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Dialogue intertogolais:Les facilitateurs et la quadrature du cercle

Dialogue intertogolais:Les facilitateurs et la quadrature du cercle

Nana Akufo-Addo et Alpha Condé sont de nouveau sur la brèche. Après trois mois de suspension, les présidents ghanéen et guinéen mandatés par la CEDEAO pour être les facilitateurs du dialogue intertogolais étaient à Lomé ce mercredi 27 juin 2018. Leur mission : tenter de renouer les fils d’un dialogue qui à tout moment menace de rompre ou ranimer des pourparlers presque au point mort.

Cela fait bientôt une année que la crise s’est nouée après des manifestations et contre-manifestations qui ont plongé le Togo dans un cycle de violences-répressions faisant de nombreux morts aussi bien dans la capitale qu’à l’intérieur du pays. Pour tenter d’en sortir, pouvoir et opposition se sont donc résolus à s’asseoir à la table des négociations. Mais voilà que le fossé qui les séparait s’est transformé en abîme tellement profond qu’on se demande par quel prodige il pourrait être comblé.

D’un côté, le rassemblement de l’opposition dont l’un des slogans était « Faure doit partir » et qui ne demande rien d’autre que le retour à la Constitution originelle de 1992 qui prévoyait, entre autres, la limitation du nombre de mandats présidentiels et donc l’impossibilité pour le président Faure de se présenter de nouveau en 2020 ;

De l’autre, le pouvoir qui a certes consenti à des réformes politiques et institutionnelles instituant notamment un scrutin présidentiel à deux tours en lieu et place du « coup K.-O. » en vigueur jusque-là ainsi que le retour du verrou limitatif du nombre de mandats présidentiels, sauf qu’aux yeux de l’Union pour la république (UNIR), ces modifications, qui doivent être entérinées par un référendum constitutionnel, ne sauraient être rétroactives. Ainsi, à tout juste 52 ans, Faure Gnassingbé pourrait remettre son compteur à zéro et repartir pour 10 bonnes années, voire plus si affinités.

Ce sont ces positions diamétralement opposées, pour ne pas dire inconciliables, que les présidents ghanéen et guinéen sont pourtant censés rapprocher. On est curieux de savoir comment les deux facilitateurs aborderont la quadrature du cercle togolais pour arracher les concessions qu’ils ont demandées aux deux camps, successivement rencontrés hier à l’hôtel du 2-Février à Lomé. Et si en début de soirée rien n’avait encore filtré, on attendait toujours les échos d’un éventuel « communiqué conjoint».

Alors Jean-Pierre Fabre et son armée de manifestants accepteront-ils de lâcher leur revendication matricielle, le départ pur et simple du président Faure, véritable nœud gordien de la crise, ou bien le fils de feu Eyadema, héritier d’une dynastie qui règne sur le Togo depuis un demi-siècle, renoncera-t-il à ses ambitions « dans l’intérêt supérieur de la nation » comme on a coutume de le dire ?

On a bien peur qu’aucune des deux parties ne soit capable d’un tel dépassement.

H. Marie Ouédraogo

Dernière modification lejeudi, 28 juin 2018 20:01

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