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Ouagadougou : Un homme s’immole avec sa femme et sa fille

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« Un homme se serait immolé au feu avec sa femme et son enfant non loin du marché de Wapassi ». A-t-on appris hier mercredi 9 avril 2014 en fin de journée. Renseignement pris, une équipe s’est déportée sur les lieux, situés dans l’arrondissement n°7 de Ouagadougou, au secteur 32. Récit de ce que nous avons vu et entendu.

« Un homme se serait immolé au feu avec sa femme et son enfant non loin du marché de Wapassi ». A-t-on appris hier mercredi 9 avril 2014 en fin de journée. Renseignement pris, une équipe s’est déportée sur les lieux, situés dans l’arrondissement n°7 de Ouagadougou, au secteur 32. Récit de ce que nous avons vu et entendu.

Zone non lotie de Wapassi, non loin du marché, 13 h 53 mn. A notre arrivée, malgré le soleil de plomb et la chaleur torride, il y avait foule autour du lieu du drame. La section incendie des sapeurs pompiers s’active à dérouler ses tuyauteries pour achever ce que les voisins avaient commencé : éteindre définitivement les poches encore incandescentes.

A l’intérieure de la cour, objet de tous les regards, la gendarmerie effectue les constats d’usage. Nous cherchons un interlocuteur à même de nous éclairer sur ce qui s’est passé. On nous indique un homme qui serait un parent de la famille qui vient de périr par le feu. « Nous sommes choqués ». Pas un seul mot ne sortira de sa bouche. Les grandes douleurs sont muettes. La stupéfaction se lie sur son regard hagard qui ne sait pas vers où, ni qui vers qui se tourner pour trouver une réponse à l’acte de « son frère ».

Avec des policiers municipaux postés devant l’entrée de la cour, nous attendons. Puis le portail s’entrouvre quelques instants après. Le Chef de Brigade (CB) de la gendarmerie de Boulmiougou, Kader Zouré, en sort avec ses hommes. « Où sont les premiers témoins ? » se presse-t-il de demander. Alors, une femme s’avance. Nous en faisons autant. Mais le CB lance : « Elle sera à vous tout de suite ». Et demi tour. Sur le seuil de la maisonnette, gît un corps sans vie, littéralement calciné.

Juste quelques clichés et le portail se referme. Nous nous tournons vers le conseiller municipal Assami Zongo. « C’est vers 12 h 30 que j’ai été averti au téléphone qu’un habitant du quartier aurait mis le feu à sa maison et que lui, sa femme et sa fillette y ont perdu la vie », a-t-il confié.  Selon ses dires confirmés par le voisinage, l’homme qui vient de s’immoler, et avec lui sa famille, souffrirait de troubles mentaux.

C’est à l’aide d’essence qu’il aurait déclenché le feu dans la maison une fois la femme à l’intérieur. Souleymane Yougbaré, un autre voisin ajoute : « il était peu bavard et n’a jamais eu de problème avec le voisinage. Toutefois, il a essayé par deux fois de tuer sa femme ». Pour quel mobile ?

D’autres sources indiquent que le couple s’est disputé il y a peu et que la femme était repartie en belle famille. Après son entretien avec le CB, celle qu’on présente comme la principale témoin, Solange Nana explique, la voix tremblante : « J’étais assise avec la femme et le mari est arrivé peu avant midi avec un bidon de 20 litres sur son vélo. Une fois dans la cour, son épouse l’a rejoint puis est revenue prendre l’enfant. Quelques instants après, un client est venu pour acheter le « gâonré » que vendait la défunte. Par trois fois, je l’ai appelée mais personne ne répondait ». Les yeux embués de larmes, elle poursuit : « J’ai fini par servir le client. Soudain, j’ai entendu une explosion et des flammes ont jailli de la toiture. Les voisins, alertés par mes cris, sont arrivés précipitamment et ont défoncé la porte. Mais c’était déjà trop tard ».

A l’intérieure de la cour, la scène est insoutenable. Dans le salon d’une maisonnette de 14 tôles, gisent trois corps sans vie, tous calcinés. Non loin, une marmite contenant du « gâonré » encore fumant, une table léchée par les flammes et des ustensiles de cuisines éparpillés. Le « déséquilibré » se nommait Madi Kabré et aurait entre 29 et 35 ans, sa femme, Safi et la fillette, Naïmata, qui n’avait que 14 mois. Et Adama Kabré à qui le défunt avait donné rendez-vous l’après-midi, de confier : « Vers 11 h 30, il m’a dit au téléphone de venir chez lui à 15 heures ; certainement pour que je vienne constater le drame ».

Quand nous quittions les lieux peu avant 15 heures, le maire de l’arrondissement n°7, Boureima Tapsoba, venait d’arriver et les jeunes du quartier convergeaient vers les cimetières de « Saondogo » pour apprêter la dernière demeure des trois victimes.

Jean-Aimé Zougmoré (Stagiaire)

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