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Adama Kaboré, dit Pekessy, supporter des Etalons : « Ma CAN au rythme de mon djembé»

Fini, la CAN Gabon 2017 ! En effet, joueurs, autorités et même supporters ont regagné leur Burkina natal. Adama Kaboré, dit Pekessy, animateur et instrumentiste au sein de l’Union nationale des supporters des Etalons (UNSE), était du voyage librevillois. Heureux d’avoir joué sa partition à cette grand-messe du football africain, il nous a raconté dans cette interview sa coupe d’Afrique, vue des tribunes, au son de son djembé.

 

Vous étiez à la CAN 2017 pour le compte de l’UNSE ; comment avez-vous trouvé la prestation des Etalons ?

 

Si c’est à noter, je donnerai 9/10 aux Etalons. C’est vrai qu’on a perdu à l’issue des tirs au but lors de la demi-finale face à l’Egypte, mais sur le terrain, les joueurs ont produit un jeu qui était très appréciable. Ce n’est pas parce que je suis animateur burkinabè que je le dis ; tout le monde a pu le remarquer sur le terrain. Je pense que nos joueurs ont donné le meilleur d’eux-mêmes et que c’est la meilleure de mes CAN.

 

Depuis quand êtes-vous animateur ?

 

Je suis dans ce groupe depuis la CAN 98 au Burkina. Comme je suis joueur de Djembé, j’ai pu intégrer le groupe des supporters depuis cette époque et j’y suis resté par amour et même par passion pour le football en particulier et le sport en général. Vous savez, pour être un bon animateur, il faut toujours y croire, car nous essayons d’être en quelque sorte le second souffle de l’équipe. Quand ça ne va pas, c’est nous qui devons amener les joueurs à se surpasser. On ne doit donc jamais se laisser aller au découragement.

 

Etes-vous allé au Gabon par vos propres moyens pour supporter les Etalons ?

 

Non, ce n’est pas nos propres moyens et ça ne l’a jamais été ; en tout cas, pas pour nous, les animateurs…

Comment se fait le choix des supporters alors ?

 

Comme on a un groupe qui est ancien, il est tenu compte des séances de répétitions et de l’assiduité des personnes concernées lors des différentes convocations et rencontres. Par exemple, lorsqu’on a des animations au Palais des sports de Ouaga 2000, au stade municipal ou du 4-Août, ceux qui sont vraiment assidus à ces rencontres sont les premiers à être choisis en cas de voyage. Mais après, tout dépend du nombre de places qu’on va attribuer à l’UNSE. Donc il n’y a pas à dire que c’est un tel qui partira de prime abord.

 

Etes-vous juste un instrumentiste au sein de l’UNSE ou est-ce votre profession ?

 

On a un groupe de musiciens instrumentistes en ville qui fait des prestations rémunérées lors des baptêmes et mariages. Donc, c’est mon boulot. Ce n’est pas dans les stades seulement qu’on joue au tam-tam. Après la CAN, chacun retourne dans son coin et attend les éliminatoires des prochaines campagnes.

 

A propos, il y a eu des soucis au sein de votre hôtel (Riviera) à Libreville, où vous vous êtes plaints à propos des tarifs des chambres. Que s’est-il réellement passé ?

 

Ce jour, nous sommes arrivés aux environs de 18h et c’est vers 23h passées que nous avons intégré notre hôtel. Ceux qui étaient censés être présents pour chercher l’hôtel pour les animateurs de l’UNSE nous ont dit dans un premier temps que cela n’était pas prévu dans leur programme. Personnellement je ne sais pas si c’est par négligence mais sachez qu’on a souffert avant d’être logé.

Ensuite, une fois sur place à la Riviera, il y a eu le problème des tarifs des chambres. Nous, on ne s’attendait pas à des prix trop élevés. Cela a amené une discussion entre les supporters, la fédération et même le ministère des Sports. Mais en définitive tout est rentré dans l’ordre et c’était le plus important.

 

Finalement en tant que supporter, on s’enrichit ou on s’appauvrit ?

