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Deuxième tour qualificatif CAN 2015 : Le Lesotho intègre le groupe du Burkina

Le deuxième et dernier tour des éliminatoires de la CAN 2015 s’est joué le week-end dernier et on n’avait d’yeux que pour le duel Kenya-Lesotho.
A l’issue de ce match, qui s’est soldé à la surprise générale par un match nul (0-0), ce sont les visiteurs qui intégreront le groupe C, composé du Burkina Faso, du Gabon et de l’Angola. Maintenant que les Etalons connaissent leur dernier adversaire, c’est à eux de se préparer en conséquence pour la réception du Lesotho le 6 septembre prochain.
 
Battu 1-0 le 20 juillet dernier à Maseru  par le Lesotho, le Kenya était en bonne position pour renverser la vapeur à Naïrobi le dimanche 3 août 2014. Mais il a été contraint au nul (0-0) et, du coup, est éliminé pour la phase de groupes qui débutera en septembre prochain.
Les Lesothans, en tout cas, ont cru jusqu’au bout en jouant crânement leurs chances à Naïrobi. S’ils ont rejoint leurs bases avec la satisfaction du devoir accompli, ils ont par la même occasion provoqué une crise au Kenya.
On apprend, en effet, que la Fédération kényane de football (FKF) a dissous l’équipe nationale et l’ensemble de l’encadrement technique. Une défaite qui marque la fin  de l’aventure pour le sélectionneur principal, Adel Amrouche, et ses deux assistants, James Nandwa et Ken Odhiambo. Amrouche, qui est Belge d’origine algérienne, avait été suspendu pour 12 mois en juillet dernier par la CAF pour avoir craché sur le quatrième arbitre lors du match Comores # Kenya à Moroni.
Pour la Fédération, la défaite contre le Lesotho et le comportement de l’équipe sont inacceptables.
L’autre surprise de ce deuxième tour  qualificatif, c’est l’élimination du Congo Brazzaville et du Bénin. A Kigali, la première équipe citée est tombée aux tirs au but  face au Rwanda (3-4) après que chaque formation a gagné 2-0 sur ses terres.
La seconde a aussi perdu à l’issue des tirs au but à Blantyre contre le Malawi (3-4) ; les deux formations l’avaient emporté chacune 1-0.
Le tableau étant complet, la lutte sera âpre dès le début du mois de septembre pour la qualification à la Coupe d’Afrique des nations au Maroc.
Rappelons que les deux premiers de chaque groupe et le meilleur troisième (tous groupes confondus) sont qualifiés pour la phase finale de la CAN 2015 (17 janvier au 8 février au Maroc). Le tirage au sort de la phase finale aura lieu le 26 novembre 2014 à Rabat.
 
Justin Daboné
 
Légende
 
Photos 1. Rien n’est possible sans un travail acharné et une rigueur au quotidien. C’est ce qu’il faut aux Etalons qui recevront le 6 septembre les crocodiles du Lesotho
 
(Photos d’archives)
Encadré
 
Groupe A
Nigeria
Soudan
Afrique du Sud
Rwanda
 
Groupe B
Mali
Ethiopie
Algérie
Malawi
 
Groupe C
Burkina Faso
Gabon
Angola
Lesotho
 
Groupe D
Côte d’Ivoire
RD Congo
Cameroun
Sierra Léone
 
Groupe E
Ghana
Guinée Conakry
Togo
Ouganda
 
Groupe F
Zambie
Niger
Cap-Vert
Mozambique
 
Groupe G
Tunisie
Sénégal
Egypte
Botswana
 
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Moussa Kaboré (mascotte des Lions indomptables) : «Il faut virer Eto’o de la sélection nationale»

