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Conférence nationale des cadres UNIR/PS :Couver « l’œuf », une fois sa realpolitik éclose

La date, hautement symbolique, du 4 août a été choisie par le Bureau politique de l’Union pour la renaissance/Parti sankariste (UNIR/PS) pour organiser sa première conférence nationale des cadres de l’année. Dans l’optique de renforcer la ponte partisane au cœur de la région de l’Est, Fada N’Gourma a servi de nid à la rencontre, axée sur le rôle moteur des cadres de la formation désormais affiliée à la majorité présidentielle.

 

 

 

 

« Nous voilà entrés au pays réel », annonce Bachirou Soré en contemplant les scènes de vie traditionnelle qui défilent sur notre passage. La disponibilité du secrétaire national adjoint chargé de l'information et de la presse de l’Union pour la renaissance/Parti sankariste (UNIR/PS) nous amène à lui poser quelques questions tandis que nous roulons sur la RN4 vers la terre des illustres Diaba Lompo, Tidarpo et Koupiendeli.

L’UNIR/PS a-t-elle un projet pour les campagnes ? «  Normalement oui, nous confie Bachirou Soré, mais cela ne suffit pas. Les gens demandent qu’on les aide ; malheureusement ils manquent d’initiative, ils ne sont pas assez prêts à faire des sacrifices. » Puis le responsable en vient à jongler avec l’air Tond nina puuka me. « Nous ouvrons les yeux, non pas les esprits.

À partir de Dagbili, petite commune bordée de cultures de maïs, la voie commence à se hérisser de bosses. « Regardez combien la région de l’Est, la plus vaste du Faso, est abandonnée. En continuant vers la frontière du Niger, c’est encore pire ! », déplore notre chauffeur aguerri. « La route du développement passe par le développement de la route », surenchérit Bachirou Soré, dont la réflexion semble mettre le clignotant sur le péage polémique des partenariats public-privé (PPP).

En appréciant ces grandes distances, peuplées de cases clairsemées, nous imaginons aisément pourquoi elles ont été propices aux braquages ou aux incursions des Koglwéogo. Les services publics ont mis du temps à parvenir jusque-là et se sont souvent essoufflés en chemin. Sa difficulté d’accès a été un argument en faveur du chef-lieu de la province du Gourma, pour abriter la première conférence nationale annuelle des cadres du parti. Benewendé Stanislas Sankara, président de l’UNIR/PS, déclarera à ce propos: « Venir à Fada, c’était pour beaucoup un parcours du combattant, mais c’est important d’être auprès du peuple laborieux qui se bat. »

Nous traversons Kabaiga puis Gounghin, à une cinquantaine de km de la destination finale. Les sombres costumes des nuages donnent soudain une allure grave à l’horizon. Le ciel orageux, couplé au tracé accidenté, esquisse la violence de l’arène politique. C’est donc tout naturellement que les nids-de-poule du « pays réel », nous conduisent aux coups de bec de la realpolitik.

 

« L’exigence vis-à-vis de l’idéal sankariste est très forte »

 

Quand nous interrogeons Bachirou Soré sur l’héritage éclaté de la Révolution démocratique et populaire, clairvoyant, il répond: « La création de nouvelles structures qui se revendiquent de la pensée sankariste est inévitable. Bien sûr, je peux développer toute une série d’arguments pour affirmer que l’UNIR/PS est le plus à même de parler à son nom, mais il n’existe aucun label. Il s’agit d’un patrimoine commun aux Burkinabè. »

Concernant la réaction des sympathisants suite à l’adhésion à la majorité présidentielle, le professeur d’histoire de métier se montre réservé, étant donné l’absence d’une base électorale bien définie. Il avoue néanmoins qu’à la différence des militants reconnus, une partie de l’opinion publique a eu une perception négative de la collaboration avec le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP). « L’exigence vis-à-vis de l’idéal sankariste est très forte, explique-t-il, alors que si Thomas Sankara avait été encore vivant, il n’aurait peut-être pas pu agir autrement. Avec le jeu démocratique, les règles ont changé. D’ailleurs, les déçus sont ceux qui, en ne votant pas pour nous, nous ont poussés à la compromission. »

