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Congrès du Mouvement de libération du Congo : Quand le calendrier de la CPI se rit de l’agenda politique de Bemba

Congrès du Mouvement de libération du Congo : Quand le calendrier de la CPI se rit de l’agenda politique de Bemba

 

Alors que le délibéré sur les détails de sa peine dans sa condamnation pour subornation de témoins se fait toujours attendre, le Mouvement de libération du Congo (MLC), le parti de Jean Pierre Bemba, travaille à investir son champion candidat à la présidentielle de décembre prochain.

 

 

 

Réuni en congrès ordinaire, le troisième du genre depuis la création du parti en 1998, le MLC a réaffirmé sa confiance en une libération totale de son président- fondateur de tout lien de prévention de la CPI. A les entendre, c’est le seul obstacle qui pourrait empêcher Jean Pierre Bemba d’être candidat à l’élection présidentielle dans son pays et de remporter le scrutin pour « une alternance crédible » en RDC.

C’est en tout cas la conviction forte de la secrétaire générale de ce Mouvement qui, en l’absence de Jean Pierre Bemba, a bataillé pour garder la tête du parti hors de l’eau. Depuis le 8 juin dernier, où la Chambre d’appel de la CPI a acquitté l’ancien vice-président de la RDC et ex-chef de guerre de sa condamnation pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, elle boit du petit lait. Tout le MLC, avec elle, trépigne d’impatience de voir celui qui avait mis Joseph Kabila en ballotage en 2011 transformer l’essai en fin 2018. C’est  le leitmotiv qui transparaît des discours d’ouverture de ce congrès, notamment de celui d’Eve Bazaiba, la sémillante secrétaire générale du MLC qui a déclaré littéralement que « le parti est debout et apte à conquérir le pouvoir de manière démocratique » avec Jean Pierre Bemba à sa tête. Il ne fait donc l’ombre d’aucun doute que l’illustre prisonnier de la Haye, en liberté provisoire à Bruxelles, sera investi candidat de son parti à la prochaine présidentielle en RDC au terme du congrès du MLC demain samedi.

 

Depuis le 8 juin dernier, il y a véritablement des signes avant-coureurs d’une résurrection politique de cet insubmersible de l’échiquier congolais dont plus d’un observateur avait prédit la fin de  carrière après sa condamnation en 2016 à 18 ans de prison pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Mais en dix ans de procédure judiciaire, la CPI a successivement condamné, acquitté, puis libéré provisoirement Jean Pierre Bemba. Et quand on a cru qu’il était tiré d’affaire, le délibéré sur la peine pour subornation de témoins se fait attendre. Il devait être rendu la semaine dernière et il est fort probable que les organisateurs du troisième congrès du MLC avaient parié sur  l’acquittement de Bemba et son retour triomphal à Kinshasa pour se voir dérouler le tapis rouge d’un présidentiable sérieux.

 

Mais le temps judiciaire se rit parfois des agendas politiques et dans le cas d’espèce la CPI, en retardant son délibéré sur la peine pour subornation de témoins, a forcé Jean Pierre Bemba a posé un lapin aux congressistes de son parti. Son investiture comme candidat à la présidentielle aura un goût d’inachevé, ses multiples portraits suppléant difficilement son absence physique. Et si une nouvelle condamnation de Bemba devrait lui barrer la route de la présidentielle en décembre 2018, ce serait la tasse de trop pour ses nombreux soutiens en RDC et ailleurs. On attend de voir.

 

 

Zéphirin Kpoda

Dernière modification ledimanche, 15 juillet 2018 15:33

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