Dimanche 19 juillet 2014, nous avions rendez-vous avec l’ancien capitaine des Lions indomptables du Cameroun, Stéphane Tatao, à l’hôtel des députés où les Etalons cadets avaient pris leurs quartiers.  Plus d’une heure après, le vieux Lion  se fait toujours attendre et ne donne aucun signe de vie. Pendant l’attente dans le hall, quelques membres de la délégation burkinabè devisaient puis  un jeune homme vint  leur proposer des Smartphones et des parfums.   Certains sont intéressés mais trouvent les coûts exorbitants.  «Il va vous gruger, laissez-moi faire»,   lança  en mooré  à la surprise générale un monsieur. Nous sympathisons  immédiatement  avec ce «Saambiiga» du nom de Moussa Kaboré qui est, à l’instar de Wobgo, la mascotte officielle  des Etalons, celui des Lions Indomptables du Cameroun. Dans cette interview, l’enfant  de Larlé, qui a été de toutes les campagnes de  l’équipe nationale du Cameroun depuis 2000, revient sur sa belle histoire d’amour avec l’équipe nationale du Cameroun qui a commencé en 1998 à l’occasion de la CAN organisée au Burkina Faso.
 
Qui êtes-vous exactement M. Kaboré ?
 
 Tout d’abord, je tiens à présenter mes condoléances aux habitants de Larlé,  le quartier où j’habitais et où réside encore ma famille, après la catastrophe survenue le 15 juillet dernier. Dieu merci, j’ai eu plus de chance que certains puisqu’aucun membre de ma famille n’a été blessé. Mais je connais quelques familles qui ont été endeuillées par le drame. J’ai une pensée pour toutes les victimes et les personnes affectées.
 Je suis Moussa Kaboré, j’ai 42 ans, je suis bien entendu Burkinabè d’origine et naturalisé Camerounais.  Je suis la mascotte officielle des Lions indomptables du Cameroun depuis 2000. Je suis marié à une Camerounaise, professeur des lycées et collèges, et père d’un garçon de 2 ans  qui,  malheureusement,  ne connaît pas encore le Pays des hommes intègres. Ça sera pour bientôt.  C’est très important pour moi  qu’il découvre son pays d’origine.
 
Racontez-nous  votre histoire d’amour  avec les Lions 
 
C’est une aventure qui a commencé fortuitement pendant la CAN 98 au Burkina Faso chez moi.  En effet, le Cameroun était une des équipes favorites de cette édition. Il était en tout cas mon équipe favorite.  A l’époque, on ne connaissait pas encore Samuel Eto’o qui était d’ailleurs très jeune. Mon champion était l’ex-  capitaine Rigobert Song Bahanag, il évoluait toujours à Lens en France. J’aimais bien ce garçon  très autoritaire et teigneux dans le jeu. A vrai dire, je suis un sanguin comme lui. Rigobert avait vraiment un cœur de Lion.  Voulant le voir en «live», je me suis renseigné et j’ai su que l’équipe du Cameroun s’entraînait sur le terrain de l’EFO.  Je quittais tous les jours mon quartier Larlé à pied  pour m’y rendre.  Dès le premier jour,  j’ai commencé à ramasser les balles pour l’équipe sans contrepartie ni arrière-pensée. Le plus important pour moi était de pouvoir rester au contact de ces stars.  Et j’étais loin  d’imaginer que je pourrais un jour devenir la mascotte officielle de cette sélection.   Le courant passait bien entre Rigobert Song, Joseph Désiré Job et le regretté Marc Vivien Foé  et moi. Entre-temps, j’ai commencé à faire quelques courses en ville pour eux. Pendant ce temps,  les gens,  même quelques membres de ma famille, m’insultaient, me traitaient de fainéant.  Les plus gentils me disaient tout simplement de chercher du travail.     
Après l’élimination des Lions, quand ils rentraient, ils se sont cotisés pour me donner un peu d’argent ;  le montant s’élevait à un peu plus de 1 500 000 FCFA. Et je suis resté en contact avec mon idole, Rigobert Song.  Comme on dit chez nous, il a aimé mon affaire. Il m’envoyait régulièrement des mandats depuis la France.
 Voilà mon premier contact avec les Lions indomptables du Cameroun.   
 
