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Une lettre pour Laye : Les larmes de Tahirou

Cher Wambi,

Dans mes dernières lettres, notamment celle de vendredi passé, je partageais avec toi mes inquiétudes sur la saison pluvieuse qui tardait à s’installer à Ouagadougou, enclave de sécheresse dans un Burkina relativement bien arrosé. Il faut croire que la Providence et les mânes des ancêtres ont entendu mes implorations, car il y a un léger mieux ; en atteste la hauteur d’eau de 32,3 mm recueillie à Ouagadougou aérodrome dans la semaine du jeudi 3 au mercredi 9 août 2017 contre 3,6 la semaine précédente. Il faut donc espérer que l’hivernage s’est enfin installé et pour de bon au Centre, même s’il faut se garder de crier tout de suite victoire tant le ciel sait être capricieux. A l’intérieur du pays, sur la foi du relevé pluviométrique que me transmet hebdomadairement le service météo de l’ASECNA, on a enregistré les quantités suivantes :

 

Dori : 8,4 mm ; Ouahigouya : 68,7 mm ; Dédougou : 28,4 mm ; Fada N’Gourma : 38 mm ; Bobo-Dioulasso : 35,1 mm ; Boromo : 66,6 mm ; Pô : 115 mm ; Gaoua : 3,4 mm ; Bogandé : 4,2 mm.

Cher Wambi, les téléspectateurs de la télévision Burkina Info ont été émus particulièrement dimanche passé en suivant « Le grand déballage », l’émission d’entretien qu’anime le directeur de la chaîne, Ismaël Ouédraogo. L’invité du jour n’était autre que Tahirou Barry, président du Parti de la renaissance nationale (PAREN). Comme tu le sais, cher cousin, celui qui est par ailleurs ministre de la Culture a été débarqué par son mentor, l’inénarrable Laurent Bado, au cours d’un congrès jugé illégal au regard des textes qui régissent la vie du parti.

A-t-il, en bon communicant, théâtralisé son affaire ou est-ce venu spontanément sous l’effet conjugué de la déception, de la colère sourde et du dégoût ? Toujours est-il qu’à un moment donné, l’ex-disciple de Bado a fondu en larmes, ce qui a tout de même déstabilisé plus d’un. Car ce n’est pas tous les jours qu’on voit un adulte pleurer en live, qui plus est, un des ministres de la République dont on a parfois tort de penser qu’ils ont une carapace à toute épreuve alors qu’ils sont des êtres de chair et de sang, objets donc de tous les sentiments et ressentiments propres aux humains. Mais si c’est vrai que son « parent » Kiliachiu est allé jusqu’à insulter son père et sa mère, je comprends qu’il puisse craquer à l’évocation d’une telle scène et je comprends moins comment le natif de Zoula, qu’on avait mis sur un piédestal, a pu tomber aussi bas.

Cher Wambi, je te contais l’autre jour l’évasion rocambolesque de Cheick Alassane Ouédraogo, dit Ladji. Incarcéré à la Maison d’arrêt et de correction des armées (MACA) où il purgeait une peine de prison de 15 ans ferme suite au procès de la tentative d’attaque de la prison pour libérer le général Diendéré, le marabout avait, comme cela arrive aux détenus, bénéficié d’une permission pour se rendre à la maison. C’est là, à Toudbwéogo, qu’il s’est, si on peut dire, évanoui dans la brousse au nez et à la barbe de ses gardes qui attendaient sagement dans la cour. Selon des précisions que j’ai pu avoir, voici ce qui se serait passé. C’est à cinq qu’ils ont escorté le détenu chez lui. Une fois sur place, un a été posté à la porte de la cuisine, la seule issue de secours possible, deux à la porte de la maison et les deux autres dans la cour.

Alors que le wackman était à l’intérieur avec ses proches, arrive un vieux sur une mobylette, Coran en main pour voir Ladji. Il est introduit, passe un certain temps, ressort enfourcher sa bécane et disparaît comme il était venu. Entre-temps, l’épouse du prisonnier sort vers 15h, disant aller au marché acheter des fruits à la demande de son mari. Puis il commence à goûter (pluviner). Le chef de brigade appelle alors le chauffeur du panier à salade qui était reparti et envoie la fille du marabout appeler son papa parce qu’ils doivent rejoindre la MACA. Elle revient dire que son géniteur n’est pas dedans. Croyant à une blague de mauvais goût, les geôliers font irruption dans la bicoque. Stupéfaction. Le précieux colis a disparu. On fait ouvrir même le plafond pour voir s’il ne s’y planque pas. Toujours pas de Ladji. Volatilisé. Comment ? Mystère et boule de gomme.

