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Couvre-feu à Djibo : Est-ce suffisant ?

Couvre-feu à Djibo : Est-ce suffisant ?

Depuis avant-hier mardi 23 octobre 2018, et cela jusqu’à nouvel ordre, un couvre-feu de 20 heures à 6 heures du matin est instauré dans le ressort territorial du département de Djibo. C’est une annonce faite par le haut-commissaire de localité, Siaka Barro. Une mesure qui intervient quelque cinq jours après l’attaque de poste de gendarmerie de Djibo.

 

Rappel des faits : dans la nuit du 18 octobre dernier, pour la première fois, Djibo, chef-lieu de la province du Soum, a été le théâtre d’une action terroriste. La brigade territoriale de la ville a été visée par une attaque à l’arme lourde menée par des individus non identifiés. Malgré « la résistance farouche des gendarmes, qui ont enregistré un blessé », selon un communiqué du ministère de la Sécurité, les assaillants sont parvenus à incendier le local et à réduire en cendres les véhicules, les autres engins et le matériel de bureau. Et surtout, ils ont fait évader « plusieurs présumés terroristes », comme l’a confirmé le même communiqué.

Si la mesure est à saluer, il est sûr qu’elle ne va pas aller sans désagréments dans la vie des populations, qui font déjà face à une économie déjà asphyxiée par l’insécurité ambiante. Mais c’est peut-être, quelque part, l’un des prix à payer pour, à défaut d’enrayer le péril djihadiste, du moins le circonscrire. Seulement, le couvre-feu, par nature, est une mesure conjoncturelle. Il faudra donc que d’autres décisions, plus vigoureuses, viennent en appoint de ce couvre-feu pour qu’il puisse être levé dans les plus brefs délais. Pourquoi ne pas évoluer, comme le suggèrent certains, jusqu’à l’instauration de l’état d’urgence, qui donnerait des pouvoirs étendus à l’armée, qui pourrait procéder dans ce cas, de jour comme de nuit, à des contrôles d’identité, à des fouilles et à des perquisitions ?

Si c’est vrai que le diable est dans la maison, il faut profiter de ces mesures de restriction pour l’anéantir. Mais s’il est au-dehors, il faut autre chose. Nous ne sommes vraiment pas des spécialistes des questions sécuritaires, mais au regard de la dernière attaque, tout laisse croire qu’au niveau du commandement, il va falloir revoir les choses. Comme nous le faisions remarquer dans notre « Commentons l’événement » du lundi 22 octobre dernier, l’interdiction de circuler la nuit à deux-roues dans les zones environnantes de Djibo était toujours en vigueur. On a vu l’efficacité de cette mesure à l’aune de la facilité avec laquelle les assaillants ont traversé toute la zone, juchés sur des motos, pour aller commettre leur forfait en centre-ville.

Il nous souvient également qu’en septembre dernier, le gouverneur de la région de l’Est avait interdit jusqu’à nouvel ordre la circulation routière entre les villes et villages de la région aux usagers d’engin à deux roues ou de tricycle (triporteur) de 19 heures à 5 heures du matin. La mesure a-t-elle payé ? C’est au lecteur d’en juger. C’est dire qu’il ne sert à rien de prendre des décisions qui ne sont pas suivies d’effets. Malheureusement, il faut le reconnaître, nous sommes souvent des champions en la matière.

Issa K. Barry

Dernière modification lejeudi, 25 octobre 2018 17:09

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