Un Burkinabè, mascotte officielle des Lions du Cameroun, ce n’était pas évident ;  comment s’est passée ton intégration ?
 
Vous savez, le premier contact a facilité les choses. Mais mon amitié avec l’homme le plus influent du groupe,  le capitaine Rigobert Song,  a été  pour beaucoup.  Bahanag, comme on l’appelle ici, est très écouté,  respecté et faisait l’unanimité dans la sélection.  Il ne se prenait pas du tout la tête.  J’insiste pour dire qu’Eto’o était presqu’un anonyme à l’époque et l’ex- capitaine faisait la pluie et le beau temps dans cette sélection où il était le leader incontesté avec des cadres tels que Marc Vivien Foé, Salomon Olembé, Raymond Kalla  et Pierre Womé.  Ainsi,  lors de la CAN qui a suivi (Ghana-Nigéria 2000)  qui a vu le sacre des Lions avec l’arrivée de Samuel Eto’o dans le groupe, mon ami Song m’a fait parvenir de l’argent pour que je rejoigne l’équipe au Ghana.  Je n’en revenais pas. J’avais des larmes aux yeux.  A partir de ce moment,  mon statut a changé. Je n’étais plus seulement  ramasseur de balles, mais aussi la mascotte de l’équipe.  Dieu faisant bien les choses,  le Cameroun a fait un parcours fantastique en remportant le trophée le 13 février 2000 dans le mythique stade de Suruléré à Lagos  face aux Super Eagles du Nigéria.   Je venais peut-être de  leur porter chance.
 De retour à Yaoundé,  j’ai bénéficié au même titre que les autres  membres de la délégation de primes et de bien d’autres avantages. Dans la foulée, je suis  tout de suite naturalisé Camerounais et je reçois le lendemain mon passeport. En outre, sur intervention du capitaine Song au plus haut niveau,  j’ai été embauché à la FECAFOOT. Mon salaire, je ne vous en dirai pas plus.  Je suis sûr que tu  veux savoir combien je gagne… (rires). Est-ce que tu rends public le salaire qu’Edouard Ouédraogo (NDLR Directeur de publication de L’Observateur paalga) te paye. Par contre, je peux affirmer que je suis à l’abri du besoin   et mon salaire est régulier.  Aussi, la mini villa dans laquelle je  vis est payée par la Fédération camerounaise de football.
 Depuis, j’ai été de toutes les campagnes des Lions. J’étais encore là lors du dernier sacre du Cameroun à la Coupe d’Afrique des nations organisée au Mali en 2002.  J’étais aussi   aux  Coupes du monde  Japon-Corée 2002,  Afrique du Sud  2010 et récemment au Brésil  dont je garde un très mauvais souvenir. 
 
 On allait y revenir.  Comment as-tu vécu la  participation calamiteuse de tes héros à Brésil 2014 ?
 
Tu es en train de remuer le couteau dans la plaie. Je n’aime pas évoquer cette dernière expédition des Lions. Quand vous êtes un passionné comme moi,  vous ne pouvez qu’être écœuré par leur parcours et surtout leur comportement. Notre pays a été la risée du monde alors que le président Biya avait mis tous les moyens pour que ça se passe bien.
J’ai d’abord été ulcéré par le comportement du capitaine Samuel Eto’o dès l’aéroport, qui a refusé de prendre le drapeau national. Pour un capitaine, c’est inadmissible. Certes,  les joueurs avaient leurs raisons mais cette attitude était exagérée.  Finalement,  après les tractations, ils sont parvenus à un accord avec la FECAFOOT et le ministère des Sports.  A la surprise générale, à l’heure d’embarquement, Samuel Eto’o s’était volatilisé comme par enchantement et était injoignable durant de longues heures.   L’avion était bloqué sur le tarmac avec tous les désagréments que cette situation peut engendrer. Malgré tout, en vrai supporter,  après ces incidents, je nourrissais toujours le secret espoir que les Lions passeraient au moins le premier tour.  Mais hélas ! Non contents de se faire battre par toutes les équipes de la poule, ils se sont mis à  se battre entre eux. Comme le dit si bien un proverbe de chez nous (mooré), «On ne doit plus se disputer lorsque la pluie vous bat déjà».  C’est bien dommage aussi bien pour eux que pour nous.  Parce que nous n’avons pas de salaires astronomiques comme les joueurs.  Plus ils allaient loin dans la compétition  plus on gagnait aussi en  frais de mission… tu vois (rires) ;  je dois réaliser des choses à Ouagadougou et je soutiens aussi la famille au pays.
 