Cher Wambi, en entendant cette histoire qui confine au mysticisme, je suis quand même resté dubitatif, me demandant s’il n’y avait pas eu tout de même une faille dans le dispositif sécuritaire qui a profité au fugitif. J’espère d’ailleurs qu’avant de l’introduire, ils ont pris la peine de relever l’identité du mystérieux visiteur au Coran, sinon ce serait une faute professionnelle. Aux dernières nouvelles, j’apprends, cher cousin, que suite à sa cavale, Ladji a été aperçu quelque temps après dans le bois qui jouxte Sopatel Silmandé et aurait récemment contacté une de ses relations en quête d’argent pour se rendre au Niger. Y est-il déjà ?

Cher cousin, Le Conseil des sages pour le dialogue et la recherche de la paix de la Ligue islamique pour la paix au Faso m’a fait parvenir une déclaration sur la situation qui prévaut au sein de la Communauté musulmane. Je voudrais partager le contenu de cette déclaration avec toi en attendant d’aller voir ce que nous réserve le carnet secret de Tipoko.

« Le Conseil des sages pour le dialogue et la recherche de la paix, commission spécialisée auprès de la Ligue islamique pour la paix au Faso, voudrait par la présente déclaration rappeler que la Ligue islamique pour la paix au Faso a été constituée en janvier 2015 pour perpétuer et consolider la tradition de dialogue et les actions de paix au Burkina Faso.

La Ligue islamique pour la paix au Faso est une association de la société civile dont l'objet est la construction de la paix et du vivre-ensemble. Elle n'aspire pas à gérer une communauté ou à diriger une mosquée.

C'est pour cela qu'elle s'investit auprès des personnalités, des institutions et des associations pour un Burkina encore plus fraternel.

Dans cette optique, au cours du mois béni de Ramadan de l'année passée, en juin 2016, elle invitait les instances dirigeantes de la Communauté musulmane du Burkina Faso à un dialogue franc et à une large ouverture qui prenne en compte tous les avis en vue de résoudre une fois pour toutes les contentieux nés avant, pendant et après le dernier congrès de Fada. Mais force est de constater que les choses sont restées au statut quo, mettant à mal le fonctionnement de cette structure combien importante dans le système des associations islamiques de notre pays.

C'est pourquoi le Conseil des sages pour le dialogue et la recherche de la paix réitère par la présente son appel au dialogue et à la recherche du consensus entre les différentes parties pour l'avancée du travail islamique et ce, dans un climat fraternel.

 

Qu'Allah adoucisse les cœurs de tous et qu'Il éloigne Satan de nos projets.

Qu'Il fasse prévaloir le juste et le vrai.

Qu'Il soutienne la oummah.

Que Dieu bénisse le Burkina Faso. »

 

Ouagadougou, le 09 août 2017

 

Pour le Conseil des sages pour la recherche de la paix

 

Ont signé:

Cheick Mouaz Ouédraogo

Cheick Moctar Ouédraogo

Imam Ismaël Tiendrebeogo

 

 

Cher Wambi, veuille bien feuilleter avec moi ; le carnet secret de Tipoko l’Intrigante où elle a consigné cette semaine les éléments suivants :

- Dans sa livraison du 9 août 2017, L’Observateur paalga nous faisait cas d’une affaire d’escroquerie qui implique une ‘’prophétesse’’. Dans la brève, le journal promettait d’y revenir dans ses prochaines éditions avec le témoignage d’une personne qui en a été victime. La personne rencontrée, au cours de la même journée du 9, a signifié qu’elles (victimes) sont au nombre d’une trentaine, voire plus. Parmi elles, certaines ne voulaient pas que l’affaire soit mise sur la place publique mais d’autres, comme lui, on l’appellera B.J., ont cette soif de s’exprimer afin que des personnes du genre Z.T. soient mises hors d’état de nuire même si le dossier est déjà entre les mains des autorités compétentes.

En effet, la dame en question a grugé de nombreuses personnes de toutes les catégories sociales. Son mode opératoire : lors des séances de prières dans son temple, elle vous fait «voir des miracles». Selon B.J., au cours de la prière, les fidèles ont leur front collé au sol. Quand ils se relèvent, ils voient des fruits (du raisin par exemple), des gâteaux, du miel qui seraient tombés du ciel. Il n’était pas rare non plus de voir du feu brûler les habits de certaines personnes. Selon la « prophétesse » de malheur, ce serait la colère de Dieu qui se manifesterait sur celles-ci, car elles auraient beaucoup de péchés. En réalité, ce sont des fruits que la dame enlève de son sac et une des victimes emblématiques dit l’avoir surprise dans ses manœuvres. «Si ces fruits et autres viennent de Dieu, pourquoi Il ne les fait pas descendre en quantité pour tout le monde ? » s’interroge-t-il. Concernant le feu, il dit également avoir surpris la dame, deux ou trois fois, avec un briquet qu’elle camouflait dans une pochette. En plus, pendant les prières, Z.T. dicte des messages qu’elle dit recevoir de Dieu alors que ce sont les mêmes qui sont distillés par des pasteurs de renom.