Quel avenir dès lors pour le mariage de raison avec le MPP ? L’alliance va-t-elle perdurer jusqu’en 2020 ? D’un trait d’humour, Bachirou Soré tranche le nœud gordien: « La vie de couple n’est pas évidente, donc il faut d’abord s’assurer que le foyer est tranquille. »

 

« Nous ne sommes pas des ministres béni-oui-oui »

 

Si « la paix est une poule sous le soleil », tel que l’écrit la poétesse angolaise Lídia do Carmo Ferreira, que peut bien illustrer un « œuf » sous le déluge ? Une pluie battante nous accueille en effet à Fada N’Gourma. Le pelage humide du lion emblématique, posté à l’entrée de la ville, n’empêche pas les échanges de rugir au Conseil régional, où une centaine de cadres de l’UNIR/PS a pris ses quartiers. Les débats gravitent autour du défi : «Quel engagement du cadre pour le rayonnement du parti ?»

Dans l’attente de la cérémonie de clôture, nous tentons d’échapper au regard perçant que porte du toit une nuée de vautours, comme autant d’agents ailés du renseignement. Bientôt, se produit la sortie, prématurée, de Nestor Bassière, ministre de l’Environnement, de l’Economie verte et du Changement climatique, et de Sommanogo Koutou, ministre des Ressources animales et halieutiques, tous deux en possession de « lettres de mission ».

Avant de retourner aux obligations de l’exécutif, ils nous ont accordé quelques mots pour rendre hommage d’abord au 4 août 1983, « date mémorable de libération du joug colonial ». Selon leurs dires, plusieurs préoccupations ont pu être levées au cours du colloque et les objectifs communs réaffirmés, à savoir l’ancrage de l’UNIR/PS dans le panorama national et la conquête du pouvoir d’État. Concernant la cohabitation avec le MPP, les dignitaires se sont dit satisfaits de contribuer à la stabilité des institutions, à la visibilité du parti et à la mise en œuvre du Plan national de développement économique et social (PNDES), Ils ont nié en revanche incarner des « ministres béni-oui-oui », en raison des valeurs sankaristes dont ils se veulent les porte-drapeaux.

 

Les cadres, avant-garde éclairée d’un parti de masse

 

Le rapporteur général, Ousmane Ouédraogo, s’est chargé de restituer les étapes de la conférence, centrée sur la place et les qualités requises d’un cadre. « Tous ceux qui sont présents représentent l’avant-garde du parti pour son avancée radieuse », a proclamé dans son discours d’ouverture Benewendé Stanislas Sankara, usant d’un concept qui, dans la théorie marxiste, désigne la fraction la plus consciencieuse et la plus politisée du prolétariat.

En tant que communicateur principal de l’évènement, le juriste fiscaliste Willy Boukary a encensé les multiples facettes de l’engagement du cadre, au rang desquelles l’exemplarité, une implication dans les affaires de la localité, la formation, une force de proposition et les efforts en vue d’élargir le nombre d’électeurs. Primordial a également été considéré l’apport matériel du cadre à travers ses cotisations. « Notre aventure au gouvernement, a mis en garde le récent lauréat du concours d’avocat, durera tant que nous financerons nos activités partisanes ».

Quant au fait de savoir si l’UNIR/PS demeure ou non un parti de masse, son président a été ferme, réitérant la devise « ne jamais faire un pas sans le peuple ! ». Le souci du sort des paysans, des ouvriers informels et des familles pauvres constitue la sève nourricière de la lutte.

 

Jeu d’équilibre périlleux entre social-démocratie et Révolution

 

Au moment de mettre fin à l’évènement, la chorale gourmantché Ouoba Nindja a égayé l’auditoire. Intronisé coordinateur régional de la région de l’Est, Albert S. Ouba a ensuite prêté serment. Enfin, une motion de soutien au Président du parti, une autre à l’intention des deux ministres et une résolution sur la détermination des cadres à soutenir l’essor du parti se sont succédé.

Se prêtant à l’épreuve des entretiens, Benewendé Stanislas Sankara a écarté l’éventualité d’une crise profonde à l’intérieur du parti, car le dialogue démocratique est censé surmonter les différences. Interpellé au sujet de problématiques sociales, il a appelé à la tenue d’assises pour la réforme de l’éducation et défendu la loi votée sur les PPP, si toutefois la gouvernance se trouve renforcée.

