitale. Il se susurre même que le célèbre avocat, qui a déjà défendu François Compaoré dans le dossier David Ouédraogo, aurait dans ses valises une tonne d’exceptions de procédure et de jurisprudences à même de faire annuler ce procès.

Et pourtant, cher Wambi, il n’en est rien. Me Olivier Sur ne sera pas à Ouagadougou lors de ce procès, en tout cas pas pour défendre Blaise Compaoré, pour la bonne et simple raison qu’à partir du moment où l’ancien président du Faso ne sera pas présent au procès, il ne peut pas se faire représenter par un avocat. C’est juste une simple application de la loi qui dit qu’en matière pénale, si l’accusé ne comparaît pas, il ne peut pas avoir d’avocat.

D’ailleurs, selon des sources proches du dossier, jusqu’à la date d’hier, aucun avocat étranger n’était constitué dans cette affaire. Cependant, rien n’empêche un accusé, même à l’audience, de s’attacher séance tenante les services d’un conseil, national ou étranger.

Parlant d’avocats, cher cousin, comme tu peux l’imaginer, il y aura du beau monde au prétoire à l’occasion de ce procès. Luc Adolphe Tiao sera défendu par un bataillon d’avocats dont le doyen Me Titinga Frédéric Pacéré, Me Antoinette Ouédraogo et Me Armand Bouyain.

Cher Wambi, vu le nombre des inculpés, je ne peux pas te donner ici la liste des ministres et de leurs conseils. Mais retiens par exemple que Jérôme Bougouma a pour avocats Anna Ouattara et Paulin Salembéré ; Alain Edouard Traoré, quant à lui, a trois conseils : Mamadou Traoré, Dieudonné Bonkoungou et Armand Bouyain. Bongnessan Arsène Yé sera défendu par Dieudonné Bonkoungou et Armand Bouyain, tandis que Me Halidou Ouédraogo est constitué auprès de Nestorine Sangaré et qu’Arthur Kafando est assisté de Me Mamadou Sombié.

Les accusés risquent des peines allant de 10 à 20 ans de prison, et ceux qui seront effectivement condamnés purgeront leur peine à la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO). Les ex-ministres qui ont fui le territoire seront jugés par contumace. C’est le cas par exemple de Blaise Compaoré. Mais une fois leur culpabilité établie, la justice pourrait adresser des demandes d’extradition afin qu’ils viennent purger leurs peines au bercail.

En tout cas ce procès sera une grande première dans notre pays, car depuis la création de la Haute Cour de Justice en 1995, cette juridiction d’exception n’a jamais été opérationnelle.

Cher Wambi, ainsi que certains médias dont le journal de ton oncle Nakibeugo l’ont rapporté hier, Inoussa Kanazoé a été interpellé par la gendarmerie ce mercredi 19 avril 2017 ainsi que certains de ses proches collaborateurs. Si tu ne le sais pas, sache que c’est un jeune opérateur économique à la tête d’un véritable empire, KANIS INTERNATIONAL, qui comprend notamment CIMETAL, CIMFASO, Kanis Logistics pour ne citer que ceux-là. Qu’est-ce qui lui vaut d’être inquiété ?

N’étant pas dans le secret de la Maréchaussée, il m’était encore difficile 24 heures après de savoir avec exactitude ce qu’on lui reprochait. Je sais seulement, cher cousin, que ces derniers temps, son nom revenait avec insistance dans certains cercles au sujet de l’Affaire Will Télécom et Goroko, incarcérés à la MACO pour une ténébreuse histoire de piratage de comptes-clients d’une banque marocaine basée au Sénégal. Toutefois sans que son implication ait été avérée.

Serait-ce donc malgré tout dans le cadre de ce dossier ou pour tout autre qu’il est aujourd’hui inquiété ? En tout cas, cher Wambi, depuis un certain temps, je suis littéralement inondé de dénonciations calomnieuses contre le riche homme d’affaires dont l’Autorité supérieure de contrôle d’Etat et de lutte contre la corruption (ASCE/LC) aurait même été saisie. Mais prudent comme je sais l’être, je me suis toujours gardé de te faire l’écho de ce qui, vrai ou faux, me paraissait être des règlements de comptes entre personnes qui se connaissent bien. Hier, il se susurrait que ces tuiles actuelles seraient liées aux impôts ou à la douane. Hier, certaines sources faisaient état de ce que le magnat, après avoir été entendu, est rentré à la maison dans la soirée du mercredi. Faux, rétorquent d’autres pour qui il a passé la nuit à la gendarmerie.

Des sources concordantes m’indiquaient cependant qu’il ne se sentait pas bien hier matin et qu’il aurait été conduit dans une clinique huppée de la capitale. Affaire à suivre donc.

