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Présidentielle française : Marine Le Pen progresse à Ouaga

Larine Le Pen Larine Le Pen

Le second tour de l’élection présidentielle française opposera, comme annoncé depuis des mois par les sondages, Emmanuel Macron à la dirigeante frontiste, Marine Le Pen. A des milliers de kilomètres de l’Hexagone, on a aussi voté à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso.  Et à 33,83%, les Français du Burkina ont placé Emmanuel Macron en tête. Autre fait notable : 56 électeurs ont porté leur choix sur  la candidate du Front national. Le score de Marine Le Pen est en progression  par rapport à la dernière élection. Sur les 11 prétendants initiaux à l’Elysée, seuls  Emmanuel Macron et François Fillon avaient des représentants au Pays des hommes intègres. Au lendemain du scrutin nous avons rencontré Ousmane Ouédraogo  et Martine Voron, respectivement délégués du leader d’En Marche et du candidat Les Républicains, qui nous ont livré leur analyse du premier tour.

 

 

Ousmane Ouédraogo, Conseiller consulaire élu représentant les Français du Burkina, délégué d’Emmanuel Macron

«C’est triste que Marine Le Pen ait obtenu 6% à Ouaga»

 

Comment est-ce que vous vous êtes retrouvé représentant d’Emmanuel Macron au Burkina Faso ?

 

Je suis devenu délégué parce qu’en tant que conseiller consulaire représentant les Français du Burkina Faso, j’ai apporté officiellement mon soutien au candidat Emmanuel Macron à cette présidentielle, et c’était bien avant le scrutin, il y a plus d’un mois. Suite à cela, dans l’organisation de la campagne, le candidat est amené à nommer des délégués dans les circonscriptions et les bureaux de vote. C’est pour cela que j’ai été contacté par le représentant délégué de M. Macron qui s’occupe des Français de l’étranger. Il m’a envoyé un mail pour me demander si je peux représenter le candidat ici au Burkina Faso et j’ai accepté cette responsabilité.

 

Est-ce que vous avez tout de suite adhéré au mouvement En Marche qui, on le sait, a à peine une année ?

 

A titre personnel je ne suis pas adhérant d’En Marche. J’ai pris ma carte au  Parti socialiste français en 2003 en Bretagne (France) où j’étais conseiller municipal. Mon choix de soutenir Macron est dû au fait que le choix électoral aujourd’hui se ramène à un choix simple : d’un côté des radicaux qui veulent renverser complètement la table ; de l’autre, les partis traditionnels, qui, quelles que soient les qualités des candidats ou des projets, restent prisonniers de leurs divisions et voient le pouvoir comme une rente à partager ; enfin il y a une nouvelle voie, il me semble, que veut ouvrir Emmanuel Macron, celle du rassemblement.

Donc face à l’esprit de querelle qui n’a que trop duré, j’ai fait le choix de la volonté, de la jeunesse, donc du renouveau.

 

Qu’est-ce qui selon vous justifie l’arrivée de  votre candidat en tête au premier tour ?

 

Une des raisons selon moi est qu’une majorité des électeurs n’a pas souhaité avoir un candidat extrémiste au second tour et en capacité de remporter l’élection. C’est donc un choix pragmatique.

 

Quelle appréciation vous faites des résultats obtenus au Burkina Faso ?

 

Ces résultats obtenus, si vous faites la somme des voix du candidat du PS (Parti socialiste), Benoit Hamon, de Jean-Luc Mélenchon et du candidat Macron, vous arrivez à peu près au même score que celui de  M. Hollande en 2012. Cela veut dire que traditionnellement, la majorité des Français du Burkina votent à gauche.

Les voix de M. Hollande en 2012  se sont reparties selon moi entre Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon et Benoit Hamon. 

 

Marine Le Pen a quand même fait 5% des suffrages exprimés au Burkina Faso ; quel commentaire en faites-vous ?

 

C’est une grande déception, surtout qu’à Ouaga, de mémoire en 2012, j’étais au bureau de vote, elle avait 4%, c’était déjà trop à mon avis. Et cette année à Ouaga, elle est arrivée à 6%, c’est triste. Je pense que le programme que propose Marine Le Pen n’est pas compatible avec les valeurs d’un Français de l’étranger qui est normalement quelqu’un d’ouvert… j’appelle donc les électeurs à se mobiliser dans un élan républicain pour prouver dans deux semaines que l’extrême droite française ne devrait pas être représentée ici à ce pourcentage-là.

 

Avec ce duel Macron/Le Pen, on sait que Macron peut occuper l’Elysée, mais le tout ne sera pas de l’occuper, il y a les législatives, est-ce que le plus dur ne reste-t-il pas à faire quand on sait également que Macron n’a pas été investi par un parti mais un mouvement ?

