Logo
Imprimer cette page

SNC : Mahamoudou Ouédraogo, l’artisan des réformes culturelles

Le co-parrain Mahamoudou Ouédraogo (2e à partir de g), en compagnie du ministre Abdoul Karim Sango, pendant la visite de l’exposition d’art plastique à la 19e SNC Le co-parrain Mahamoudou Ouédraogo (2e à partir de g), en compagnie du ministre Abdoul Karim Sango, pendant la visite de l’exposition d’art plastique à la 19e SNC

De la 19e édition de la Semaine nationale de la culture (SNC), il est co-parrain avec Lassiné Diawara, président de la Délégation consulaire régionale des Hauts-Bassins. Lui, c’est Mahamoudou Ouédraogo, ancien ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme qui y a opéré d’importantes réformes pendant dix ans. Portrait d’un homme passionnément culturel.

 

Dans bien des milieux, principalement celui de la culture, beaucoup s’accordent à dire qu’il est une personne-ressource bien au courant des questions culturelles. Ancien patron du ministère de la Culture, journaliste, écrivain et homme de culture, entre autres fonctions, c’est tout naturellement que les responsables de la SNC 2018 l’ont choisi comme co-parrain de la grande biennale de Bobo-Dioulasso. Le moins qu’on puisse dire est que l’homme a été au centre de plusieurs réformes de la SNC. Aujourd’hui, un peu en retrait de la vie professionnelle, ce sexagénaire s’est énormément investi des années durant pour la culture et la communication au Burkina Faso, ses véritables violons d’Ingres depuis son jeune âge.

Mahamoudou Ouédraogo, ancien pensionnaire du CESTI de Dakar, a servi au début des années 1980 comme journaliste (reporter-présentateur) à la Télévision nationale du Burkina (TNB). Il y sera propulsé dix ans plus tard au poste de directeur général (DG). Son ascension ne s’arrête pas là, puisque deux années seulement après il est appelé à la Présidence du Faso pour y diriger le service de la communication. On retrouve Mahamoudou Ouédraogo plus tard dans le gouvernement burkinabè où il fera valoir ses compétences pendant dix ans à la tête du ministère de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme. A ce poste, on lui doit plusieurs innovations dont notamment la nuit du communicateur, les UACO, la création de l’Office de la radiodiffusion et celui de Sidwaya.

S’agissant de la SNC, sous son impulsion, ont été revues la méthodologie et l’approche des différents prix décernés à cette occasion. Reparti à la Présidence du Faso comme conseiller, il y sera appelé à faire valoir ses droits à la retraite. Mais le féru du journalisme, de la communication et de la culture n’abandonnera pas de sitôt ses nombreuses passions. A l’université Aube nouvelle de Ouagadougou, il est présentement directeur de l’Institut des métiers de la communication, du journalisme, de l’audiovisuel et du cinéma. Autant dire un homme toujours sur la brèche, qui entend pendant longtemps encore faire profiter de ses connaissances à la jeune génération burkinabè.

 

D. Evariste Ouédraogo

 

 

Village des communautés

 

Carrefour de l’intégration africaine

 

 

 

La 19e édition de la SNC bat son plein actuellement à Bobo-Dioulasso. Parmi les nombreuses initiatives mises en œuvre pour agrémenter la semaine, le village des communautés basé à l’école Tougouait, du côté de Yéguéré. Un espace très convivial qui célèbre l’intégration sous-régionale et africaine.