Elle prétend par ailleurs disparaître de temps à autres durant les nuits pour se retrouver au ciel. Le plus dramatique selon B.J est qu’à une personne qui expose ses préoccupations (santé, travail, etc.) à la ‘’prophétesse’’, celle-ci donne l’impression de les connaître à l’avance et rétorque à l’intéressé que Dieu lui enjoint de faire des ‘’semences’’. En réalité les personnes sont souvent ‘’auditionnées’’ par l’époux (ndlr : K.S.D.) de cette « prophétesse » censée transmettre la parole divine. «A la tête du client, elle peut demander qu’on lui apporte cinq cent mille, un million, deux millions, six millions, voire au-delà. Elle récupère cet argent et prétend que Dieu l’a instruite d’aller dans un hôpital pour le remettre à un malade. Elle y va seule, elle vous met en contact avec l’accompagnateur du malade qui vous remercie pour le geste. Mais les gens ont remarqué que c’est la même voix de l’autre côté du téléphone, une voix féminine notamment», raconte B.J.

Le hic dans tout ça est que des personnes ont effectué le voyage du non-retour ou n’ont pas eu d’issue favorable à leurs problèmes. Pendant ce temps, la ‘’prophétesse’’, qui dit être la seule personne à qui Dieu a donné des pouvoirs, acquiert des terrains, roule en Highlander et achète tout ce qu’elle désire. Elle n’a jamais non plus été à court d’idées pour justifier le manque de succès de ses opérations. «Elle peut vous dire que c’est parce que la ‘’semence’’ permettra à la personne décédée d’aller directement au paradis ou alors elle dissuade d’autres personnes d’en parler, car elles s’exposeraient à des malédictions, elles et leurs proches», a dit B.J. qui, lui, n’a pas fait de ‘’semences’’, car n’ en ayant pas été convaincu dès le départ.

Z.T. a commencé ses activités en 2009 et ce n’est qu’en 2014 que les gens ont suspecté sa manière «louche» qui n’inspirait plus confiance. «C’était «purement et simplement une escroquerie organisée». Elle se serait d’ailleurs déplacée de quartier en quartier au fur et à mesure qu’elle était démasquée et ne manquait pas de répliquer par des menaces. «Elle a fait suivre des gens avec de l’acide pour les agresser parce qu’ils l’ont découverte». B.J. a finalement demandé aux autorités religieuses d’établir des cartes, ou de mandater les personnes habilitées à rependre la parole de Dieu afin de circonscrire les dégâts même s’il y a aussi beaucoup de naïveté chez les pigeons. Ne dit-on pas que « tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute » ?    

- «Coupable ou victime de machination ?» ainsi s’interrogeaient les proches au sujet  du jeune Sidi Mohamed Konfé, incarcéré depuis mars 2017 comme nous l’avons relayé dans une de nos précédentes lettres. A ce directeur  de l’établissement franco-arabe, Ben Massoud, implanté dans le Sahel depuis 2009, il serait reproché d’être de connivence avec des djihadistes comme nous l’écrivions. Le fondement de cette accusation, disions-nous, c’est qu’il aurait «réceptionné du matériel provenant d’Arabie Saoudite, destiné à de tierces personnes, et où on aurait  retrouvé des tenues militaires». Selon les responsables de la Fondation dont relève l’école et qui fait dans l’humanitaire, Sidi Mohamed Konfé dirige parallèlement une agence de voyages qui s’implique dans le transport de pèlerins à la Mecque. Et au dire de la Fondation qui emploie le jeune, c’est au nom de cette agence qu’il a reçu le matériel délicat. La Fondation invite donc l’opinion à ne pas faire d’amalgames.      

                       

- Garde à vous ! On image déjà l’ambiance qui règnera à cette 9e édition du maracaña de l’Amicale des anciens enfants de troupe/Section université (AAET/SU) qui se tiendra demain. A cette occasion, le comité d’organisation a prévu un cross populaire dès 6h sur le terrain de l’USFA. Le tournoi en question débutera sur le coup de 8h et les équipes finalistes s’affronteront dans la soirée à 15h. Et pour boucler la boucle, un rafraîchissement à l’espace vert de Gounghin est prévu pour agrémenter davantage ces retrouvailles.