 

En partant à la coupe d’Afrique, notre rôle est de supporter les Etalons. On n’a pas d’autre objectif que de chercher à motiver les joueurs afin qu’ils puissent bien jouer et que le drapeau du pays flotte haut à la fin. Si l’Etat estime que le travail que nous abattons est bien et nous donne quelque chose en retour, on ne peut pas le refuser. Parce que si la CAN finit, on ne voit plus les supporters. Il n’y a pas de prime fixe qu’on encaisse. De ce fait, tout n’est pas question de s’enrichir ou de s’appauvrir. C’est juste une question de passion.

 

Avez-vous été satisfait des conditions de voyage et de traitement au sein de l’UNSE lors de cette CAN 2017 ?

 

Personnellement, je n’ai pas eu de problèmes à part les problèmes de logement à Libreville, Franceville et à Port Gentil. Dieu merci, tout est rentré dans l’ordre par la suite. Je retiendrai aussi qu’on a été recalé à la gare de train de Franceville pendant 3 heures. Mais bon, je dirai que tout ne peut pas être parfait à 100%.

 

Est-ce que tous les supporters arrivent à communier quand les Etalons sont en difficulté ?

 

Je peux dire que notre groupe est bien soudé et que ceux qui nous connaissent savent que nous ne ménageons aucun effort lorsque nous animons. S’il y a un animateur qui ne se sent pas lors d’un match ou qu’il n’est pas très en forme et même découragé, quelqu’un est là automatiquement pour le remplacer. Notre objectif, c’est que pendant le match, les tambours doivent résonner jusqu’au coup de sifflet final de l’arbitre. Mais souvent, les personnes âgées ne peuvent pas suivre notre rythme ou tenir pendant longtemps. Cela n’a cependant pas d’influence sur l’animation proprement dite.

 

La CAN est finie, dans peu de temps ce sera les éliminatoires de l’édition de 2019 et de la coupe du monde 2018. Comment vous voyez ces deux échéances pour les Etalons ?

 

Pour moi, on n’a pas à craindre car l’équipe est en forme mais une révision et même des corrections doivent se faire car il y a eu beaucoup d’erreurs au sein du groupe Etalons qu’on pouvait éviter. A part les deux joueurs blessés (Jonathan Zongo et Jonathan Pitroipa), je n’ai pas peur pour les qualifications aux prochaines échéances. Actuellement en Afrique, on a l’une des meilleures équipes.

 

Quelles sont vos relations avec les joueurs ?

 

Personnellement, c’est avec Jonathan Zongo seul que j’ai des affinités et on se côtoie un peu. Car je n’aime pas trop m’approcher d’eux d’autant plus que certains joueurs trouvent qu’on les embête. Je préfère me mettre à l’écart et faire résonner mon tambour. Si un joueur voit que le travail est bien fait et vient me féliciter, c’est tant mieux.

 

C’est un privilège de voyager avec les Etalons qui sont aujourd’hui des stars ?

 

Chacun voyage dans un but bien précis. Mon objectif, c’est de faire résonner mon tam-tam afin de pousser les Etalons à la victoire et à aller de l’avant. Le reste, c’est à chacun de voir ce qu’il recherche.

 

Qu’est-ce que vous retenez de cette CAN, les bons et les mauvais moments ?

 

Le mauvais souvenir, c’est notre match contre l’Egypte. On a tout donné, on a dominé même à 63% mais on n’a pas gagné. L’accueil au Burkina Faso le dimanche 5 février m’a impressionné et marqué (ça, c’est le bon souvenir). On ne s’attendait pas à une telle foule. Merci à la population qui est sortie massivement.

 

Si c’était à recommencer, seriez-vous de nouveau supporter des Etalons ?

 

Oui, car je ne vois pas pour quel motif j’abandonnerais ma passion ou ce qui me pousserait à ne plus supporter les Etalons. Je considère que c’est ma part de contribution en tant que Burkinabè. Et tant que j’aurai la nationalité burkinabè, je serai supporter à vie des Etalons.

 

Interview réalisée par

Kader Traoré

& Félicité Zongo

 

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