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Polémique sur les PPP : "Nous ne croiserons jamais les bras face aux urgences du pays" (Alassane Sakandé, président du groupe parlementaire MPP)

Le partenariat public/privé (PPP) est un mode de financement par lequel une autorité publique fait appel à des prestataires privés pour financer ou gérer un équipement assurant ou contribuant au service public. Le vote d'une loi pour l’allégement de la mise en œuvre d’un projet de ce type a suscité une passe d'armes entre la majorité et l'opposition dont les députés ont claqué la porte. Le président du groupe parlementaire du Mouvement du peuple pour le progrès, Alassane Bala Sakandé, revient sur la loi querellée qui, selon lui, est dans l'intérêt des populations au-delà de tout débat politicien. " Nous ne croiserons jamais les bras face aux urgences du pays", a-t-il martelé.

 

 Le vote de la loi portant allègement des conditions d’exécution du programme de projets partenariat public/privé (PPP)  a donné lieu à une passe d'armes avec l'opposition dont presque tous les députés ont quitté l’hémicycle. Comment avez-vous vécu cette scène inédite sous la 7 e législature?

 

Je pense que cette ambiance procède d'une incompréhension de l'opposition alors que ce qui a été proposé n'est pas du tout sorcier. En effet nous ne sommes pas en train de réinventer la roue, car le système de financement public-privé a toujours existé si bien que Zéphirin Diabré, chef de file de l'opposition, dans son programme, l'a bel et bien prévu tout en soulignant la nécessité d’en simplifier les procédures. Nous sommes d'autant surpris qu'en amont, tous les moyens ont été donnés à l'opposition d'étudier les projets sous toutes leurs coutures y compris les instruments de contrôle prévus pour éviter la corruption qu'elle redoute. Etant donné que nous sommes d'accord sur l'urgence des actions à mener, il revient à l'opposition, si elle veut, de s’impliquer dans la mise en place de structures pour contrôler leur mise en œuvre.

 

 

Parlant justement de mesures de contrôle, quels sont les gardes-fous mis en place pour que les projets ne se transforment pas en vache à lait pour petits copains et coquins comme le redoute l'opposition?

 

Disons-nous la vérité, le système mis en place ne permet pas à un ministre de s'asseoir entre quatre murs pour décider de qui doit être acquéreur de tel out tel marché. Les PPP sont ouverts à toutes celles et à tous ceux qui ont les moyens de réaliser les projets identifiés. Dans les différents ministères, il y a des techniciens qui se pencheront sur les dossiers avant de transmettre leur travail au ministère des Finances dont les techniciens prendront le relais. Parmi ces techniciens, il peut y avoir des syndicalistes et des gens de tous bords, ce qui veut dire que ce ne sont pas des militants du MPP. Les contrôles se poursuivront au niveau de l'ASCE/LC et de la société civile qui y garderont un œil ouvert. Au-delà de tout ça, l'opposition peut mettre une commission d'enquête parlementaire sur le thème et le sujet de son choix. Nous avons même souhaité qu'il y ait un comité paritaire, opposition/majorité, pour suivre tout le processus.

 

Peut-être que tout ce que vous avez évoqué n'a pas dissipé les doutes de l'opposition quant aux garanties de bonne gouvernance en la matière

 

Si l'opposition n'a pas confiance en ses députés, qui peuvent mener des enquêtes, ni à l'Autorité supérieure de contrôle d'Etat et de lutte contre le corruption, c'est qu'il y a problème. Je pense que c'est un débat politicien qui n'a pas de sens. Il faut mettre en avant les intérêts des populations que nous représentons au-delà de nos clivages partisans.

 

Beaucoup d'observateurs ont estimé qu’à l’occasion de ce vote, vous avez été particulièrement virulent vis-à-vis de l'opposition ; qu'est ce qui justifie cette violence verbale?

 

Si vous aviez bien suivi mon intervention vous n'auriez pas parlé de violence verbale ; nous avons mené un débat républicain. On accuse mon parti de pas mal de choses, on nous fait des procès en sorcellerie, c'est tout à fait normal que j'y réponde pour souligner les incohérences de ceux d'en-face et je pense que je l'ai fait dans la courtoisie et le respect.

