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Rencontre CENI-OSC : Echanges houleux sur l'ordre du jour

Après les partis politiques, c'était au tour des Organisations de la société civile (OSC)  de répondre à l'appel de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) pour la mise en place de ses démembrements. Comme il fallait s'y attendre, les débats ont été houleux sur la conduite du processus au regard de la crise que traverse l'institution dirigée par Moussa Michel Tapsoba.

Face au refus du président de la CENI, Moussa Michel Tapsoba, de démissionner de son poste, le Premier ministre Luc Adolphe Tiao s'est sans doute résolu à le laisser terminer son mandat qui expire en septembre prochain.

En effet, par lettre datant du 20 mai 2011, le chef du gouvernement a demandé à la CENI d'entamer les consultations pour l'organisation des législatives et municipales couplées de 2012. Ainsi, l'institution a programmé des rencontres avec les formations politiques  et les organisations de la société civile sur la mise en place de ses démembrements.

Si la première n'a pas enregistré un fort taux de participation des acteurs de la faune politique, la seconde a mobilisé les OSC venues comme pour une session de prolongation des bagarres des partis politiques.

En effet, pour un représentant d'organisation, en l'occurrence Lookman Sawadogo, point focal du Réseau ouest-africain des défenseurs des droits de l'homme, la crise sociale actuelle est liée, entre autres, à la mauvaise organisation de la présidentielle. Un argument balayé du revers de la main par les responsables de la CENI  qui estiment que c'est l'attitude de Me Bénéwendé Sankara qui explique les problèmes de la structure chargée des élections.

Mais pour Moussa Michel Tapsoba, mieux vaut avancer que de perdre du temps dans les discussions. Pour ses contempteurs au sein de la société civile, le contexte n'est pas favorable à la mise en place des démembrements compte tenu du fait que des membres de l'opposition ont démissionné. Le président de la CENI n'est pas de cet avis.

Légaliste, il cite des articles du Code électoral et indique que dans son fonctionnement, la CENI  délibère à la majorité absolue et que rien n'empêche la poursuite des activités en attendant la nouvelle équipe qui prendra le relais. Ce bordel, selon une représentante d'OSC, est lié au fait que l'Exécutif n'assume pas ses responsabilités jusqu'au bout. "Comment le chef du gouvernement va demander au président de la CENI  de démissionner pour ensuite lui adresser un courrier l'invitant à mettre en place les démembrements" , s'insurge-t-elle.

Dans tous les cas, tous les acteurs sont divisés et on assiste à une guéguerre entre pro-Moussa et anti-Moussa.

Les uns estiment qu'il y a de l'acharnement sur la personne du président, les autres soutiennent qu'en fait les conditions ne sont pas requises pour poursuivre le travail. La malcause s'est même invitée aux échanges et les protagonistes se sont lancés des flèches. L'atmosphère ne semble pas propice à la sérénité dans l'exécution de la mission actuelle au vu des débats houleux auxquels nous avons assisté. Moussa Michel Tapsoba va-t-il finalement jeter l'éponge ou restera-t-il légaliste jusqu'au bout ?

 

Adama Ouédraogo

Damiss

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