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Toégui : Repose en paix cher RSS 2…

Un seul RSS vous manque et tout est dépeuplé. Le poète Lamartine aurait pu écrire ainsi. Oui, 3 RSS moins 1 RSS égale zéro RSS. Oui, les RSS c’est fini. Les RSS c’est terminé. Oui, fin de parcours pour les RSS. Tout le monde descend. Boli bana !

En inventant les RSS, j’étais loin de m’imaginer que l’histoire serait de si courte durée. Que c’est pénible la mort de Salifou Diallo !

J’ai appris la nouvelle très tôt le matin sur une de mes FM. Un auditeur Mochichiphone avait appelé pour annoncer qu’il venait d’apprendre une triste nouvelle.

- Une grande personnalité du pays vient de mourir a-t-il dit. Je n’ai pas le courage de vous dire de qui il s’agit. Restez à l’écoute. Quelqu’un d’autre viendra sans doute vous le dire. Sachez seulement que c’est quelqu’un de grand de très grand mais je ne peux pas vous dire qui c’est.

Une dizaine de minutes après, un autre auditeur appela pour annoncer la même nouvelle mais sans non plus dévoiler le nom du disparu.

- Ce que l’auditeur précédent vient de dire à l’instant, c’est la vérité. Le pays a perdu un grand homme. Moi non plus je n’ai pas de bouche pour vous donner son nom.

C’est seulement au 4e ou 5e appel qu’un auditeur annonça d’une voix grave, la disparition de Salifou Diallo notre Président de l’Assemblée Nationale. Et immédiatement la ville s’enflamma. Je reçus un premier coup de fil. Puis un second. Puis un troisième. Puis encore et encore. En moins de deux, il n’ y avait plus que cette information sur toutes les radios et sur toutes les chaînes de télévision. Emission spéciale partout et pour vous.

Salifou Diallo est mort. Je pensai à mes dernières élucubrations, celles de Mardi avant la fête de l’Assomption. J’avais égratigné le Président de l’Assemblée et Président du MPP en évoquant son passage au Ministère de l’Agriculture et de son projet de vulgarisation de la gomme arabique.

Salifou Diallo est mort…RSS Two est mort…Si prématurément. Un RSS est mort et c’est la fin des RSS.

Je vais vous dire. Dès l’annonce de la mort de Salifou Diallo, je n’ai plus mis les pieds hors de chez moi et je n’ai plus fait un pas sans mon poste radio à l’oreille. Pour entendre parler de Salifou Diallo. Salifou Diallo du Burkina.

De mémoire de Burkinabè Voltaïque, je n’ai jamais constaté la disparition d’un homme susciter autant d’affliction, autant de chagrin, autant de douleur. J’étais loin de savoir que les Burkinabè ressentaient tant de sympathie à l’égard de Salifou Diallo. Je pensais même plutôt le contraire. Et plus d’une fois, suite au flot d’hommages et de louanges, je me rappelai les paroles de Dim Salifou : « Un grand n’est pas un petit ».

A force d’entendre d’abord les uns et les autres, puis ensuite les autres et les uns, je me suis permis de solliciter auprès de Nakibeugo l’autorisation d’élucubrer exceptionnellement sur une double page 6. Le sage Nakibeugo m’a donné son accord ; mais c’est moi qui suis tombé sur un os. Je ne savais plus quoi dire sur Salifou Diallo pour la bonne raison que tout ce que je voulais dire avait déjà été dit soit à la radio, soit à la télévision. Et dit par des bien-pensants qui ne sont pas des n’importe qui mais plutôt des qui de droit. Je retiens par exemple que Juliette Bonkoungou a déclaré que Salifou Diallo se savait malade, et que malgré cela, il s’est sacrifié à la tâche, démontrant ainsi à notre jeunesse qu’un homme qui aime son pays doit travailler pour lui jusqu’au bout même au péril de sa vie.

Zéphirin Diabré, adversaire politique du défunt, a révélé et reconnu que Salifou Diallo est un homme qui n’avançait pas cagoulé.

Bassiaka Dao, le Président de la Confédération Paysanne du Faso a affirmé que lorsqu’on déclare très souvent que Salifou Diallo est un baobab, on omet d’ajouter qu’un baobab n’est pas un arbre qui se remplace facilement car il faut au moins un siècle pour cela.

J’ai aimé aussi ce dialogue à la radio, dialogue au cours duquel un journaliste a posé la question suivante à son invité :

- Est-ce que Salifou Diallo est irremplaçable ?

L’invité répondit, un peu trop rapidement  à mon avis :

- Salifou Diallo n’est pas irremplaçable. Nul n’est irremplaçable. Même Nelson Mandela a été remplacé.

Et j’ai bien apprécié cette réplique du journaliste :

-D’accord, Nelson Mandela a été remplacé. Mais est-ce que ça marche bien en Afrique du Sud ?

L’invité ne répondit pas à la question, ayant probablement eu à l’esprit les frasques du Président Jacob Zuma.

Effectivement, la question du remplacement du Président Salifou Diallo revient très souvent. Moi si on me posait la question je sais quoi dire.

Voilà… Je ne sais plus s’il s’agit d’un Président-Roi nègre du Gondwana ou d’un Empereur Romain, mais voilà ce qu’il disait à propos de son peuple :

-Je ne cherche pas que mon peuple m’aime, pourvu qu’il me craigne.

C’est simple. Ce tyran du Gondwana ou de Rome a fait son choix. Son souci n’est pas d’être aimé par son peuple. Ce qui le préoccupe c’est que son peuple ait peur de lui. A cause de son long fouet.

Pour en revenir au remplaçant de Salifou Diallo, je ne dirai pas que ça va être dur, voire impossible, mais ça ne va pas être facile. Pour remplacer Salifou Diallo au perchoir, on pourra trouver facilement un Président qu’on va beaucoup aimer. Mais ce Président sera-t-il craint ? Peut être aussi qu’on trouvera un Président très craint. Mais ce Président sera-t-il très aimé ?

La difficulté n’est donc pas de trouver un remplaçant qu’on aime ni un remplaçant qu’on craint. La quadrature du cercle c’est de trouver un Président qu’on aime et qu’on craint.

Il en sera de même au sein du Soleil levant. Il faudra un Président qu’on aime et qu’on craint, et non un Président qui est soit aimé, soit craint. L’Ingéniosité de Salifou Diallo c’était d’être aimé et craint à la fois et non d’être soit aimé, soit craint. Un tel personnage court-il les rues ? Comme les moutons à cinq pattes ? Si oui, il n’y a donc pas de quoi paniquer.

Question :

Soumane Touré est craint. Mais est-il aimé ?

Bassolma Bazié est aimé. Mais est-il craint ?

Repose en paix mon cher RSS 2.

 

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