Radio Bobo : Le jour où les mutins débarquèrent
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La mutinerie de soldats de la deuxième région militaire a affecté de nombreux services publics où des dégâts matériels importants ont été signalés. Au nombre de ces édifices qui ont reçu la visite des hommes en armes, la station régionale de radio Bobo. Par deux fois, les mutins y sont arrivés, d’abord, pour exiger les clés des véhicules de reportages et, ensuite, pour manifester leur intention de prendre possession des antennes.
Le bâtiment de la RTB2 n’a pas été épargné par la furia des soldats mutins. Sa proximité avec le camp Ouezzin-Coulibaly a certainement favorisé ces visites à répétition dans ses locaux par les hommes en treillis. Des militaires qui s’étaient d’abord signalés mercredi, c’est-à-dire au lendemain du déclenchement de leur mouvement, pour exiger des vigiles les clés des véhicules de reportages et celles du bureau de la directrice. Mais ils repartiront sans obtenir gain de cause.
Les voilà encore débarqués jeudi dans l’après-midi avec cette fois l’intention de faire irruption dans le studio. «Les assaillants», qui venaient ainsi d’investir les locaux de la radio, affirmaient avoir une déclaration à faire. «Ils avaient investit la hall d'accueil et lorsque je suis sorti du studio, ils m’ont demandé de leur trouver du papier et un bic pour rédiger leur déclaration et le lire. Ils n’avaient aucun document en main», nous a appris cet agent de la RTB.
Mais les mutins, peu exigeants, et qui éventuellement n’avaient rien préparé dans ce sens, vont se retirer dans l’espoir d’y revenir. Ils tiendront parole, puisque, quelques instants plus tard, les jeunes soldats vont de nouveau débarquer et vider cette fois les locaux avant de bloquer toutes les entrées. «Dès leur arrivée, on m’a appelée pour me tenir informée de la situation et tout de suite j’en ai saisi mes supérieurs hiérarchiques. La direction générale a immédiatement pris les mesures qui s‘imposent en pareil circonstance. Et pendant que j’étais au téléphone avec mes agents, j’entendais le crépitement des armes, les militaires qui tiraient à l’intérieur du bâtiment. Mais j’étais soulagée parce qu’on m’a assurée que tous les agents étaient hors des locaux de la radio», nous dit la directrice régionale, Nathalie Somé.
Les nombreux impacts de balles encore visibles sur les murs, le plafond et les portes témoignent de la violence avec laquelle les soldats mutins ont agi. Mais il y aura plus de peur que de mal même si les auditeurs de la chaîne régionale ont dû patienter plusieurs heures avant de renouer le contact avec les antennes de la station de radio Bobo. Venus pour s’enquérir de la situation, le chef d’état-major général des armées et le chef d’état-major particulier de la présidence du Faso étaient samedi dans les locaux de la RTB2. Leur visite a surtout permis de rassurer d’avantage les responsables du service quant au rétablissement de l’ordre public et de la sécurité, mais aussi de redonner confiance au personnel.
Toujours est-il que, depuis le début de cette semaine, la situation tend à se normaliser davantage à Bobo-Dioulasso, où les opérations de ratissage se poursuivent dans toute la ville et ses environnants. Aujourd’hui ils sont environ une centaine de mutins qui ont été arrêtés dans le cadre de cette affaire et les recherches continuent. Selon des témoins, des fuyards auraient été débarqués des cars, qu’ils avaient empruntés pour quitter clandestinement Bobo. Des civils également complices des mutins dans la cache des butins sont également concernés par ces nombreuses arrestations en cours.
Jonas Apollinaire Kaboré
Le bâtiment de la RTB2 n’a pas été épargné par la furia des soldats mutins. Sa proximité avec le camp Ouezzin-Coulibaly a certainement favorisé ces visites à répétition dans ses locaux par les hommes en treillis. Des militaires qui s’étaient d’abord signalés mercredi, c’est-à-dire au lendemain du déclenchement de leur mouvement, pour exiger des vigiles les clés des véhicules de reportages et celles du bureau de la directrice. Mais ils repartiront sans obtenir gain de cause. Les voilà encore débarqués jeudi dans l’après-midi avec cette fois l’intention de faire irruption dans le studio. «Les assaillants», qui venaient ainsi d’investir les locaux de la radio, affirmaient avoir une déclaration à faire. «Ils avaient investit la hall d'accueil et lorsque je suis sorti du studio, ils m’ont demandé de leur trouver du papier et un bic pour rédiger leur déclaration et le lire. Ils n’avaient aucun document en main», nous a appris cet agent de la RTB. Mais les mutins, peu exigeants, et qui éventuellement n’avaient rien préparé dans ce sens, vont se retirer dans l’espoir d’y revenir. Ils tiendront parole, puisque, quelques instants plus tard, les jeunes soldats vont de nouveau débarquer et vider cette fois les locaux avant de bloquer toutes les entrées. «Dès leur arrivée, on m’a appelée pour me tenir informée de la situation et tout de suite j’en ai saisi mes supérieurs hiérarchiques. La direction générale a immédiatement pris les mesures qui s‘imposent en pareil circonstance. Et pendant que j’étais au téléphone avec mes agents, j’entendais le crépitement des armes, les militaires qui tiraient à l’intérieur du bâtiment. Mais j’étais soulagée parce qu’on m’a assurée que tous les agents étaient hors des locaux de la radio», nous dit la directrice régionale, Nathalie Somé. Les nombreux impacts de balles encore visibles sur les murs, le plafond et les portes témoignent de la violence avec laquelle les soldats mutins ont agi. Mais il y aura plus de peur que de mal même si les auditeurs de la chaîne régionale ont dû patienter plusieurs heures avant de renouer le contact avec les antennes de la station de radio Bobo. Venus pour s’enquérir de la situation, le chef d’état-major général des armées et le chef d’état-major particulier de la présidence du Faso étaient samedi dans les locaux de la RTB2. Leur visite a surtout permis de rassurer d’avantage les responsables du service quant au rétablissement de l’ordre public et de la sécurité, mais aussi de redonner confiance au personnel. Toujours est-il que, depuis le début de cette semaine, la situation tend à se normaliser davantage à Bobo-Dioulasso, où les opérations de ratissage se poursuivent dans toute la ville et ses environnants. Aujourd’hui ils sont environ une centaine de mutins qui ont été arrêtés dans le cadre de cette affaire et les recherches continuent. Selon des témoins, des fuyards auraient été débarqués des cars, qu’ils avaient empruntés pour quitter clandestinement Bobo. Des civils également complices des mutins dans la cache des butins sont également concernés par ces nombreuses arrestations en cours.
Jonas Apollinaire Kaboré