 

Cher Wambi, la semaine qui s’achève aura été des plus tumultueuses au sein de la police nationale en général et des agents de la Compagnie républicaine de sécurité (CRS) en particulier. En effet, des éléments ont observés un sit-in le mardi dernier pour demander à l’autorité plus de clarté dans la gestion des services payés pour lesquels ils estiment être sous-payés pendant que des chefs s’enrichiraient sur leur dos. Il s’en est suivi une rencontre entre le ministre de la Sécurité et la police, une conférence de presse de l’Union police nationale (UNAPOL) puis, aux dernières nouvelles, nous avons appris qu’une rencontre matinale, comme seul Simon Compaoré sait en faire, a eu lieu hier 20 avril 2017. Il a reçu à son cabinet une délégation de l’UNAPOL, conduite par son secrétaire général, Wakilou Sénou.

Après une heure trente minutes d’échanges, l’on peut retenir que le ministre a fait part à la délégation d’une rencontre qu’il a eue la veille avec l’Association des banques et établissements financiers du Burkina Faso. Simon Compaoré dit leur avoir demandé de montrer patte blanche en brandissant des contrats formels s’ils en ont. Et il a ajouté que les prestations seraient suspendues jusqu’à nouvel ordre pour celles qui n’en ont pas. «Le ministre nous a demandé de reprendre le service dans les établissements disposant de contrats, donc nous attendons de voir ces contrats avant de prendre les dispositions qui s’imposent», a dit Wakilou Sénou. Le représentant des banquiers a, en tout cas, signifié que le mouvement fragilise leurs institutions. Mais le SG a réaffirmé que le Syndicat n’en est pas l’instigateur, mais peut contribuer à apaiser les choses. «Cela dépend de la volonté de l’autorité politique et des mesures qui seront prises dans le sens de la satisfaction de ceux qui font ce mouvement », a-t-il ajouté.

Les échanges ont également porté sur les autres points de la plateforme revendicative de l’UNAPOL, et pour le SG la résolution de leur préoccupation serait en bonne voie si toutefois «ce qui a été dit va être mis en branle».

 

A présent, cher Wambi, je t’invite à feuilleter avec moi le carnet secret de Tipoko l’Intrigante.

 

- Un drame a eu lieu à Tenkodogo, capitale de la région du Centre-Est et de la province du Boulgou, le jeudi 13 avril 2017. En effet, selon des informations dignes de foi, un policier alors en service au commissariat central de police de Kaya, dans le Centre-Nord, se serait donné la mort à l’aide d’une arme après avoir tenté d’abattre sa concubine. La fiancée en question, enseignante de profession en service dans une école primaire de Zoungrantenga, aurait été grièvement blessée par balles. Evacuée dans une institution sanitaire de Ouagadougou, elle serait hors de danger.

Les raisons qui ont conduit à ce crime suscitent des interrogations tant à Tenkodogo qu’à Kaya, lieu de service du policier mais aussi de formation professionnelle de l’enseignante. Selon certaines indiscrétions, tout serait parti d’une histoire d’amour. Le policier en question, qui serait proche de la retraite, n’aurait pas supporté le comportement suspect de sa ‘‘dulcinée’’ avec laquelle il a eu un enfant. Une dulcinée qu’il aurait soutenue financièrement pour se professionnaliser dans une école privée de formation des enseignants de Kaya avant son intégration dans la Fonction publique en 2015.

Soupçonnant donc sa fiancée de lui jouer des tours avec un autre homme, le flic dépité a donc effectué le déplacement à Tenkodogo afin de tirer l‘affaire au clair. Les échanges directs pour élucider cette affaire ont malheureusement tourné au drame avec la mort sur-le-champ du policier. Selon des témoignages, le regretté avait connu auparavant des déboires avec une première femme avec laquelle il s’était légalement mariée et avait eu des enfants, celle-ci ayant demandé le divorce après s’être rendue aux Etats-Unis d’Amérique grâce à son soutien. Décidément !

- Se trouver un emploi est si dur que certaines personnes ne manquent pas d’imagination. Si manifester son ingéniosité est une chose salutaire, certaines personnes préfèrent la courte échelle en usant d’arnaques. C’est le cas du sieur, que nous appellerons DR. Il se fait passer pour le neveu du président du Faso et a approché presque toutes les sociétés minières du pays pour chercher du travail. Son astuce : il appelle les services des ressources humaines ou l’administration pour se présenter et après lui, une autre personne rappelle et décline son identité et se présente à son tour comme le consul du Burkina Faso au Gabon. Celle-ci recommande le sieur DR qui a au préalable déposé ses dossiers en confirmant qu’il s’agit bel et bien du neveu du président. Par cette astuce l’intéressé a réussi à se faire intégrer dans une société minière comme stagiaire. Et au terme de ce stage, il a recommencé à mettre sa technique en œuvre pour trouver un autre point de chute, mais a été démasqué.    

