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Kamou Malo, entraîneur du RCK : «Je suis un coach libre»

Pour la 2e fois consécutive, le Rail club du Kadiogo est champion du Burkina. Son entraîneur, Kamou Malo, l’est aussi. Mais si le technicien des Faucons jouit actuellement de bonnes vacances, il y a que son contrat avec son club est arrivé à expiration et il se dit ouvert à toute sollicitation, surtout que son président, Amado Traoré, celui-là même avec qui il travaillait en parfaite intelligence, a démissionné du club. De cette interview il ressort clairement que le coach du RCK a envie d’explorer d’autres horizons.

 

 

Vous venez d’être sacré champion du Burkina avec le RCK au terme d’une saison assez difficile. Que doit-on en retenir ?

 

Effectivement, nous avons gagné ce championnat difficilement dans la mesure où le titre a été obtenu à la 30e et dernière journée. Ça veut dire que ça n’a pas été facile. Je l’ai dit, c’est le nivellement des valeurs au sein du football burkinabè. Je pense que le championnat était d’un bon niveau. Nous avons souffert de beaucoup de situations. Je me rappelle que c’est à la 2e journée que nous avons pu occuper le fauteuil de leader et ce, jusqu’à la dernière. Il faut le faire. Les gens n’en parlent pas, mais c’est l’une des rares fois où un champion marquait son leadership. Ce fut surtout l’une de mes satisfactions. Même si notre poursuivant, l’EFO, avait 18 points de retard et qu’il a fait une grosse remontée remarquable au classement, cela ne nous a jamais menacés. On a senti son souffle mais on n’était pas inquiet. Finalement on termine le marathon avec 5 points d’écart. Je pense qu’il fallait le faire et cela est à l’honneur du football burkinabè.

 

Qu’est-ce qui a fait fondre cet avantage que vous aviez sur l’EFO ? De 18 points, il ne restait plus que 2 à un moment donné…

 

Ce n’est pas qu’il y avait quelque chose qui tournait mal au RCK. On était dans une très mauvaise dynamique non seulement à l’intérieur du club, mais aussi dans l’environnement extérieur. Vous avez vu tout ce qui s’est passé autour du match RCK # USM Alger, notre suspension et les amendes imposées au club. Ce n’était pas une situation facile pour le club. En plus de ça, on a connu une suite de défaites lors de la phase retour. Nous avons connu notre première défaite face au BPS et depuis, cela a installé un pessimisme dans le groupe.

J’aurais préféré être l’entraîneur de l’EFO plutôt que celui du RCK, parce que l’Etoile avait la possibilité de nous chasser. Malgré tout, on est parvenu à garder notre position. C’est le lieu de saluer la direction du club, les joueurs et même les supporters qui sont restés avec nous.

 

Avec le titre de champion, vous allez encore affronter la campagne africaine. Est-ce que la démission d’Amado Traoré, PCA du club, va changer la donne ?

 

Je ne voulais pas en parler mais bon… Au lendemain de notre titre, le président du conseil d’administration a rendu sa démission. Cela aura des implications. C’était avec lui que j’étais sous contrat, lequel bail est même arrivé à expiration. Du coup, avec son départ, je ne suis plus rattaché au club. Peut-être que moralement, je reste RCK. Sinon à l’heure actuelle, rien ne me lie au Rail. Je suis donc un entraîneur libre.

 

Cette liberté signifie-t-elle que vous irez voir ailleurs ?

 

Naturellement. Je ne sais pas ce qui va se passer au lendemain de cette démission. Je ne sais pas comment se fera la reprise du club. Je n’ai d’ailleurs pas été contacté par un quelconque repreneur. Donc j’estime que je suis un coach libre. Et même si le président était resté, il aurait fallu que l’on rediscute le renouvellement de mon contrat. Pour le moment, rien n’est fait dans ce sens. Donc je me considère comme libre de m’engager avec une équipe qui a de l’ambition et qui a une vision que je peux épouser.

