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Message de Tabaski: Karim Wade n’entend pas être le mouton du sacrifice

Message de Tabaski: Karim Wade n’entend pas être le mouton du sacrifice

On ne sait quelle autre action il compte entreprendre après cela, mais c’est censé être son ultime message. Depuis son exil qatari, Karim Wade a en effet écrit au peuple sénégalais à l’occasion de la tabaski, fêtée les 21 et 22 août au Sénégal. Et le moins qu’on puisse dire est qu’il n’entend pas être le mouton du sacrifice sur la scène politique sénégalaise. Le fils de l’ancien président Abdoulaye Wade a en effet cette fois choisi de tremper sa plume dans le vitriol. Et le ton qu’il emploie est dur et même parfois violent à l’encontre du président Macky Sall et de son gouvernement. Pour l’auteur de ce pamphlet, « le Sénégal s’est trompé en mettant à sa tête un «beau parleur ignorant et incompétent» qui a renié tous ses engagements et n’a nullement l’intention d’honorer les nouvelles promesses qu’il s’apprête à faire avec son cynisme habituel ».

Et pour celui qui se présente dorénavant comme le « candidat du peuple », la commémoration du sacrifice d’Ibrahim intervient « dans un contexte de crise sans précédent marqué par les pénuries d’eau, le retour des délestages, la fuite vers l’étranger de nos valeureux frères et sœurs dont beaucoup disparaissent en mer Méditerranée, la famine qui frappe durement certaines régions, la baisse du pouvoir d’achat, les scandales économiques et financiers, une crise politique qui augure des lendemains électoraux difficiles, susceptibles de mettre en danger la stabilité du pays ». Pour un peu on croirait que les portes de l’enfer sont en train de s’ouvrir devant le pays de la Teranga.

Cette nouvelle sortie de celui qui fut le ministre du ciel et de la terre de son président de père est en fait un mélange non seulement d’amertume et de colère, mais aussi d’impuissance devant le sort qui est aujourd’hui le sien. Condamné en mars 2015 par la Cour de répression de l’enrichissement illicite à 6 ans de prison et 200 millions d’euros d’amende, il avait, on se rappelle, été gracié en juin 2016 par le premier magistrat sénégalais avant d’être expédié nuitamment dans l’émirat du golfe Persique sur fond de tractations souterraines.

Et à quelques mois de la présidentielle de février 2019, on a bien peur que l’exilé de Doha ne puisse pas s’y présenter même s’il a déjà été désigné pour porter les couleurs du Parti démocratique sénégalais. Obstacle rédhibitoire s’il en est, sa demande d’inscription sur les listes électorales a été rejetée, ce qui ne l’autorise pas à faire acte de candidature. Le Moïse Katumbi du Sénégal n’a peut-être donc plus d’autre choix que de tenter de rentrer au bercail. Mais à supposer que l’avion qui le transporte soit autorisé à atterrir à Dakar, il y a de fortes chances qu’il passe sans escale de l’aérogare à la prison de Rebeuss dont il était un pensionnaire jusqu’à son départ pour Doha.

Une chose est sûre, les imprécations de Karim ne vont pas arranger ses affaires, car on ne voit pas comment, après une telle charge, le « beau parleur ignorant et incompétent « pourrait encore lui dérouler le tapis rouge. »

Au prochain acte, donc.

 

H. Marie Ouédraogo

Dernière modification lejeudi, 23 août 2018 20:15

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