 

- Ceci est forcément une bonne nouvelle pour le football burkinabè ; le président de la Fédération burkinabè de football, Sita Sangaré, est nommé membre de la commission de développement de la FIFA. La décision est intervenue, il y a un bout de temps et a été actée lors de la dernière rencontre de l’instance dirigeante du football mondial à Zurich en Suisse. A côté de 15 autres membres que comporte cette commission, le président Sangaré et ses pairs ont pour objectif principal d’analyser les principaux aspects de la formation et du développement technique du football. Cette commission entre en droite ligne de la nouvelle philosophie de la FIFA. Elle va de la construction des infrastructures à la promotion de l’excellence en passant par le fondement de la politique du football mondial. Les membres ont donc la lourde tâche d’élaborer de nouvelles stratégies pour développer le sport-roi. Toutes nos félicitations au colonel.

 

 

- Ambiance festive demain samedi 22 avril à Zagtouli à l’occasion de la fête coutumière 2017.

En effet, ce jour-là, le Naaba Kaongo et l’ensemble de la population de Zagtouli célébreront le Dan-gnouga, communément appelé Nabasga, à partir de 12 heures.

Vous y êtes cordialement invités.

 

- Ce samedi 22 avril à partir de 10 heures, aura lieu à Saala (commune de Dissin) l’inauguration du CEG dudit village. Invités d’honneur de la cérémonie : le président de l’Assemblée nationale, Salifou Diallo, et Monseigneur Der Raphaël Kusielé Dabiré, évêque de Diébougou.

 

Tipoko l'Intrigante n'apprend rien d'elle-même, elle n'invente jamais rien. Tipoko l'Intrigante est un non-être. Elle n'est ni bonne en elle-même, ni mauvaise en elle-même. Elle fonctionne par intuition, car "l'intuition c'est la faculté qu'a une femme d'être sûre d'une chose sans en avoir la certitude..."

 

Ainsi va la vie.

Au revoir.

 

Ton cousin

Passek Taalé

Commentaires   

+2 #3 Kanzim 23-04-2017 15:01
Le procès de SEM Blaise COMPAORE et ses ministres donnera lieu à un véritable bal des avocats. Un bal nauséabond où la musique sera animée par des jeux de manches de prestidigitateu rs affamés de gloire et d’argent, l’objectif recherché n’étant as pas lé vérité, mais de de faire dire que les accusés n’ont pas tort, et qu’ils doivent être relaxés. L’Aigle huppé de son nom de chef, régnant sur Manéga et ses 27 villages pourra-t-il se séparer du devoir de rendre la justice en juste tels que le sont les chefs traditionnels, pou entrer dans les dédales et les circonlocutions juridiques pour chercher les sexes des anges dans un procès moderne mais dont la paternité de la culpabilité est d’une trivialité jamais égalée et s’imposant surtout au regard perçant de l’Aigle ? Le monde judiciaire tel que nous l’avons hérité est d’une bassesse si criarde que le meurtrier peut être acquitté sur seulement la procédure, faisant ainsi que qu’un malfaiteur est sauvé de la justice parce qu’on l’aura convoqué avec une heure de retard sur des délais prescrits. ET c’est le rôle de l’avocat de sortir ces inepties, que le citoyen est obligé d’accepter, même si la vérité est établie que l’avocat défend un diable. Maître Hamidou et autres, retenez donc que la logique du peuple sur la vérité établie n’est pas ma même que la gymnastique que l’avocat. Toute victoire de l’avocat dans un procès si sensible ne saurait aller au-delà de l’argent qu’il amassera et de la visibilité et de la publicité qui seront siennes. Mais la VERITE elle, sera toujours réclamée et rétablie, tôt ou tard.
Citer
+1 #2 Neilson 22-04-2017 09:54
Histoire de "blanc" là même quoi ! Quelque chose qui est claire et visible comme le nez au milieu de la figure, a-t-on besoin de se luxer le foie? Me Pacéré malgré tout son talent ne peut que faire plaider coupable à son client quitte à évoquer des circonstances atténuantes, si toutes fois elles existent, car nous avons tous vu la copie de cette lettre circuler dans les journaux! Alors ?!!
Citer
+3 #1 mobutu 21-04-2017 22:30
le vieux PACERE a t-il toujours la tête sur les épaules pour défendre encore quelqu'un. qu'il sache que la nouvelle génération de magistrats est teigneuse. en Afrique, on ne doit pas mettre la honte à une vieille personne mais tout dépend du comportement de ce dernier. Depuis qu'il a désisté a défendre ERNEST NONGMA OUEDRAOGO contre le Blaiso, on croyait qu'il avait pris la retraite.
Citer

Ajouter un Commentaire

Recopiez le code dans la cage au bas du formulaire avant d'enregistrer votre message. Merci!

Code de sécurité
Rafraîchir

Retour en haut