 

Pourrait-on deviner aisément que vous n’irez pas n’importe où ?

 

Je suis un technicien et ce serait mal placé de dire certaines choses. Mais vu ce que nous avons accompli comme travail et notre passé récent, je pense que je peux légitimement prétendre à ce que des clubs demandent mes services. On travaille pour progresser et non pour régresser.

 

Seriez-vous tenté par une aventure hors du pays ?

 

Oui, j’ai aussi des pistes dans ce sens. J’ai des éléments qui font de la prospection dans ce sens, surtout dans les pays voisins. S’il y a une opportunité qui s’offre à moi, je serai vraiment tenté.

 

Etant déjà au club, comment vous avez accueilli la démission du PCA ?

 

Difficilement. Je peux dire que je n’ai pas dormi, malgré le fait qu’il a pris le temps de m’y préparer psychologiquement. Sincèrement, j’ai été touché par cette démission à laquelle je ne m’attendais pas. Je respecte sa décision parce que quoi qu’on dise, c’est un homme avisé. En tant que technicien, je perds ainsi un allié de poids. Pour qui connais sa rigueur et sa disponibilité, travailler avec lui, c’est toujours un plaisir. Je pense que c’est un président exemplaire dont il faut s’inspirer. En 2 ans de gestion, nous avons remporté 2 titres de champion, 1 coupe du Faso et une coupe AJSB. C’est un exploit que je mets à l’actif du président et je salue par ailleurs son sens du travail bien fait. S’il envisage effectivement de se reconvertir à un autre métier, je lui souhaite plein succès, mais j’aimerais qu’il reste dans le football qui est sa passion.

 

Qu’est-ce que vous retenez de bien et de mauvais au cours de cette saison ?

 

Les bons souvenirs, ce sont les titres que nous avons obtenus avec beaucoup de douleur souvent. Les mauvais souvenirs, il y en a énormément. Mon regret, c’est de n’avoir pas pu qualifier cette équipe du RCK pour les phases de poule, de la ligue des champions qui nous tendait les bras. Jusqu’aujourd’hui je n’ai pas encore digéré cela. Je pense aussi qu’en son temps, le RCK n’avait pas été soutenu. Je le dis sans crainte. C’est un sentiment personnel, je n’accuse personne. Naturellement, il y a ma suspension que je garde comme un très mauvais souvenir. On m’accuse à tort d’actes que je n’ai pas posés. Je continue de répéter haut et fort que si quelqu’un a une vidéo quelconque qui prouve que j’ai porté la main sur quelqu’un, qu’il me la montre. Je suis impulsif, c’est vrai, mais je connais les règles et je les respecte.

 

Est-ce qu’à ce niveau vous prévoyez des démarches auprès de la CAF pour alléger votre suspension ?

 

Je pensais que le club avec lequel j’ai écopé de la sanction allait entreprendre des démarches dans ce sens. J’attends toujours et si rien ne bouge, je verrai si je peux introduire un recours pour continuer ma jeune carrière.

 

Y a-t-il des choses que vous auriez voulu voir autrement dans le football burkinabè ?

 

J’aimerais qu’on aille à la paix et au rassemblement. Qui doit siffler ce rassemblement ? C’est naturellement celui qui tient les rênes du football burkinabè. C’est à lui d’avoir l’humilité d’appeler les autres et de leur faire savoir que malgré tout ce qu’ils ont fait, il leur pardonne. Qu’il est prêt à un renouveau du foot au Burkina. Je ne suis pas à une certaine hiérarchie de notre sport-roi, mais je suis un acteur de longue date. Cette guerre, si elle continue, fera beaucoup de victimes et cela n’arrangera rien dans notre foot. Le monde du football burkinabè est divisé et cela ne fait pas évoluer les choses.

 

Interview réalisée par

Kader Traoré

 

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