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Election au Cameroun : L’insatiable Paul

Election au Cameroun : L’insatiable Paul

Un non-événement. Ainsi pourrait-on résumer la réélection sans surprise de Paul Biya à la tête du Cameroun, qu’il dirige depuis 1982 : hier lundi 22 octobre, le Conseil constitutionnel, au terme d’une proclamation marathon, a en effet déclaré l’éternel locataire du palais d’Etoudi vainqueur du scrutin d’octobre dernier avec un score de 71,28 %.

 

Il faut dire qu’il n’a pas fait de quartier à ses concurrents, lui qui n’a pourtant pratiquement pas battu campagne, son haut fait de guerre en la matière étant la seule apparition à un meeting à Maroua.

Paul Biya est vainqueur dans neuf régions sur dix. Il l’emporte largement dans les trois départements du septentrion. Il l’emporte aussi largement dans le Centre et l’Est et obtient 92,91% des voix dans son fief du Sud. Même la zone anglophone lui a apporté ses faveurs, avec pour bémol un très faible taux de participation. Le littoral, notamment la capitale économique, Douala, lui échappe néanmoins, le candidat de l’opposition Maurice Kamto y  ayant été le vainqueur.

Pas de suspense donc, au point qu’avant l’annonce des résultats définitifs, son alter ego, le président équato-guinéen, Teodoro Obiang Nguema, au pouvoir depuis 79 et détenant par cette longévité la palme mondiale, s’est fendu d’un communiqué pour le féliciter.

C’est donc parti pour un septième mandat…excusez du peu… pour ce roi fainéant qui régente son pays depuis l’étranger, particulièrement la Suisse, peut-être pour être au plus près de ses coffres-forts. Tenez-vous bien : le Conseil des ministres se tient rarement. Ainsi, il s’en est tenu un, en mars 2018, et pour la première fois depuis …deux ans.

Et à 85 ans, un âge où tout homme aspire à se reposer, et après 36 ans au pouvoir, on peut vraiment se demander ce qu’il peut encore apporter à son pays. Et ce ne sont pas les défis qui manquent, notamment trouver une solution à la guerre dans la partie anglophone. En attendant, c’est donc parti pour un règne ad vitam æternam dans ce pays où prévaut une « dictature conviviale », puisque rien ne dit qu’à la fin de ce 7e mandat, soit quand il aura 92 ans, le vieux héros se lassera et ira se reposer à Mvomeka’a, son village natal.

 

Issa K. Barry

Dernière modification lemardi, 23 octobre 2018 22:35

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