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Projet de mémorial ex-AN : Trois œuvres primées

L’Association «Initiative citoyenne Mémoire et Conscience» a révélé les lauréats du concours de  l’appel à idées sur le projet de construction d’un musée et d’un monument sur les vestiges de l’ancienne Assemblée nationale. C’était hier 5 juillet 2017, au Centre national de presse Norbert Zongo à Ouagadougou. A cette occasion, Isidore Somda, Idrissa Ouédraogo et Armel Ivan Elchanan Yissonemon Bado, classés respectivement premier, deuxième et troisième, ont reçu des prix pour avoir fait des propositions qui ont eu l’assentiment des membres du jury.

 

L’un des temps forts de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 a été sans conteste la prise et la destruction du siège de la représentation nationale alors que les députés s’apprêtaient à voter le projet de loi révisant l’article 37 de la Constitution. Des manifestations qui ont occasionné des pertes en vies humaines. C’est pour rendre hommage à ces martyrs que des citoyens d’obédience différentes ont décidé de construire sur les ruines un mémorial.

L’initiative a été portée l’Association «Mémoire et Conscience» qui, à travers une démarche participative et inclusive, a lancé un appel à idées ouvert aux Burkinabè de l’intérieur et de la diaspora afin de recueillir des propositions sur le musée et le monument qui y seront érigés. Une soixantaine de personnes ont pris part à la compétition, et le jury du concours après délibérations a porté son choix sur trois œuvres, jugées originales. Le trio gagnant est composé d’Isidore Somda, d’Idrissa Ouédraogo et d’Armel Ivan Elchanan Yissonemon Bado (Burkinabè résidant au Canada, qui s’est fait représenter). Le premier a reçu un chèque d’un million de francs CFA, le deuxième, huit cent mille et le troisième, six cent mille. En outre, ils ont obtenu chacun une attestation de participation.

Selon le président du jury, Jacques Guégané, les critères de sélection sont le respect de ce qui a été édicté dans l’appel, c’est-à-dire la présentation de l’idée, la prise en compte des deux éléments (musée et monument) et surtout le caractère réaliste. C’est ainsi qu’à l’issue des débats, les auteurs des trois œuvres sont montés sur le podium.

A écouter le Pr Luc Marius Ibriga, président de l’Association «Mémoire et Conscience», c’est sur la base de ces visions et perceptions que seront élaborés les termes de référence d’un concours international d’architecture. Dès lors que le projet architectural sera retenu, l’association compte appeler une fois de plus à la mobilisation des Burkinabè afin de rassembler les moyens financiers nécessaires à la réalisation dudit projet ; en d’autres termes, il s’agira d’un financement qui va allier quête populaire et mobilisation de ressources auprès de partenaires publics et privés. «Bien qu’impulsée par l’association, l’initiative appartient à tous les Burkinabè, à tous les Africains, à tous les citoyens du monde épris de liberté et de démocratie», a précisé le Pr Ibriga.

La finalité de l’initiative est de marquer le renouveau de la démocratie burkinabè et de frapper la conscience des populations, des politiques et des dirigeants actuels et futurs. Et le secrétaire général de l’association, le Dr Ra-Sablga Seydou Ouédraogo de renchérir sur le bien-fondé du mémorial : «Il ne se résume pas à l’insurrection populaire de fin octobre 2014, il traduira également les différentes luttes du peuple burkinabè pour la liberté et la démocratie (soulèvement populaire du 3 janvier 1966, lutte lors de la période coloniale, entre autres) ».  

 Le premier récipiendaire, Isidore Somda, a d’abord remercié les initiateurs de ce projet de mémorial. Il a estimé que  c’est «une grande victoire» pour lui en tant qu’insurgé et une fierté de pouvoir contribuer à l’érection d’un monument qui va rendre hommage aux personnes tombées. Le deuxième, Idrissa Ouédraogo, est aussi «très satisfait» d’avoir participé au concours et d’autant plus heureux que son œuvre a été retenue pour servir de réflexion à un devoir de mémoire. Ecrivain à ses heures perdues, il a produit deux poèmes à l’endroit des adultes et des enfants pour que l’événement ne tombe jamais dans la corbeille de l’histoire. La représentante du troisième lauréat, peu bavarde, a aussi remercié l’Association au nom de son fils de 21 ans qui est au Canada.     

 

Aboubacar Dermé

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