 

 

 

Ils sont plusieurs invités étrangers à prendre part à la fête bisannuelle de la culture dans la ville hospitalière de Sya. Parmi les amis du Burkina Faso présents, on compte des délégations venues de Bamako au Mali, de France… Cette amitié africaine est aussi manifeste au village des communautés où, aux côtés des Burkinabè des ethnies bobo mandaré, peuhle, samo, bissa, moaga, gourmantché, gourounsi…, se trouvent des ressortissants d’autres pays vivant au Burkina. Ils sont Togolais, Béninois, Nigériens, Camerounais, Maliens, Burundais, Guinéens, Tchadiens, Ghanéens, Sénégalais, Nigérians… à partager les lieux dans une harmonie non dissimulée avec leurs frères et sœurs  du Faso. Chacun y expose ce qu’il estime être meilleur dans sa culture. Aux visiteurs sont alors proposés des objets d’art, des articles vestimentaires, des produits de la pharmacopée…

 

Pour joindre l’utile à l’agréable, des mets spécifiques de chaque région et pays sont concoctés pour les festivaliers. Tout cela intervient dans une ambiance vraiment carnavalesque avec des sonorités distillées par les joueurs de balafon et autres instruments traditionnels. Un orchestre installé en plein milieu de l’enceinte se charge d’interpréter des airs modernes bien connus pour le plaisir du chaleureux public.

 

Dans ce grand marché africain où se vendent et s’achètent de très belles choses, des exposants ne cachent pas leur satisfaction de prendre part à cette foire de l’intégration malgré bien sûr quelques imperfections inhérentes à toute organisation humaine de grande envergure comme la SNC.

 

Citoyen du pays de la Téranga, Martin Preira, secrétaire général de la communauté sénégalaise à Bobo participe à l’évènement pour la troisième fois. Selon lui, il permet aux différentes nationalités africaines de se connaître. Il se dit fier de l’initiative des autorités burkinabè qui brisent ainsi les barrières de toutes sortes entre des enfants d’un même continent : l’Afrique. Son souhait est que la fête de la culture burkinabè perdure.

 

Dans le stand burundais de son oncle, pour Fatoumata Dao, fille burkinabè dont la mère vient du Burundi, l’intégration africaine tourne à plein régime. La fête est tout simplement belle et avec ses sœurs, elles font de très bonnes affaires.

 

Sanon Amadou de la communauté ivoirienne, qui vit à Sya depuis 1996, est à sa quatrième participation à la biennale. Son point de vue est qu’il y a des lacunes dans l’organisation qu’il espère voir bientôt corrigées. Il indexe le problème d’installation dans les stands, celui lié à l’électricité… Pour lui, le village c’est d’abord les produits traditionnels, malheureusement celui des communautés est un peu envahi par des articles industriels. Cela ne promeut pas à son avis la culture au vrai sens du terme.

 

D’ethnie turka, dame Djénéba Sombié/Sontié qui vient de Bérégadougou occupe un espace avec deux sœurs de Koloko. Elles vendent des coffres en osier utilisés autrefois pour garder des cauris, des bijoux et autres objets précieux. Dans leur stand sont aussi exposés des cadenas traditionnels en bois, des lampes fonctionnant avec du beurre de karité…

 

 

 

D. Evariste Ouédraogo

 

Commentaires   

0 #1 Megd 27-03-2018 12:26
Depuis la première édition en 88 si je ne me trompe pas que la SNC a vu le jour, nous sommes toujours au tâtonnement sur le plan organisationnel .

C'est le même problème avec le FESPACO, le SIAO et le tour du Faso.

De nombreux pays africains ont "copié" le Burkina dans la mise en place de ces organisations.

Non seulement ces pays devancent le Burkina en la matière, mais leurs éditions sont devenues des références en la matière (MASA et festival d'Anoumabo en Côte d'Ivoire, le tour cycliste du Rwanda, du Gabon, etc...)

Pourquoi une telle négligence? Comment peut-on comprendre que la SNC ne puisse pas se doter d'un "village" qui puisse héberger les artistes?

Il faut sanctionner les gens sinon c'est la prime à l'impunité.
Citer

Ajouter un Commentaire

Code de sécurité
Rafraîchir

© 2011-2014 - Observateur Paalga - Tous droits réservés I Conception: CVP Sarl.