 

- A l’occasion de la fête de l’Assomption, un méga concert est organisé le lundi 14 août 2017 à 20h à la maison du Peuple de Ouagadougou. La 3e édition de la nuit de l’intégration interreligieuse au Faso est l’œuvre d’un journaliste de Savane FM, Dieudonné Congo. Sous le thème ‘’ Paix et cohésion sociale au Faso’’, les troupes Dodo du secteur 1, les troupes Salou de Mahamoud, hindou de Mogambo vont faire vibrer les spectateurs. Seront également de la partie la Sœur Nicole Kaboré, les danseurs au grand complet de la sœur Anne Marie Kaboré, André Zoungrana, les artistes religieuses Justine et Chantal, la chorale Dominique Savio de Dapoya, la chorale Saint Mathieu de Cissin Natinga, la chorale peulh de Dori, la coqueluche de la musique catholique ‘’Jesus Zoa’’, sans oublier la marraine Nestorine Sangaré en guest-star, pour clore le ‘’show’’. L’accès au spectacle est conditionné au déboursement de la somme de 2000 F CFA.

 

Pour une cause

 

Les espaces littéraires burkinabè accueillent un nouvel ouvrage. Il s’agit de l’œuvre d’Hassane Wereme intitulée ‘’Pour une cause ‘’. A travers ce bijou de 101 pages, l’écrivain septuagénaire pose la problématique du sens de la vie dans divers aspects. Inspirée par des devanciers tels que le Pr Joseph Ki-Zerbo et Amadou Hampâté Bâ, il défend la culture et l’identité nationales notamment. Par ailleurs auteur d’autres livres dont ‘’Flash sur 4 vices’’ et ‘’L’audace d’écrire : journal de mes pensées intimes’’, l’homme de lettres n’est pas méconnu de l’administration publique burkinabè. Il a occupé successivement les postes d’Agent de la statistique, d’Assistant des Affaires économiques et documentaliste. Ce natif de la province du Soum a également marqué de son empreinte la vie politique et syndicale du Burkina.

 

Tipoko l'Intrigante n'apprend rien d'elle-même, elle n'invente jamais rien. Tipoko l'Intrigante est un non-être. Elle n'est ni bonne en elle-même, ni mauvaise en elle-même. Elle fonctionne par intuition, car "l'intuition c'est la faculté qu'a une femme d'être sûre d'une chose sans en avoir la certitude..."

 

Ainsi va la vie.

Au revoir.

 

Ton cousin

Passek Taalé

Commentaires   

+2 #2 Kanzim 13-08-2017 15:57
Pour l’honneur de mes parents, et par devoir d’un fils dans le devoir impérieux de de protection de la dignité et de la côte sociale ainsi que de l’intégrité physique et morale ses parents, la place de Tahirou BARRY j’aurais démissionné du parti de Laurent BADO. Beaucoup de militants de ce parti savent depuis le gouvernement MPP qu’il y a des postes à glaner étant du parti PAREN. Ils n’accepteront donc jamais que soient révisés les textes fondamentaux du parti dans le sens de leur renouvellement au profit d’un président positionné, efficace et générateur de succès et de victoires. Or, ce n’est donc pas sûr que d’autres à la place de BARRY feraient mieux que lui, à défaut de faire pire que ceux qui comme lui, ont occupé le poste de Président et postulé au poste de Président du Faso. Pour moi, Barry est venu donner un visage autre que celui de bouffon au PAREN. Il doit donc pourvoir quitter ce parti, et fonder un autre, pendant qu’il y a détient toujours des partisans, et surtout pendant que les jeunes de plusieurs milieux lui témoignent toujours de la sympathie. Il sauverait ainsi la renommée et ma dignité de ses parents ne permettant pas que pour des raisons politiciennes, on les insulte et vilipende universellement . Et je parie que ce sera la mort certaine du PAREN, à moins que ce parti n’accepte au sein d’un parti-mentor, le rôle de buveur de lait et non de trayeur de vaches.
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+1 #1 Neilson 13-08-2017 09:49
On sent que M. Barry est très sincère dans ses faits et gestes et c'est là son erreur, n'entre en politique que les "durs à cuire" c'est à dire ceux qui peuvent sacrifier père, mère, enfant, femme et même le peuple tout entier tout en souriant! Il suffit de regarder dans tous les pays les hommes (et femmes) politiques; ils mentent sans vergogne tous les jours que Dieu crée, ils se font insulter à longueur de journée dans toutes les langues possibles et imaginables sans sourciller; il y en a même qui se font trucider ou qui, de par leur faits, ont leurs proches trucidés sans que cela n'entame en rien leur détermination d'être ce qu'il se sont promis d'être à savoir: président de la république! Donc M. Barry, préservez vos larmes car vous serez traité de tous les noms d'oiseaux si, comme je vous le souhaite, vous devenez un jour président du Faso; vous avez vu et ou entendu M. Simon Compaoré avec les routiers ces jours-ci?!
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