Nous lui avons demandé si l’alliance de son organisation avec le MPP ne comportait pas un coût idéologique trop lourd. « Je dirais plutôt que c’est un choix opportun », a répondu le dirigeant, « un moindre mal pour ne pas disparaître », après l’échec cuisant de la dernière présidentielle et « ne pas se retrouver dans l’opposition aux côtés du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) et de l’ultra-libéral Union pour le progrès et le changement (UPC) ». Le plaidoyer s’est conclu sur une pirouette intellectuelle : « Nous faisons partie de la grande famille social-démocrate de gauche, mais nous restons sankaristes ».

De retour à bord du manège routier, nous gagnons le « pays ouagalais des illusions » où, à en croire Bachirou Soré, « on a l’impression que les choses bougent ». Pourvu qu’elles bougent vraiment au Burkina, dans le sens d’une plus grande justice sociale et d’une amélioration durable des conditions d’existence. Dans le cas contraire, l’UNIR/PS risque fort, en faisant corps avec la majorité présidentielle, de se brûler avec le feu et de rompre définitivement avec l’éthique révolutionnaire qui avait donné tout l’éclat à sa « coquille ».

 

Alejandro Llopart Corzo

Commentaires   

0 #4 Kmalo 08-08-2017 17:51
En s'alliant avec mpp unir a signer sa fin et allant celle de lideal sankariste.depu is quand la victime devient allies du boureau si ce nest pas burkina. le courant sankariste etait une exeption de la scene politique burkinabe en ce sens qu'il s'inspire non pas de l'occident comme tous les autres qui se proclamme social democrate ou liberal mais de la vision et de laction du heros burkinabe thomas sankara en ce sens il pouvait constituer une veritable alternative aux autre partis.mais ils ont ete obliger de faire la realpoilitk en entrant dans la majorité pour faire une experience du gouvernement apres des années d'opposition cela est une strategie comparable a celle de ladf rda de 2005 qui comporte cerrtes des avantages comme avoir la visibilite,bene ficier de plus moyens..cependa nt pour les milita ts convaincus et adepte de lideologie cela rosque de ne pas passer creeant des dissenssions au seins du parti allant peut etre jusqua la scission.tous dependre des prochains resultat electoraux...
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0 #3 Kanzim 08-08-2017 14:54
Quels comédiens, tous ces saprophytes qui mangent dans la manipulation de célébrités. Sankarisme dit-on ? Ce n’est pas seulement qu’un néologisme. C’est un barbarisme, parce que ne correspondant à rien en ceux qui en parlent, et c’est une imposture qui consiste à jouer au caillou qui profite de sa présence dans le plat de haricot pour humecter la langue et se nourrir de l’huile. Du « dourouhuile », comme le disent les yadcé quand ils l’utilisent dans leurs plats de crapauds séchés. Revenons aux sankaristes : ça sert de viatique en faisant manger ceux qui savent manipule bien leurs langues et ceux qui ont les meilleurs masques ça leurs sert de support pour se hisser. Je suis sûr à 99%, que cela n’aurait pas plu à Thomas SANKARA. Mais que veut-on : le nom de Dieu lui-même sert à beaucoup pour s’enrichir, et se délecter des plaisirs multi factoriels de la vie : des plaisirs du palais à ceux de la chair, en passant par le plaisir de l’identité vénérée et des génuflexions et des salamalecs pleurnichards des pauvres hères qui se sont laissé abuser.
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0 #2 Neilson 08-08-2017 11:53
Webmaster, il faut dire à Alejandro Llopart Corzo que Ouaga n'est pas un "pays" mais une ville et que Ouoba Nindja n'est pas une chorale mais un chanteur.
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+1 #1 ANTA 08-08-2017 09:42
Nous avons connu la pintade qui confie à la poule ses œufs à couver. Mais c'est la première fois que je la vois les confier au renard voleur d'œufs. Vos œufs sont foutus messieurs les sankaristes: s'ils ne sont pas gobés, ils deviendront des coquilles vides, en mooré :"Guelfaado"!
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