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La France championne du monde : Des nègres en or massif

La France championne du monde : Des nègres en or massif

Ils n’étaient plus que deux sur le terrain. Des trente-deux pays qui se disputaient la 21e coupe du monde de football qui se jouait depuis un bon mois en Russie, seules la France et la Croatie étaient parvenues à se défaire de la grande lessiveuse qui aura emporté bien de monde.

Ceux pour qui, bien sûr, l’essentiel était déjà de participer, au nombre desquels les cinq représentants africains, balayés dès le premier tour par cette impitoyable boule de cuir mais aussi des clients beaucoup plus prestigieux tels l’Allemagne, l’Argentine, le Portugal, le Brésil, considérés avant le  coup d’envoi comme les superfavoris  du tournoi.

On avait oublié trop vite, ceux qui pontifient chaque jour sur les plateaux de télévision et dans les studios de radios en premier, que le ballon était rond pour tous les  acteurs , qu’il y a un nivellement par le haut , nombre de sélections ayant énormément progressé  et que, surtout,  Dame Coupe sait être capricieuse. Mais au bout du compte, et puisqu’ « on n’est jamais leader par hasard »,  pour reprendre le slogan d’une célèbre société d’assurances burkinabè, elle se laisse presque toujours séduire par le plus méritant des prétendants.

Ce coup-ci, celui qui aura eu ses faveurs n’était pas vraiment le plus attendu mais sans doute celui qui en voulait le plus : la France. Encore marqués par leur défaite à domicile en finale de l’Euro 2016 face au Portugal de Christiano Rolando alors que le trophée leur tendait les bras, les protégés de l’entraîneur Didier Deschamps avaient à cœur de ne pas nourrir les mêmes grands regrets en laissant filer entre leurs pieds le Graal.

Ils auront réussi  leur pari face à de redoutables Croates certes talentueux emmenés par Luka  Modric (désigné meilleur joueur du mondial par la FIFA)  mais peut-être au bout du rouleau après trois prolongations ponctuées parfois par des tirs au but en huitièmes, quarts et demi-finales. On avait beau les créditer de grandes ressources mentales qui leur permettaient jusque-là de se tirer d’affaire, la montagne tricolore s’est révélée trop haute à gravir pour cette génération talentueuse qui n’a pourtant pas à rougir puisqu’en seulement vingt-huit ans d’existence, c’est la première fois que ce petit pays de 4,2 millions d’habitants, né de l’éclatement de l’ex-Yougoslavie, jouait une finale. Ils n’auront donc finalement pas pu prendre la revanche de leurs aînés  Suker, Boban, Prosinecky et Stanic qui, en 1998, avaient été empêchés par la France de Thuram de disputer la finale.  

A dire vrai, ce n’est pas la meilleure équipe sur le terrain qui a gagné hier par le score un peu flatteur de 4 buts à 2, tant les Français, comme tétanisés par l’enjeu, ont été malmenés par les poulains du coach Zlatko Dalic.  Hélas pour ces derniers, à la fin d’une rencontre  ,  qui plus est  une finale de mondial,  on ne demande jamais qui a bien joué mais qui a gagné. Point barre.

En accrochant une deuxième étoile à sa tunique, vingt ans après la première conquise à la maison et au lendemain de la fête nationale  qui sonnait comme un petit clin d’œil du destin,   le coq gaulois peut donc fièrement chanter cocorico.  Mais on ne le dira jamais assez, si la sélection  qui passait pour être le sixième représentant africain à Russie 2018 en raison de la coloration trop foncée de ses Bleus s’est de nouveau hissée sur le toit de la planète foot, c’est en grande partie grâce à sa garde noire, ses tirailleurs sénégalais du ballon rond .

Il y a deux décennies, ils s’appelaient Thuram, Dessailly, Vieira, Karembeu…En 2018 ils ont pour nom Mbappé, Kanté, Pogba, Matuidi, Umtiti, Dembélé, Mendy… Et ce n’est pas un hasard si, des quatre buts tricolores, deux ont été marqués par  Pogba et Mbappé (élu à seulement 19 ans meilleur jeune du  tournoi ) .  Des enfants de la diversité, nés souvent en France ou qui y ont grandi et dont l’apport au rayonnement du sport français en général et du football en particulier est inestimable. Hélas, ces bois d’ébène adulés aujourd’hui par une patrie reconnaissante, qui ne semble pourtant pas toujours être tout à fait la leur, ne sont que les arbres qui cachent la forêt de la misère noire dans laquelle nage l’écrasante majorité de leurs frères et sœurs ballottés entre immigration clandestine, travail au noir et logements insalubres au point qu’on se demande souvent ce que diable  ils sont allés chercher dans cette galère hexagonale qu’ils pensaient être un eldorado. Le sacre du stade Loujniki n’intervient-il pas moins de trois mois après le vote du très controversé projet de loi « asile et immigration » du président Macron ?

 Et ce n’est pas parce que la bande à DD avec ses nègres en or massif   a remporté la coupe du monde que le sort  de nos parents qui  ont chanté à l’unisson pour les tricolores va s’en trouver ipso facto changé. Voyez comment le slogan black-blanc-beur qui avait accompagné le triomphe de Zidane et Cie était retombé comme un soufflet aussi vite que l’euphorie de la victoire de 98. Comparaison pour comparaison avec l’épopée d’il y a vingt ans, comment ne pas tirer son chapeau à Didier Deschamps, malmené dans les médias et l’opinion  comme jadis Aimé Jacquet et qui entre pourtant, après le Brésilien Zagalo et l’Allemand  Beckenbauer,  dans le club très fermé de ceux qui ont arraché le trophée  à la fois comme joueur et comme entraîneur ?

 

La Rédaction

Dernière modification lelundi, 16 juillet 2018 22:22

Commentaires   

0 #1 LoiseauDeMinerve 16-07-2018 10:39
Cocorico ! Bravo à la 6è colonne africaine pour cette victoire qui leur a été accordée par le truchement des marabouts de Thiès et des prêtre de Ouida.
Cocorico ! Cocorico ! Cocorico !
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