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Crise malgache : La Grande Île sort enfin la tête… de l’eau

Le désormais ex-Premier ministre malgache, Olivier Mahafaly Solonandrasana Le désormais ex-Premier ministre malgache, Olivier Mahafaly Solonandrasana

Il a finalement décidé de partir « la tête haute ». Le Premier ministre malgache, Olivier Mahafaly Solonandrasana, a en effet démissionné hier à la veille donc de l’ultimatum donné par la Haute Cour constitutionnelle au président pour mettre fin à ses fonctions.

 

La plus haute juridiction du pays avait, on se rappelle, ordonné la dissolution du gouvernement ainsi que la mise en place d’une équipe d’union nationale après une requête de 73 députés de l’opposition qui demandaient… la déchéance du président de la République.

Autant dire que le désormais ex-Premier ministre est la parfaite illustration de l’image du bouc émissaire, le bon fusible qu’on a sauté pour sauver le grand patron. Epilogue d’une crise qui s’est nouée voilà un bon mois suite à l’adoption de la nouvelle loi électorale, jugée trop favorable au régime ?

Il faut espérer pour cette grande île en permanence à la dérive que le nouveau chef de gouvernement nommé dans la foulée sera effectivement « l’homme expérimenté et ayant des compétences pour l’apaisement », comme l’a décrit le chef de l’Etat. Fonctionnaire international de 57 ans, celui qui arrive comme le sapeur-pompier de service était jusque-là le représentant OIT (Organisation internationale du Travail) des pays de l’océan Indien, après avoir été ministre du Tourisme de 2002 à 2003.

En fait, la principale qualité du haut fonctionnaire Christian Ntsay , celle de n’être encarté dans aucun des trois principaux partis, donc théoriquement au-dessus de la mêlée, peut se révéler être aussi son grand handicap à l’épreuve du terrain. Car n’ayant pas d’appareil propre, il pourrait facilement être bouffé par les politiciens professionnels, notamment ceux de l’opposition, qui se refusaient pour le moment à tout commentaire.

Au-delà de Christian Ntsay, il faudra en vérité attendre le visage de la nouvelle équipe, prévue pour être formée dans sept jours tout au plus, pour jauger ses chances de sortir le pays de l’impasse. En tous les cas, qu’il s’agisse de Marc Ravalomanane, d’André Rajoelina ou de tout autre requin politique qui nage dans les eaux malgaches, ils ont intérêt à se tenir à carreau. Ces derniers temps, le ministre malgache de la Défense, le général Béni Xavier Rasolofonirina, avait menacé de faire intervenir ses hommes si gouvernement et opposition n’arrivaient pas à trouver un modus vivendi.

Et plus que l’ultimatum de la Haute Cour constitutionnelle, cette sortie bruyante de la Grande Muette, passablement agacée par les politicailleries des civils, a dû être déterminante dans l’évolution positive qui se dessine actuellement. Car l’armée a beau dire qu’elle est légaliste et républicaine, rien ne dit qu’elle n’aurait pas fini par mettre les pieds… pardon… les bottes dans le plat si la chienlit devait continuer. Et beaucoup de gens lui auraient sans doute accordé des circonstances atténuantes au regard de l’irresponsabilité flagrante et permanente des politiciens malgaches.

 

Issa K. Barry

Dernière modification lemardi, 05 juin 2018 20:31

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