 

On parle de 38 projets sans que l'opinion sache exactement de quoi il sera question ; quel en sont les points saillants?

 

Les projets prennent en compte beaucoup de domaines: la santé, l'agriculture, l'enseignement, les infrastructures, l'élevage... Dans le domaine de la santé, par exemple, il y a la construction d'au moins 7 centres hospitaliers universitaires, 11 centres de santé avec antenne chirurgicale, une acquisition de 300 ambulances et de matériel d'hémodialyse dans les différentes régions. Au sujet de l'enseignement, on aura 4 cités universitaires et chacune des 45 provinces aura son collège d'enseignement technique, et les 13 régions des lycées scientifiques, et on supprimera toutes les écoles sous paillote. Dans le sens de l'objectif zéro corvée d'eau, 2000 forages seront réalisés. Ce n'est que 38 des 94 projets que nous avons en vue, si cette phase est concluante nous passerons aux autres.

 

Vous avez limité l'échéance à 6 mois ; pourquoi ne pas aller jusqu'au bout de votre logique et aller au-delà étant donné que tout est urgent ?

 

C'est pour mettre la pression sur le gouvernement qui est obligé de faire bouger les choses dans les six mois. Toutefois dans ce délai on ne peut faire toutes les réalisations prévues même si on réussira à en enclencher le processus. Si tout se passe bien, ce sont les populations mêmes qui exigeront la poursuite de la mesure, quelles soient du MPP, de l’UPC ou du CDP

 

A ce rythme, c'est fini pour les appels d'offres dans les conditions antérieures et c'est le gré-à-gré qui va désormais prospérer.

 

C'est là aussi un amalgame. L'Etat continue de fonctionner normalement pour la mise en œuvre du budget programme. l'Etat n'ayant pas les moyens d'investir dans ces grands projets, il a choisi de ne pas attendre et de faire appel au privé pour l'accompagner.

 

D'aucuns estiment que cet empressement, au-delà des objectifs proclamés, ne vise qu’à faire quelques réalisations à la va-vite pour que le Président Roch ait quelque chose à brandir en fin de mandat qui avance à pas de géant.

 

Hier on parlait d'une motion de défiance contre le gouvernement qu'on accusait de ne rien faire, aujourd'hui on veut avancer et on nous sert de tels raisonnements. Tous les projets précités figurent dans le programme présidentiel ; vous voulez qu'on croise les bras face aux urgences du pays? Non on ne le fera pas. Si à la fin on se rend compte qu'on a beaucoup travaillé, tant mieux ; on aura rempli notre contrat avec le peuple. Dans cette optique, nous allons nous donner tous les moyens.

 

Un tout autre sujet : au cours de la session extraordinaire on a retoqué la loi sur la Haute Cour de justice. Pensez-vous qu'on a suffisamment déblayé le terrain pour que le jugement des anciens ministres du gouvernement Tiao puisse enfin avoir lieu?

 

Nous aussi nous avons posé la question, lors de la plénière, au gouvernement. Je pense qu'il est de notre intérêt que ce procès se termine rapidement parce qu'il y a des personnes qui sont accusées à tort ou à raison d'avoir fait ceci ou cela. Le procès permettra de situer les responsabilités et de répondre aux aspirations à la justice et à la réconciliation

 

 

Vous qui êtes dans le secret des dieux, à quelle échéance peut-on s'attendre pour la reprise du procès ?

 

Les pouvoirs sont bien séparés. Nous avons mis à la disposition de la Haute Cour pour agir un nouveau texte. Le reste ne nous incombe pas. Ce qui est important, c'est que les Burkinabè de tous bords travaillent main dans la main pour construire notre Nation dans l'entente et la solidarité. Qu'on n’y mette pas le feu en pensant que c'est le Burkina du MPP. Aujourd'hui, c'est nous, demain, c'est peut-être eux d'autant plus que nous n'avons pas vocation à nous éterniser au pouvoir. Ça ne sert à rien de s'acharner les uns contre les autres et de vouloir créer l'instabilité.

 

Entretien réalisé par

Abdou Karim Sawadogo

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