 

Je suis tout à fait d’accord avec vous mais par prudence je dirais que rien n’est gagné à l’avance, il y a encore 15 jours durant lesquels il faut battre campagne pour mobiliser et convaincre afin que le candidat Emmanuel Macron l’emporte sur une candidate qui propose un programme xénophobe et rétrograde. Il faut que les citoyens restent mobilisés. Après la présidentielle, le Parlement reste un organe très important et les législatives sont une étape décisive. En effet, le mouvement En Marche n’est pas un parti traditionnel, mais si les candidats à l’investiture sont dans la même dynamique et qu’ils répondent aux attentes des électeurs, ils bénéficieront sans doute de son soutien. Il y a un espoir puisqu’on est dans un élan de renouvellement.

 

Propos recueillis par

Aboubacar Dermé  

 

Martine Voron, chargée de missions des Républicains au Burkina Faso, déléguée de François Fillon

« Le Front national répond  en partie aux attentes des Français »

 

Votre candidat ne s’est finalement pas qualifié pour le second tour. A votre avis, est-ce dû à un dégoût de la classe politique traditionnelle ou à la pollution de sa campagne par les  affaires ?

 

Ce n’est pas un dégoût, je dirais plutôt que c’est un rejet de la classe politique traditionnelle telle que nous la connaissons depuis plusieurs décennies. C’est aussi l’amour du « dégagisme » qui est un nouveau terme. Je pense aussi  qu’il y a une volonté de rajeunir la classe politique et d’insuffler une nouvelle dynamique.

 

François Fillon n’a-t-il pas été victime de l’image qu’il se donnait lui-même alors qu’il n’était pas le parangon de vertu qu’il prétendait être ?

 

Oui peut-être. Malgré tout, il a fait preuve de courage, de dignité et de  combativité. Il est important de souligner que François Fillon a toujours répondu aux convocations du pôle financier et des juges d’instruction alors que ce n’est pas le cas de tous ; que lui, sa femme et ses enfants ont toujours été présents pour la justice. Il est mis en examen mais il reste présumé innocent  et la suite de l’enquête fera la lumière  sur tous les faits à lui reprochés.

 

Comme il fallait s’y  attendre, votre candidat malheureux a, tout de suite, appelé à voter Macron pour faire barrage au FN. Tous les partis politiques qui se sont succédé en France depuis  plusieurs  décennies n’ont-ils pas favorisé l’ascension de l’extrême droite ?

 

Tous les partis politiques qui se sont succédé au pouvoir depuis  trente ans ont une responsabilité, car ils n’ont pas su répondre aux attentes d’une partie des Français, à savoir sur la sécurité, l’immigration, l’assistanat social et l’identité nationale.

 Aujourd’hui, les Français, déçus par ces dernières trente années de pouvoir, cherchent  une réponse, et le Front national répond  en partie à leurs attentes.

 

Comment entrevoyez-vous la recomposition de la Droite en France qui s’est  amorcée aussitôt après cette élection ?

 

Ce n’est pas une recomposition parce que nous n’avons jamais été divisés. La Droite n’est pas divisée comme vous l’entendez souvent. Chez les LR nous partons unis vers le troisième  et quatrième tour de la présidentielle que sont les élections législatives. C’est notre prochaine bataille et cette union à Droite est celle des Républicains et celle du Centre. Nous allons œuvrer en faveur d’une alternance forte et raisonnée, d’une France réformatrice, moteur en Europe et dans le monde.

Elire un président de la République, c’est une étape, élire un parlement en est une autre. C’est aussi important, si ce n’est même plus. Pour nous, la bataille des législatives a commencé depuis hier soir.

 

Propos recueillis par

Hugues Richard Sama

 

Encadré 1

Les résultats du premier tour au Burkina Faso

 

Candidat

Ouagadougou

Bobo-Dioulasso

Total

Pourcentage

Emmanuel Macron

296

39

335

33,83%

Jean-Luc Mélenchon

228

55

283

28,58%

 

François Fillon

168

23

191

19,29%

Benoit Hamon

80

6

86

8,68%

Marine Le Pen

52

4

56

5,65%

Nicolas Dupont-Aignan

10

0

10

1,01%

Philippe Poutou

9

1

10

1,01%

François Asselineau

8

0

8

0,8%

Jean Lasssalle

7

0

7

0,7%

Nathalie Arthaud

3

1

4

0,4%

Jacques Cheminade

0

0

0

00%

Total exprimé

861

129

990

-

Nombre d’électeurs

1175

283

2058

-

 

Source : Consulat de France au Burkina Faso

 

Encadré 2

 

Résultats définitifs

 

Emmanuel Macron (En Marche !) : 24,01%

Marine Le Pen (Front National) : 21,30%

François Fillon (Les Républicains) : 20,01%

Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise) : 19,58%

Benoît Hamon (Parti socialiste) : 6,36%

Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France) : 4,70%

Jean Lassalle (Résistons) : 1,21%

Philippe Poutou (Nouveau parti anticapitaliste) : 1,09%

François Asselineau (Union populaire républicaine) : 0,92%

Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière) : 0,64%

Jacques Cheminade (Solidarité et progrès) : 0,18%

Taux de participation : 78,69%

Source : Ministère de l’Intérieur français

 

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