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Assassinat Ghislaine Dupont et Claude Verlon : L’amnésique de Tulle ne se souvient plus de rien

Assassinat  Ghislaine Dupont et Claude Verlon : L’amnésique de Tulle  ne se souvient plus de rien

« On a le sentiment d’être pris pour des imbéciles ». Ce coup de gueule de  Pierre-Yves Schneider résume très bien l’état d’esprit des membres de l’association des Amis de  Ghislaine Dupont et Claude Verlon, assassinés en rade de Kidal dans le septentrion malien le 2 novembre 2013.

 

Cela fait en effet plus de cinq ans que les confrères et les proches de la journaliste et du technicien de Radio France internationale (RFI) sont ballottés entre fausses promesses et révélations fracassantes, sans que ne pointe véritablement la moindre lueur d’espoir judiciaire sur cette ténébreuse affaire.

Dernier rebondissement en date : l’audition par la justice le 10 décembre 2018 et le 11 janvier 2019 de Bernard Bajolet, ancien patron de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), et de François Hollande, ex-président français. Deux personnalités entendues comme témoins pour la première fois depuis l’ouverture de ce dossier.

Au centre de ces auditions qui n’ont été révélées qu’hier par l’AFP : des confidences que l’un et l’autre auraient faites en off à des journalistes, portant notamment sur l’interception par les Grandes Oreilles françaises d’un échange téléphonique entre celui qui devait être le commanditaire et l’exécutant de la basse besogne. On y entendait ainsi l’un de ces deux hommes dire à son interlocuteur au bout du fil : « Vous avez gâché la marchandise ». De quel colis pouvait-il donc s’agir si ce ne sont nos deux confrères dont l’enlèvement a visiblement mal tourné ?

Le problème est que, cinq ans après, l’amnésique de Tulle, comme frappé par une soudaine perte de mémoire, ne se souvient plus de rien, regrettant de mauvaises interprétations qui auraient été faites de ses propos. L’ancien locataire de l’Elysée prétend même n’avoir jamais eu connaissance de cette fameuse écoute dont on ne trouve d’ailleurs aucune trace dans les pièces déclassifiées du dossier.

L’ex-espion  lui aussi a  curieusement des trous de mémoire, disant avoir dit aux reporters quelque chose dont il ne se souvenait plus, et affirmant qu’à sa connaissance cette interception téléphonique n’a jamais existé.

Sans doute faut-il attendre de nouvelles déclassifications de pièces importantes pour espérer dénouer un jour cet écheveau judiciaire que la justice hexagonale a du mal à démêler, du fait notamment du sceau du secret-défense qui frappe un certain nombre de documents.

Il faut croire  en effet qu’Hollande et Bajolet prennent les gens pour des cons, car à l’évidence ils savent plus  sur ces assassinats qu’ils n’en disent.

Quel intérêt ont-ils à empêcher la manifestation de la vérité à moins que la France ait quelque chose à se reprocher, quelque chose  dont il est peut-être encore trop tôt pour parler ?

L’omerta qui entoure en tout cas  l’instruction est révélatrice du jeu trouble de Paris derrière les dunes mouvantes du Grand-Nord malien et, au-delà, dans toute la bande sahélo-saharienne, au point qu’on en vient à se demander si cette France qui, il est vrai, a empêché en mars 2012 la prise de Bamako par des hordes de djihadistes qui déferlaient sur la capitale, ne joue pas un double jeu dans son seul intérêt.

 

Hugues Richard Sama

Dernière modification lemardi, 29 janvier 2019 22:40

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