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CDP/Houet : «Ibrahim Sanou est parti de lui-même» (Christophe Sanou, secrétaire général)

CDP/Houet : «Ibrahim Sanou est parti de lui-même» (Christophe Sanou, secrétaire général)

La démission du secrétaire général du CDP/Houet est sans conteste le premier évènement phare de l’actualité politique en ce début d’année à Bobo-Dioulasso. Réuni en assemblée générale le 3 janvier 2018, le bureau politique provincial se devait alors de lui trouver un successeur. Et c’est le maire de l’arrondissement 5, Christophe Sanou, qui a désormais en main les destinées de l’ancien parti au pouvoir dans la province du Houet. Grand acteur politique et toujours aux avant-postes des combats politiques du CDP dans la localité, Christophe Sanou promet d’être à la hauteur des attentes de la section provinciale du parti, mais à une condition : que tous les militants acceptent de mettre la main à la pâte. C’est ce qu’il nous a confié au cours de cette interview qu’il nous a accordée hier dans son bureau.

 

Comment se porte aujourd’hui le CDP dans le Houet ?

 

Le parti se porte très bien dans la province. Il est vrai qu’on a eu des difficultés après l’insurrection, mais aujourd’hui les choses sont en train de rentrer dans l’ordre.  Les militants se retrouvent dans une franche camaraderie pour un nouveau départ. Il y a toujours des difficultés, et c’est normal pour un grand parti comme le CDP. Nous essayons de surmonter ces difficultés pour donner une vie nouvelle à notre formation politique.  On a tenté par tous les moyens de nous étouffer en nous empêchant, par exemple, de proposer un candidat à la présidentielle de 2015. Dans ces conditions, il était difficile pour nous de triompher. Mais aujourd’hui, nous nous préparons pour les batailles futures.

 

Ce qui suppose que vous avez de réelles ambitions ?

 

Toute formation politique à des ambitions. L’objectif d’un parti politique, c’est la conquête du pouvoir et nous nous attelons à cela. Il est vrai que nous sommes aujourd’hui dans l’opposition et que nous voulons reconquérir le pouvoir d’Etat. Mais nous voulons que cela se fasse dans les règles de l’art par des élections libres, transparentes et sans discrimination. Nous sommes en démocratie et le CDP entend jouer grandement sa partition pour l’enracinement de cette démocratie et un mieux-être des Burkinabè.

 

 Quelles sont vos priorités à la tête de cette section provinciale ?

 

Ma première mission est de réconcilier les militants, de ramener tout le monde à la maison et de voir comment on peut relancer ensemble le parti dans la province. Certains avaient démissionné et d’autres avaient peur. Nous voulons leur  assurer que le parti a retrouvé toute sa sérénité et leur dire aussi que nous avons besoin de tout le monde pour bâtir un CDP/Houet nouveau, plus fort et plus conquérant.  

 

Vous semblez vouloir sonner le rassemblement de tous les militants dans la province. L’ex-secrétaire général, Salia Sanou, est-il concerné ?

 

Salia Sanou est un militant incontournable du parti dans la province.  Malgré ses récentes difficultés après l’insurrection, Il reste un baobab du CDP/Houet. Nous comptons beaucoup sur lui. Nous avons besoin de lui, non pas pour occuper des postes de responsabilités politiques, mais plutôt pour ses précieux conseils. Il a une solide expérience qu’il saura mettre à notre profit afin de nous permettre de réussir notre mission. Sa contribution est beaucoup attendue pour la relance du CDP/Houet. Ils sont, avec Alfred Sanou, les personnes-ressources dont nous disposons dans le Houet.

 

Les deux hommes (Salia Sanou et Alfred Sanou) se sont récemment réconciliés.  Cela constitue-t-il un atout pour vous ?

 

Il n’y avait  pratiquement pas de problème entre les deux. C’est plutôt le comportement de certains militants qui donnait l’impression d’une division au CDP/Houet. Certains se réclamaient du clan Salia Sanou et d’autres du clan Alfred Sanou. En réalité, il n’y avait rien. C’était juste des manigances pour fragiliser le parti dans la province. C’est pourquoi Salia et Alfred se sont publiquement serré la main pour montrer à l’opinion qu’ils sont des frères et qu’ils ont des objectifs communs : le renforcement du CDP/Houet et le développement de la province. Ils sont nos dirigeants ; on ne peut pas les oublier.