Quelles sont les décisions qui ont été prises après cette débâcle ?
 
Connaissant la fermeté du président de la République, je crois  que ce fâcheux épisode de primes était  de trop.  En outre,  ceux qui se sont livrés en spectacle en se battant (NDLR : il s’agit de Moukandjo et Assou Ekoto) en auront pour leur grade. Il a déjà  demandé l’ouverture d’une enquête sur l’expédition de Brésil 2014. Le comité de normalisation aussi va taper du poing sur la table en écartant définitivement certains joueurs. Ce n’est plus qu’une question de jours.  Le Cameroun ne peut être éternellement la risée du monde à chaque compétition majeure.    
 
Y a-t-il à votre avis  des joueurs qu’il  faut écarter de la sélection ?
 
Vous les connaissez mieux que moi et  je crois dur comme fer que cette fois-ci, la FECAFOOT tranchera définitivement sur le cas du capitaine Samuel Eto’o. Il ne peut prendre indéfiniment en otage la sélection nationale et les plus de 20 millions de Camerounais tous aussi  passionnés  les uns que les autres  de foot. Ce n’est pas normal. Son comportement est indigne d’un capitaine. Le deuxième qui doit être viré c’est bien sur Alexandre Song et, enfin, Jean de Dieu Makoun. Ils n’apportent plus grand-chose à l’équipe alors qu’ils se croient indispensables. Ces trois-là, qui ne s’apprécient guère sont,  du reste, la véritable gangrène des Lions indomptables avec des égos surdimensionnés. Je crois qu’il manque beaucoup plus de cœur à ces Lions que tout autre chose.    
 
  Y avait-il un précédent entre ces deux Lions qui en sont venus aux mains ?
 
Sur ce que j’ai vu pendant les entraînements, il n’y avait pas de problème particulier entre Benoit Assou Ekoto et Benjamin Moukandjo.  Non je ne crois pas.  L’ambiance était plutôt bon enfant dans le groupe. Le comité de normalisation avait fait un travail en aval pour réconcilier les éléments qui ne s’entendaient pas beaucoup. Mais hélas ! J’ai versé des larmes ce jour. Evidemment, après ce triste spectacle,  l’ambiance était morose au quartier général des Lions. Les regards se fuyaient et pendant la séance d’entraînement le lendemain, tous avaient adopté un profil bas. Aucun Lion n’était capable de soutenir les regards des supporters et des journalistes.   
Contrairement aux années précédentes, les Lions ne s’exhibent pas pendant ces vacances aussi bien à Douala qu’à Yaoundé. Ceux qui ont eu le courage de rentrer se font plutôt  très discrets, ils rasent les murs. 
 
N’avez-vous pas peur d’être viré vous aussi  après un éventuel changement à la fédération ?
 
Non pas du tout, j’ai un contrat avec la FECAFOOT, et pour votre gouverne, j’ai vu passer quelques équipes fédérales depuis que  je suis installé ici à Yaoundé en  2000.  Sans fausse modestie, je crois que je remplis assez bien ma part de contrat. Cela dit,  je ne compte pas finir comme  mascotte,  j’ai des objectifs, dès qu’ils seront atteints, je passerais à autre chose. 
 
Jean Stéphane Ouédraogo
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