Rumeurs de rupture des relations entre Taïwan et le Burkina : «C’est au gouvernement burkinabè de faire un éclaircissement» (Cheng-Hong Shen)
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Depuis la reprise des relations entre les deux pays au début des années 90, le Burkina est incontestablement l’un des importants alliés de Taïwan en Afrique. Le président Blaise Compaoré s’y est même rendu de façon officielle une dizaine de fois. Mais depuis l’arrivée du président Roch Kaboré, la donne semble avoir changé : Il ne s’est pas encore rendu sur l’île nationaliste, pire, des rumeurs font état d’une rupture prochaine des relations entre les deux pays après un premier divorce intervenu en 1973. Qu’en est-il exactement ? L’occasion s’y prêtant, le lundi 21 mai 2018, nous avons, en marge de la cérémonie de remise de matériel de lumière au CENASA, posé la question à l’ambassadeur Cheng-Hong Shen. Qui a répondu que si rupture il y a, c’est au gouvernement du Burkina de le dire.
Encore une intox de Dame Rumeur ? Une fake news ? Ou juste une vérité qui n’est pas encore officielle ? En tout cas, la majeure partie de ceux qui ont eu vent de l’éventuelle rupture prochaine des relations diplomatiques entre le Burkina et la Chine Taïwan se sont posé des questions. Des questions auxquelles l’ambassadeur de la République de Chine Taïwan au Burkina, Cheng-Hong Shen, n’a pas apporté de réponses tranchées pour éclairer notre lanterne.
Il estime que : «On est là pour accompagner le gouvernement burkinabè dans plusieurs domaines. Donc ces types de rumeurs, c’est au gouvernement burkinabè de donner un éclaircissement. Nous, on continue de travailler. Et même s’il y a des rumeurs qui circulent, le plus important, ce sont les résultats de la coopération entre les deux Etats».
Citant un proverbe de chez lui, il soutient que : «Les rumeurs s’arrêtent devant le sage». Et pour le diplomate, il y a beaucoup de sages au Pays des hommes intègres «C’est donc facile de distinguer avec qui il faut travailler et dans quel sens».
Mais pourquoi autant d’intérêt pour ce pays sahélien? Il faut dire qu’aujourd’hui, seuls deux pays africains reconnaissent encore Taïwan : il s’agit du Swaziland et du Burkina Faso. En 1995, ils étaient au nombre de 13. Selon Cheng-Hong Shen, l’objectif de Taïwan au Burkina est de travailler au mieux-être de la population.
Voilà pourquoi elle y a mis en œuvre un certain nombre de projets. «Il y a eu des projets comme Bagré, celui du riz pluvial, la formation professionnelle, sans oublier qu’actuellement le gouvernement burkinabè est en train d’utiliser la ligne de crédit stratégique pour construire le CHU de Bobo et le ministère des Transports est en train de voir si on peut travailler ensemble pour construire le chemin de fer Kaya», a énuméré le diplomate. A l’en croire, il y a toujours de grands travaux à faire et tout cela «dans le but d’améliorer le mieux-être des populations».
Un dicton affirme qu’ «il n’y a pas de fumée sans feu». Pourquoi cette rumeur maintenant ? Pékin ferait-il les yeux doux au Burkina ? Qu’est-ce que l’Empire du milieu nous propose en échange du lâchage de ce qu’il a toujours considéré comme une partie de son territoire ? Qu’est-ce qu’on peut bien reprocher à «l’île merveilleuse»?
En attendant que le gouvernement de ce pays «proie» sorte de son silence, et fasse un communiqué officiel pour donner des «éclaircissements», ce sont autant de questions légitimes qu’on se pose. A moins que tout cela ne soit qu’une stratégie du pouvoir de Roch pour inciter Taïwan à proposer mieux !
J. Benjamine Kaboré
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