 

Le départ d’Ibrahim Sanou de la tête de cette section provinciale a donné lieu à de nombreuses supputations que je me garde d’évoquer. Que s’est-il passé exactement ?

 

Ibrahim Sanou a déposé de lui-même sa démission. Il a invoqué des raisons professionnelles. Il nous a dit qu’il ne peut pas cumuler actuellement ses propres activités avec celles du secrétariat général provincial du parti. Il est parti de lui-même. Le bureau s’est donc immédiatement réuni pour combler le vide créé par ce départ. Et à l’unanimité, les membres ont décidé que je prenne la direction du CDP/Houet. J’ai donné mon accord à une seule condition : que tout le monde accepte de m’accompagner dans cette nouvelle mission.

 

Vous êtes le seul maire de l’opposition dans la commune. Comment cohabitez-vous avec les autres maires du parti au pouvoir ?

 

Moi, je n’ai aucune considération politique en matière de développement de la commune.  Nous travaillons ensemble et je ne vais pas m’opposer pour m’opposer parce que je suis de l’opposition. Tout ce qui entre dans l’intérêt de la commune, je l’ai toujours soutenu. Donc nous travaillons tous ensemble à l’atteinte du même objectif ; le développement de la commune et je ne me sens pas du tout marginalisé dans les actions communales.

 

Qu’est-ce que vous apportez concrètement au développement de votre arrondissement ?

 

Depuis ma prise de fonction, nous nous attelons à la réalisation d’un certain nombre d’infrastructures pour améliorer les conditions de vie de nos populations. Nous avons des projets qui ont été retenus par la commune comme la construction de trois caniveaux au secteur 17 ; il y a aussi des classes qu’on doit construire et réaliser bien d’autres projets. Mais ma préoccupation aujourd’hui est la clôture des écoles primaires de l’arrondissement. Je demande une adhésion de la population à l’exécution de ce projet, que je veux participative ; parce que, pour moi, il ne faut pas tout attendre de l’Etat.  Nous voulons, avec les associations de parents d’élèves, relever ce défi important afin d’améliorer le cadre de vie et de travail de nos enfants.

 

Selon des rumeurs, la grande voie d’entrée au secteur 17 (Sarfalao) connaîtra bientôt des travaux de bitumage. Qu’en dites-vous ?

 

Oui, c’est une voie très passante. Elle va du rond-point du cinquantenaire jusqu’aux abords de la zone non lotie de Sarfalao. La voie, comme tout le monde le sait, cause énormément de préjudices aux usagers. Nous avons toujours été interpellés à ce sujet.  Je confirme aujourd’hui que le projet de bitumage de cette voie est une réalité. Nous avons déjà effectué une sortie sur le terrain avec l’entreprise qui sera chargée des travaux. Je profite d’ailleurs de votre micro pour dire merci au président du Faso pour ce grand effort qu’il fait pour la ville. Mais comme on aime à le dire ici, c’est bon mais ce n’est pas arrivé. Nous  souhaiterions le bitumage de cette  autre brettelle qui part de Sarfalao pour relier la nationale N°1 au secteur 25 en passant par la station Total. Ce qui contribuera au désengorgement de l’avenue de l’Union européenne pour une plus grande fluidité du trafic.

  

Et pour conclure ?

 

Je demande à la population de nous soutenir. Nous avons des projets et souhaitons son accompagnement. La gestion et le développement d’un arrondissement ou d’une commune n’incombent pas seulement au maire ; c’est l’affaire de toute la population. Et il faut que les gens soient de plus en plus vigilants avec ces rumeurs qui provoquent des tensions inutiles. J’invite les populations à mieux se renseigner avant d’agir. Il y va de l’intérêt général.

 

Propos recueillis par

Jonas Apollinaire Kaboré   

 

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