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Force commune G5 Sahel : Escale à Niamey avant Bruxelles

Les présidents des pays du G5 Sahel posant avec Emmanuel Macron (ph. archives) Les présidents des pays du G5 Sahel posant avec Emmanuel Macron (ph. archives)

Les chefs d’Etat du G5 Sahel ont encore ressorti les calculettes hier à Niamey, mais la réalité reste la même : on est encore loin du compte.

 

C’est le président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, qui en a fait lui-même le bilan à ses pairs : sur les 450 millions d’euros nécessaires à l’opérationnalisation de la force commune, seulement 294 ont pu être, pour l’instant, rassemblés. Il en manque donc encore 156 dans la cagnotte pour boucler le budget.

Encore que, pour le moment, il ne s’agisse en réalité que de promesses, fermes sans doute, mais des promesses quand même. C’est le cas avec l’Arabie Saoudite qui a  récemment promis un soutien de 100 millions d’euros et les Emirats arabes unis 30 millions. Ces contributions du Golfe s’ajoutent à celles de l’Union européenne qui avait promis 30 millions d’euros, des Etats-Unis, 60 millions de dollars, de la France qui s’était engagée à appuyer l’effort de guerre à hauteur de 8 millions d’euros  et des cinq pays de la ligne de front qui doivent casquer chacun 10 millions d’euros.

Dernière chance pour remplir enfin l’imposante gamelle, la conférence des donateurs prévue le 23 février à Bruxelles, dont on espère que le tour de table sera bénéfique, et qui sait, ira peut-être au-delà des espérances. Et c’est au président nigérien, Mahamadou Issoufou, qui vient de prendre la présidence tournante du G5, que revient la lourde mission de conduire les troupes sahéliennes dans la capitale européenne.

Et si ça se trouve, c’est pour convaincre définitivement les derniers sceptiques qu’après le galop d’essai de « Hawbi », « Vache noire », qui avait permis aux états-majors de tirer de nombreux enseignements, une deuxième opération a eu lieu  courant janvier entre Boulikessi en territoire malien et Nassoumbou côté burkinabè. Nom de code : « Pagnali », entendez « Tonnerre » en fulfuldé.

Un tonnerre qui a curieusement grondé sans qu’on s’en rende véritablement compte. Car, contrairement à la précédente, qui avait été annoncée, médiatisée et dont on a eu les résultats, cette fois-ci, rien de tel n’a filtré. C’est tout juste si le commandant de la task force, le général de division Didier Dacko, s’est exprimé lors du rendez-vous dans la capitale nigérienne sur les troupes engagées : deux bataillons maliens et un autre, burkinabè. «  Je me permettrai de dire, sans ambages, qu’avec l’opération Pagnali, la force conjointe des pays du G5 Sahel s’affirme comme une force sahélienne qui connaît le terrain, ayant une capacité d’adaptation et une bonne coordination avec les armées nationales », a poursuivi l’officier malien.

Mais, en réalité, on se demande si le tableau peint par le général n’est pas un peu trop idyllique. Combien de terroristes ont été neutralisés ou capturés, combien de caches d’armes ont été découvertes, et quel matériel ennemi saisi ? On n’en sait strictement rien.

Secret-défense ou bien il n’y avait vraiment pas de quoi fouetter un chat, l’essentiel étant de présenter quelque chose aux bailleurs avant l’ultime rencontre bruxelloise ?

En tout cas, il faut bien plus que ces mises en jambes pour inquiéter les terroristes et ramener la sérénité au sein des populations, qui ne savent plus à quelles forces de défense et de sécurité se vouer.

 

Hugues Richard Sama

Dernière modification lemercredi, 07 février 2018 19:48

Commentaires   

0 #1 Megd 07-02-2018 02:02
Ce que je ne comprends pas chez nos pantins de chefs d'état, c'est leur acharnement sur le volet financier. Voici des pays qui chaque année se permettent de fêter leur indépendance à coût de milliard avec des défilés de leurs forces et défenses. Dans leur différent budget, il y a toujours celui de la sécurité et de la défense. A quoi servent les budgets de ces institutions?

Cela veut dire que tant que le financement ne sera pas bouclé, il n'y aura point d'action salvatrice en termes de sécurisation.

Non seulement, c'est pitoyable, mais c'est honteux. Croyez-vous que les donateurs sont des idiots? Qui osera injecter son argent et le voir dilapider par nos dirigeants? C'est une question de confiance qui retarde le financement.

Je parie que même si on nous aide en nature (armes et toute la logistique), nos troupes n'auront jamais le morale à cause de la cupidité de nos hiérarchies militaires.

Vraiment, être noir et francophone, c'est une fatalité.
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